Actée par l’ordonnance n°2025-42 du 26 décembre 2025 du Président de la République du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, la mobilisation générale vise à renforcer la défense de la patrie face aux menaces sécuritaires. Ainsi, pour sensibiliser la population urbaine et rurale, plusieurs missions ont été menées dans le pays par des associations de soutien, des acteurs de la société civile ou par des membres du Conseil Consultatif de la Refondation. Une mobilisation qui, au-delà du domaine politique et militaire, s’ancre fortement dans le quotidien des Nigériens. Au cœur de ces initiatives, les femmes, particulièrement celles regroupées au sein des associations et structures, jouent un rôle important. En effet, dès les premières heures, ces organisations ont apporté leur soutien aux nouvelles autorités tout en assurant leur rôle d’éducatrices et d’actrices de la cohésion sociale, unissant dévotion spirituelle et engagement citoyen.
Face à la crise sécuritaire, elles sont activement engagées au service de la Nation. Dans toutes les régions, villages, hameaux, quartiers, mosquées et autres places publiques, elles sont là pour apporter leur pierre à l’édifice. Cela à travers des prêches et actions qui vont dans le sens d’apaiser les tensions, promouvoir le vivre-ensemble et renforcer la cohésion sociale. Des prières collectives et supplications spéciale, (Al-quunut), des jeûnes collectifs, des séances de sensibilisations sont organisés pour la reconquête de cette paix qui a toujours régné au Niger. Outre ces initiatives, la femme nigérienne, socle de développement de la paix et de la cohésion sociale, envisage d’autres initiatives pour ramener la paix et la cohésion sociale au Niger et dans l’espace AES. Certaines que nous avons rencontrées se prononcent.
Mme Fatouma Abdoul Moumouni Présidente de la Fédération des Organisations Féminines Islamiques du Niger (FOFIN) et membre du CCR

« Vous savez, l’éducation n’est pas seulement une transmission de savoir, mais une formation de l’âme et du savoir». Aussi, son engagement s’inscrit alors dans une dynamique de réforme (ISLAH) où la femme musulmane est appelée à être actrice de transformation de stabilité et de transmission de valeur. La mobilisation générale ne doit pas être seulement militaire ou sécuritaire, elle doit être aussi morale, spirituelle et sociale. Les femmes musulmanes peuvent aussi contribuer à travers diverses manières dont la réforme des comportement (tarbiya) par des cercles d’enseignement et par des prêches. Elle indique que ces femmes inculquent les valeurs islamiques fondamentales telles que la justice (Adl), la paix (Salam), la solidarité(ta’awun) et la responsabilité (amana). Une société disciplinée moralement est plus résiliente face aux menaces. « L’Islam authentique n’accepte pas la violence injustifiée. En diffusant un enseignement équilibré, les femmes participent à déconstruire les discours extrémistes qui exploitent l’ignorance religieuse. Avec ces femmes, nous organisons des séances d’invocation pour renforcer la cohésion, apaiser les cœurs et inscrire la mobilisation dans une dimension divine. Nous organisons aussi des campagnes de sensibilisation dans les écoles coraniques.
Pour renforcer l’engagement des femmes dans les efforts nationaux de sécurité et de cohésion sociale, nous recommandons aux femmes d’agir à la fois sur les structures et les mentalités, d’investir dans la jeunesse car les enfants sont une bénédiction divine accompagnée d’une forte responsabilité. Les femmes doivent accompagner ces jeunes en soutenant leurs initiatives économiques et en valorisant le travail licite. Il faut aussi reformer le système éducatif en intégrant un enseignement islamique équilibré des personnes âgées pour permettre de former des citoyens conscients de leurs responsabilités spirituelles et civiques, promouvoir la justice sociale. La refondation nationale exige une adhésion collective aux réformes qui protègent l’intérêt général.
Merci Allah, nous constatons un changement de mentalité des citoyens parce que la population prend conscience des enjeux liés à la souveraineté, à la sécurité et à la dignité nationale. Les jeunes s’organisent s’impliquent et développent des initiatives de veille communautaire.
En effet, la femme est actrice du développement économique à travers l’entrepreneuriat, l’agriculture, le commerce, elle contribue à la résilience économique des familles et du pays. Aussi, elle préserve l’identité culturelle et religieuse face auxx influences négatives. En somme, nous rappelons aux femmes que l’Islam leur confère une responsabilité noble, celle de construire, d’éduquer et de préserver. C’est pourquoi elles doivent être des sentinelles irréversibles, des repères dans le monde en mutation, celles qui éclairent la voie par leur foi, leur savoir et leurs comportements. Qu’Allah, dans sa miséricorde infinie, bénisse nos efforts, protège notre pays, renforce notre unité, accorde la paix à la nation et fasse de chacun de nous un artisan du bien et de la stabilité ».
Propos recueillis par Salamatou Bagouma (stagiaire)
Mme Hadiza Boukari, Trésorière Générale de la COSNAS

« Dans ce contexte de mobilisation nationale, les femmes de la COSNAS jouent un rôle stratégique dans la sensibilisation, l’engagement citoyen et la diffusion des messages auprès des différentes couches de la population. Comme principales activités menées, nous nous sommes illustrées à travers plusieurs actions majeures, notamment des séances de sensibilisation communautaire. Pour promouvoir l’éveil citoyen, les femmes ont mené des actions orientées vers la prise de conscience collective et la responsabilisation. Un engagement actif aux côtés des institutions du Niger avec une participation agissante à des activités étatiques.
Nous avions, en nombre important, participé à des forums, des cadres d’échanges, de sensibilisation et de valorisation des initiatives féminines. N’oublions pas la mobilisation au niveau des activités religieuses et spirituelles, notamment à des prêches et séances de “qounout” (invocations) organisées à la Place de la Patrie, renforçant ainsi la dimension morale et spirituelle de la mobilisation.
Et comme le Niger ne se limite pas à Niamey, nous avions procédé à des déploiements, à l’intérieur du pays, des missions de terrain pour toucher les populations dans plusieurs localités.
Et pour montrer notre détermination à accompagner les actions du Gouvernement dans cette ère de refondation où la résilience est à l’ordre du jour, nous avions organisé, à la Place de la Patrie, une foire. Une rencontre qui a permis aux femmes de la COSNAS d’exposer et de valoriser leurs produits (savons noirs, savons liquides, encens, produits artisanaux…). Contribuant ainsi à l’autonomisation économique des femmes, la promotion du savoir-faire local, et le renforcement de la solidarité féminine.
Au Niveau de COSNAS, plusieurs projets sont en cours dont le projet phare “Challenge Women Domol Ledy”. Ce grand projet en cours vise à soutenir l’entrepreneuriat féminin à travers l’accompagnement de cinq femmes, c’est à dire une femme par commune, et dont l’objectif est de former quarante (40) femmes d’ici la fin de l’année. Les impacts de toutes ces actions salvatrices ont permis le renforcement de l’éveil citoyen et spirituel ; l’engagement accru des femmes dans la mobilisation nationale, l’extension des actions sur le territoire. Ces activités ont permis également la promotion de l’autonomisation économique et la consolidation de la cohésion sociale
À travers des actions à la fois sociales, économiques et spirituelles, les femmes de la COSNAS s’affirment comme un pilier incontournable de la mobilisation nationale, alliant engagement citoyen, solidarité et valeurs’’
Propos recueillis par Aissa Abdoulaye Alfary (ONEP)
——————————————————————
Mme Djibo Anne–Marie Douramane, Représentante de l’Église Catholique au Niger, Conseillère au CCR

“Depuis les événements du 26 juillet 2023, une dynamique de Refondation nationale s’est déclenchée au Niger, mobilisant les forces vives de la nation. Parmi elles, les femmes catholiques qui se sont regroupées au sein des associations pour apporter leur contribution dans la culture de la paix et de la cohésion sociale. Dans les églises comme dans les quartiers, nous avions multiplié les prières collectives afin d’implorer Dieu pour une paix durable au Niger, au Mali et au Burkina Faso. Outre les prières, les femmes de l’Eglise procèdent également à des séances de sensibilisation sur la cohésion sociale entre les peuples. Cet engagement s’inscrit dans une stratégie organisée. Nous avons commencé nos séances de sensibilisation avec l’ensemble des prêtres du Diocèse de Niamey. Nous avons aussi rencontré les membres du comité de réflexion des cadres catholiques.
Au-delà des prières et invocations, les femmes catholiques veulent apporter leur contribution à travers notamment des actions de soutien logistique et humanitaire et d’aide aux Forces de défense et de sécurité. Outre cela, les femmes catholiques prévoient également d’apporter un appui en vivres aux personnes déplacées et vulnérables. Nous allons également assister aux initiatives de veille citoyenne, en signalant les situations suspectes et en contribuant à la sécurité au niveau local, en collaboration avec les autorités. Pour renforcer l’engagement des femmes dans les efforts nationaux de sécurité et de cohésion sociale, il est essentiel de renforcer la sensibilisation et la formation de ces dernières sur les enjeux de sécurité, de paix et de cohésion sociale. Des programmes axés sur l’éducation civique, le leadership et l’autonomisation peuvent leur permettre de mieux comprendre leur rôle et d’y participer activement. Ces séances de sensibilisation sur la mobilisation générale ont changé progressivement la mentalité des femmes catholiques. Elles sont aujourd’hui plus ouvertes à collaborer avec les autorités et les FDS et à adopter des comportements responsables face aux défis sécuritaires. Toutefois, ce changement reste encore inégal selon les zones et les contextes. C’est pourquoi, il est nécessaire de poursuivre les efforts de sensibilisation et d’accompagnement, pour consolider ces avancées afin de les ancrer durablement dans la vie de tous les jours.
En tant qu’éducatrices dans les familles et les communautés, les femmes jouent un rôle important dans la transmission des valeurs de paix, de tolérance et de la cohésion sociale, essentielles pour prévenir les conflits. Les femmes jouent un rôle important dans la médiation et la résolution des conflits au niveau communautaire, favorisant ainsi le dialogue et le mieux vivre-ensemble. En participant davantage aux instances de décision, elles peuvent influencer les politiques publiques en faveur d’un développement inclusif, équitable et durable. En renforçant les capacités et le leadership des femmes, on favorise à la fois le développement durable et la stabilité du pays. Pour les femmes de l’Église Catholique au Niger, l’avenir du pays dépend du niveau d’implication des femmes, leur courage et leur leadership. Il est donc important de rester unies, solidaires et déterminées face aux défis. C’est pourquoi, nous appelons toutes les femmes à s’engager, se former, à oser prendre des initiatives et à participer activement à la vie des communautés. Chaque action compte, qu’il s’agisse d’éducation, d’entrepreneuriat, de solidarité, de promotion de la paix, ou de séances de prières pour que la paix règne au Niger, dans les pays de l’AES et dans le monde entier. Ensemble, nous pouvons contribuer à bâtir une société plus juste, plus stable et tournée vers un avenir meilleur”
Propos recueillis par Salima H. Mounkaila (ONEP)
———————————————————————–
Mme Abdou Mariatou Amadou, Présidente du Réseau des Femmes Engagées pour la Sauvegarde de la Patrie (RFESP)

« Les Femmes engagées ont joué et jouent encore un rôle central et stratégique dans la mobilisation générale, surtout dans ce contexte où la cohésion sociale et la résilience communautaire sont essentielles. Notre apport se situe surtout dans la sensibilisation et la mobilisation de proximité, le renforcement de la cohésion sociale, l’engagement civique ainsi que le leadership. Chaque fois, nous travaillons avec les jeunes et les communautés pour les inspirer et leur expliquer l’importance de la vigilance et de la mobilisation. Nous œuvrons également pour la promotion des valeurs patriotiques à travers des renforcements de capacités destinés aux jeunes afin qu’ils comprennent des notions essentielles comme le patriotisme et la souveraineté, auxquelles nous sommes très attachées. Nous faisons aussi de la veille citoyenne, car il faut être vigilant, dénoncer et collaborer avec les Forces de défense et de sécurité. Dans ce cadre, les femmes jouent un rôle important car, elles sont dans les foyers, les marchés, les cérémonies et sont souvent les premières à remarquer des situations inhabituelles. Nous sensibilisons également à la dénonciation rapide à travers les numéros mis à disposition par l’État, notamment le 4040, le 400, le 8383 et le 280.
Il faut le dire, les Femmes engagées sont des actrices clés de la mobilisation générale, des piliers de la résilience sociale, de la stabilité et du développement. Dans nos activités, nous avons d’abord élaboré des flyers sur lesquels figurent les numéros essentiels, ainsi qu’un guide de sensibilisation sur la mobilisation générale. Nous travaillons avec des groupes de jeunes, notamment les conducteurs de motos kabu-kabu, les taximans et les faba-faba, car ils sont souvent aux entrées de Niamey et transportent de nombreuses personnes, y compris des étrangers. Il est donc important qu’ils puissent reconnaître les comportements suspects.
Nous collaborons aussi avec les brigades de veille et de vigilance mises en place aux différents ronds-points des quartiers. Certes, nous faisons face à des défis, notamment des contraintes socioculturelles et certains préjugés qui freinent la participation active des femmes. Cela impacte parfois notre mobilisation. Mais il faut reconnaître le travail accompli, depuis le 26 juillet. Lors des activités, on constate que les femmes représentent environ 80 % des participants. Mon message à l’endroit des femmes et des jeunes filles est de leur dire que nous ne devons pas rester en marge de cette dynamique. Nous sommes au cœur de la construction de notre nation et aucun pays ne peut être fort ni résilient sans la pleine participation des femmes et des jeunes. Il faut croire en notre potentiel, nos idées, nos compétences et notre courage, qui sont des leviers puissants de transformation. Les structures nigériennes doivent être solidaires et faire preuve d’unité d’action. Elles doivent s’associer pour conduire les initiatives, mener des campagnes de sensibilisation afin de changer les mentalités et les comportements, comme le prône la refondation. Elles doivent également créer des cadres de dialogue inclusif, entre les structures elles-mêmes, entre les structures et les autorités, ainsi qu’entre les structures, les groupements de femmes et les jeunes. En conclusion, une nation forte et résiliente se construit avec des femmes éduquées, engagées et autonomes. Investir dans la femme, c’est investir dans la paix, la stabilité et le développement durable. »
Propos recueillis par Aminatou Seydou Harouna (ONEP)
—————————————————————————–
Mme Djamila Harouna Soungayzé, présidente de Niger Uni

« Pour les autorités de la refondation, il s’avère impératif de faire comprendre à la population la quintessence de cette décision qui consistera de passer d’un état de paix à un état de guerre à travers plusieurs mesures afin de protéger le Niger de ses ennemis. Niger Uni est l’une des organisations qui soutiennent les actions de défense de la patrie et ayant contribué aux veilles citoyennes depuis les évènements du 26 juillet 2023. L’une des missions qu’elle s’est données est de répondre à l’appel de la patrie du Général d’Armée Abdourahamane Tiani sur la mobilisation générale. Ce n’est pas un slogan, c’est un devoir. La mobilisation générale concerne tout le monde. C’est pour cela qu’on a commencé dans nos foyers, en éduquant nos enfants à l’amour de la patrie, à expliquer à nos filles et fils que le Niger nous appartient et que personne ne viendra le défendre à notre place. Une mère qui élève un patriote a déjà répondu à l’appel. C’est en ce sens que nous, Niger Uni, avons préconisé d’aller en amont, de porte en porte, de foyer en foyer, et même de fada en fada. Pour cette mobilisation, on a prévu des thés-débats, des séances de sensibilisation pour pouvoir édifier la jeunesse sur la mobilisation. Aussi, le Niger Uni a commencé les veilles citoyennes, comme toutes les autres structures, au niveau de l’Escadrille. Pendant cette période, la structure a participé aux concerts de guitare pour appeler les jeunes à répondre, à les fidéliser afin de mieux leur expliquer, le devoir d’un citoyen et de ce qui est attendu d’eux. On a organisé des ‘’qounouts’’dans beaucoup de régions, et on continue d’ailleurs à le faire. On a eu des séances de concertation avec les conducteurs de Kabou Kabou, Taxis, Faba Faba, où on leur a distribué des tracts sur lesquels se trouvent les numéros verts, pour qu’ils puissent informer ou contacter l’autorité en cas de besoin.
La souveraineté se gagne avec un cœur déterminé. D’où la nécessité d’associer la composante jeunesse aux actions de mobilisation. C’est pour cela que le Niger Uni a fait de la jeunesse sa première cible dans la sensibilisation et le soutien aux Forces de défense et de sécurité soutenant les FDS. Notre arme première, c’est l’approche, la sensibilisation, la fidélisation de cette jeunesse sur l’amour de leur patrie. Niger Uni a pu réaliser beaucoup d’exploits, que ce soit avec la jeunesse ou les femmes qui sont les guerrières et les boucliers de cette lutte car, quand une femme est déterminée, même les hommes ont peur d’elle. Qu’elle soit Peulh, Kanouri, Toubou, Arabe, Djerma, Haoussa, Touareg, Gourmantché, nous sommes les piliers de nos communautés. Refusons la division, parce que c’est ça qui nous fragilise. Parlons-nous, soutenons-nous car, si les femmes sont unies, le Niger est indivisible et invincible. L’union fait la force, dit-on. Si nous sommes solidaires et unis, on peut combattre tout fléau car la femme déterminée est une femme guerrière, une battante qui n’a pas peur et qui n’a pas de recul. On appelle les femmes à plus de résilience, qu’on puisse être unis et indivisibles. C’est en ce sens qu’on peut réussir et avoir des résultats propices pour mieux être autonomes. La mobilisation générale, c’est la vigilance. Dénonçons les rumeurs qui divisent, combattons les discours qui affaiblissent. Tant qu’on arrive à être clairvoyants, à avoir le courage de dénoncer, je dirais qu’on a déjà gagné le combat »
Propos recueillis par Farida. A. Ibrahim (ONEP)
——————————————————————-
Mme Ressy Hadjara Issoufou Conseillère des Sentinelles de la Patrie

« Les Sentinelles de la Patrie, réunies autour d’une même cause, ont entamé depuis les événements du 26 juillet 2023, un processus visant à marquer activement notre participation dans la Refondation du Niger. Dans cette dynamique, chaque voix compte, chaque action est importante et chaque femme peut y participer. Nous nous sommes mobilisées et imposées comme des actrices centrales de soutien dans le processus de transition et de sauvegarde de la Patrie en promouvant la paix, la résilience, la souveraineté et le patriotisme. Notre structure les Sentinelles de la Patrie est composée de plus de 700 femmes collaboratrices. Nous sommes toutes réunies pour d’abord prouver aux yeux du monde que les femmes sont déterminées et debout en sentinelles. Pour y parvenir, nous avons mis en place une orientation pour mieux outiller les femmes sur le concept de la mobilisation générale. Chaque femme est ambassadrice dans son quartier, son lieu de travail en relayant des informations importantes et une cotisation à l’endroit du FSSP se fait à toute occasion afin de soutenir les efforts du Gouvernement. Dans le cadre du renforcement de l’engagement des femmes pour garantir la sécurité et la cohésion sociale, les Sentinelles de la Patrie ont organisé plusieurs activités. Il s’agit des séances de sensibilisation dans les quartiers, les lieux de travail et à la maison sur la sécurité des citoyens, sur le sens du civisme, de la cohésion sociale et surtout l’importance pour les femmes de s’entraider et de s’engager pour la cause unique qui est le Niger et accompagner les FDS en dénonçant les actes suspects dans les quartiers.
Pour la pérennisation de cet acquis, nous lançons un appel aux femmes à s’impliquer davantage dans la construction d’une nation forte et résiliente. Nous devons d’abord aimer le Niger, aider à construire ou reconstruire son quartier, s’impliquer et répondre à tous les appels à l’action en organisant des activités de salubrité, de soutien, de solidarité entre les femmes et jeunes du quartier, de la commune ou de la région. Les femmes doivent aussi organiser des initiatives fortes comme les tontines « foyandi » pour s’entraider et aider le leadership et l’autonomisation de la femme et soutenir les personnes dans le besoin comme les veuves et les orphelins.
Dans un monde en pleine évolution, les femmes doivent continuer à s’organiser davantage pour marquer définitivement la sphère politique, sociale et économique. La femme nigérienne doit passer d’un statut social traditionnel à celui de « gardienne de la souveraineté » en continuant la dynamique de Refondation nationale prônée par le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP). À cet effet, des actions doivent être envisagées pour continuer dans cette même dynamique. Pour les Sentinelles de la Patrie, cette trajectoire évolutive doit être l’opportunité pour les femmes d’avoir une vision stratégique, organisée et ancrée dans les réalités nigériennes et reposer sur trois piliers dont la vision pour l’avenir des femmes, le rôle stratégique des structures féminines nigériennes et les trajectoires à imposer. Plus qu’une structure sociale, toutes les femmes partenaires de nos associations s’engagent à produire des propositions concrètes, influencer les décisions publiques, participer aux prises de décision, créer des réseaux puissants et solidaires et fonctionner sous forme de bloc en créant une interconnexion entre associations, les femmes de l’AES et d’Afrique, et aussi investir dans la formation des femmes pour faire valoir nos voix ».
Propos recueillis par Massaouda Abdou Ibrahim (ONEP)
—————————————————————————————————
Mme Kako Fatouma, Présidente de la Coordination des ONG et Associations Féminines Nigériennes (CONGAFEN)

« Les organisations féminines jouent un rôle essentiel dans la mobilisation générale pour la défense de la patrie. Elles sont au cœur des structures sociales et contribuent à renforcer la solidarité nationale. Concrètement, elles sensibilisent les populations et accompagnent les jeunes en leur transmettant des valeurs de paix et de patriotisme. Notre organisation, pour sa part, œuvre à consolider la cohésion sociale à travers des activités de médiation et de sensibilisation. Nous mettons en avant le rôle des femmes comme bâtisseuses et gardiennes de l’unité nationale. En favorisant le dialogue, la tolérance et la solidarité, nous contribuons à ce que chaque citoyen se sente impliqué dans la défense et la préservation de notre patrie. Les populations, dans leur ensemble, ont pris conscience de l’importance de l’unité nationale et de la solidarité. On observe un engagement plus fort et une volonté de participer activement à la défense et à la préservation de la patrie. Chez les femmes en particulier, ce changement est encore plus marqué. Elles se sentent davantage investies, non seulement comme mères et éducatrices, mais aussi comme actrices à part entière du développement et de la cohésion sociale. Elles s’impliquent dans les initiatives communautaires, prennent des responsabilités et affirment leur rôle dans la construction d’une société résiliente. Ce nouvel état d’esprit permet à chacun de comprendre que la défense de la nation ne repose pas uniquement sur les forces armées, mais aussi sur la mobilisation citoyenne et la solidarité sociale. Les organisations féminines rencontrent cependant plusieurs défis lorsqu’elles participent à des actions de défense et de solidarité. Le premier défi est souvent lié aux ressources. Il faut mobiliser des moyens financiers et matériels suffisants pour soutenir efficacement les initiatives. Malgré leur engagement, elles doivent parfois faire face à des préjugés ou à des résistances sociales qui limitent leur pleine participation. Les femmes ont aussi besoin d’outils et de compétences adaptés pour intervenir dans des contextes de crise ou de mobilisation nationale. Enfin, la coordination avec les autres acteurs, institutions, organisations de la société civile et autorités locales, peut représenter un défi car il est essentiel d’assurer une synergie des efforts pour rendre l’action réellement efficace. Malgré ces obstacles, les organisations féminines continuent de jouer un rôle déterminant, en transformant les difficultés en opportunités pour renforcer la cohésion sociale et la résilience nationale. Au niveau de la CONGAFEN, nous avons un rôle stratégique dans la promotion du développement durable et le maintien de la stabilité du pays. D’abord, les femmes sont les premières éducatrices. En transmettant aux jeunes générations des valeurs de responsabilité et de respect, elles préparent une société plus consciente et engagée. Par leurs initiatives dans l’agriculture, l’artisanat ou l’entrepreneuriat, elles favorisent des pratiques durables qui soutiennent la croissance tout en préservant les ressources. Enfin, leur capacité à créer des réseaux de solidarité et à promouvoir le dialogue contribue directement à la stabilité sociale. En plaçant la cohésion et la durabilité au cœur de leurs actions, les femmes deviennent de véritables piliers de la paix et du développement. Aujourd’hui, elles sont devenues des actrices de développement et marquent leur présence dans les processus de prise de décision ».
Propos recueillis par Fatiyatou Inoussa (ONEP)
