Des dattes fraiches inondent les rues à Niamey
En cette période d’hivernage, la vente des produits saisonniers connaît un véritable essor à Niamey. Des produits tels que la datte fraîche, localement appelée « maga », le maïs frais, la noix de doum (kologi) et les fruits du Vitex doniana (Dumniya ou Boyi) sont visibles dans les marchés et le long des rues de la capitale. La commercialisation de ces produits constitue une activité génératrice de revenus offrant une rentabilité appréciable aussi bien aux adultes qu’aux jeunes élèves et étudiants qui profitent des grandes vacances.
Provenant principalement de Guidimouni, dans la région de Zinder, la datte fraîche est très appréciée à Niamey pour sa saveur et ses qualités nutritionnelles. Dans les marchés, les rues et sur les trottoirs, de nombreux revendeurs proposent ce produit. Rencontré dans une rue de la capitale avec sa charrette, Mansour, un élève de 19 ans, s’est lancé dans la vente du maga il y a quelques semaines. « Je m’approvisionne au marché Katako et je vends au détail dans les quartiers de la capitale », explique-t-il. Mansour achète un panier entre 15 000 et 17 000 FCFA. Chez lui, un sachet contenant cinq dattes est vendu à 25 FCFA, tandis que la tiya (mesure locale) est proposée à 500 FCFA. « Quand la clientèle est au rendez-vous, je gagne bien avec ce petit commerce », affirme-t-il. Cependant, le jeune vendeur déplore une baisse de la clientèle qui affecte négativement ses revenus.
Sous un soleil ardent, le visage couvert de sueur à force de pousser sa charrette, Issa Boubacar appelle les passants afin d’attirer leur attention. Il exerce dans le commerce du maga depuis une dizaine d’années. « Je me procure ma marchandise au marché Katako. J’y achète un panier entre 18 000 et 19 000 FCFA », confie-t-il. Chez lui, trois dattes sont vendues à 25 FCFA. Son produit, reconnaissable à sa couleur jaune foncé et réputé plus sucré, est légèrement plus cher, aussi bien à l’achat qu’à la revente. Issa Boubacar se plaint lui aussi de la diminution du nombre de clients. « Ces derniers temps, les clients se font rares et cela menace mon commerce », regrette-t-il.
À Niamey, le commerce des fruits du Vitex doniana constitue également une activité saisonnière rentable. Riches en vitamines, ces petits fruits noirs et sucrés proviennent principalement des zones rurales de Dogondoutchi, Gaya et d’autres localités. Ils sont commercialisés dans plusieurs marchés de la capitale, notamment Katako, Harobanda et Wadata.
Au Petit Marché, Almoustapha Moussa sillonne les allées avec sa charrette pour proposer ces fruits aux passants. Le jeune commerçant achète un sac à 11 000 FCFA. « Je vends la tiya entre 400 et 500 FCFA », indique-t-il.
La noix de doum, quant à elle, provient principalement des régions riveraines du fleuve Niger, notamment Tillabéri et Dosso. Elle est disponible dans plusieurs marchés de Niamey, en particulier au marché Katako, où elle est vendue en gros comme au détail. Les sacs coûtent entre 6 000 et 11 000 FCFA selon la qualité. Au marché Katako, Mahamadou Alzouma exerce comme grossiste dans la vente de noix de doum. Il s’approvisionne dans le village de Tamou, commune rurale du département de Say. « J’achète un sac à 5 000 FCFA et je paie environ 2 000 FCFA pour son transport jusqu’à Niamey. Ensuite, je le revends aux détaillants entre 10 000 et 11 000 FCFA », explique-t-il.
Cette activité lui permet aujourd’hui de subvenir aux besoins de sa famille. Toutefois, il affirme rencontrer des difficultés lors de l’acheminement de sa marchandise. « Notre commerce est souvent perturbé par les difficultés que nous rencontrons avec les agents des Eaux et Forêts lors du transport des produits », déplore-t-il.
Au Petit Marché, Abdoul Razak exerce depuis seize ans dans la vente de noix de doum au détail. Il s’approvisionne au marché Harobanda. « J’achète un sac à 6 000 FCFA. En une semaine, je peux vendre un ou deux sacs, ce qui me permet de réaliser environ 3 500 FCFA de bénéfice par jour », se réjouit-il. Chez lui, trois noix de doum sont vendues à 50 FCFA. Une fois la saison terminée, Abdoul Razak se tourne vers d’autres activités afin de continuer à subvenir aux besoins de sa famille.
Outre ces produits, le commerce du maïs frais est particulièrement florissant pendant la saison des pluies. Au marché Katako, Boubacar Abdoullahi est grossiste de maïs frais. Il importe d’importantes quantités depuis le Bénin et revend les sacs aux jeunes élèves et étudiants en vacances qui constituent l’essentiel de sa clientèle. Parallèlement à la vente en gros, il propose également du maïs au détail. Des tas de quatre ou cinq épis, selon la taille, sont vendus à 500 FCFA.
Pendant les grandes vacances, ces petits commerces représentent une importante source de revenus pour de nombreux jeunes scolaires. Ils leur permettent de gagner de l’argent afin d’acheter leurs fournitures scolaires pour la prochaine rentrée, tout en occupant utilement leur temps au lieu de le passer dans les fadas (arbres à palabres).
Zouladeini A. Razinatou (Stagiaire)
