Une vue de pépinières à Niamey
Face à l’ampleur croissante du changement climatique, qui accélère l’avancée du désert et entraîne la disparition progressive de certaines espèces végétales, la préservation de l’écosystème devient un impératif. Le Niger, pays majoritairement désertique, figure parmi les nations les plus menacées par ce phénomène.
En effet, parmi les initiatives et projets déployés pour contrer cette menace, le secteur informel joue un rôle clé : la pépinière. À travers leurs activités de plantation, d’entretien et de commercialisation, les pépiniéristes contribuent activement à la préservation de l’environnement. En multipliant les plantations d’arbres et en protégeant la diversité végétale, ils participent à la lutte contre la disparition de certaines variétés de plantes, notamment les espèces médicinales essentielles pour le traitement de plusieurs maladies. À cet effet, ces efforts méritent d’être soutenus et encouragés pour assurer un avenir plus vert et résilient face aux défis climatiques.
Sur certaines grandes voies de la Ville de Niamey, ces pépiniéristes exercent leurs activités en plein air, exposant des dizaines de variétés de plantes. En effet, au-delà de leur dimension commerciale, ces pépinières contribuent également à l’embellissement de l’espace urbain. Leur présence apporte de la verdure et une atmosphère naturelle aux lieux qu’ils occupent. Ainsi, ils contribuent à la préservation de l’écosystème en plantant et entretenant les plantes pour ensuite les vendre. Ils sont devenus des gardiens pour la végétation.
Du quartier Kombo à la corniche Yantala, plusieurs pépiniéristes occupent les abords des voies, offrant une diversité de plantes aux habitants. Cependant, ces professionnels déplorent le manque d’accompagnement et de soutien dans leur activité qui, pourtant est indispensable pour la préservation de l’environnement.
Parmi eux, Marcel Soubega, pépiniériste depuis son jeune âge. Il cumule aujourd’hui plus de trente ans d’expériences dans ce domaine. Malgré son engagement dans la lutte contre la disparition des variétés de plantes et la préservation de l’environnement, il regrette l’absence de soutien des autorités locales. Selon lui, les pépiniéristes jouent un rôle important dans le maintien de la biodiversité, mais leur contribution reste largement ignorée par les instances décisionnelles.
M. Yeni Seydou, un autre pépiniériste, la quarantaine révolue, partage ce constat. Il souligne que l’absence d’initiatives pour aider les pépiniéristes à acquérir et conserver les plantes entraîne la raréfaction de certaines variétés, voire leur disparition totale dans le pays. Il propose que l’État et les organisations spécialisées s’engagent dans la recherche de bonnes espèces végétales étrangères et les mettent à la disposition des pépiniéristes pour des essais et des expérimentations. Selon lui, le coût élevé des importations empêche aux pépiniéristes volontaires d’introduire de nouvelles variétés, limitant ainsi la diversité des cultures. Face à ces défis, ces acteurs locaux lancent un appel aux autorités et aux organisations environnementales pour un accompagnement renforcé, afin de soutenir leurs efforts et garantir la préservation des espèces végétales menacées.
Bachir Djibo (ONEP)



