Riposte contre la covid-19 au Niger : 300.000 personnes vaccinées, la campagne systématique continue pour une couverture de 30% d’ici fin 2021

Société
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Le comité interministériel de lutte contre la pandémie de la covid-19 au Niger a tenu hier matin à Niamey, sa 28ème réunion au cabinet du Premier ministre, avec à l’ordre du jour l’état des lieux de la riposte après une campagne de vaccination de masse lancée en mars dernier et l’ouverture récente des frontières terrestres. Cette session a été dirigée par le Premier ministre par intérim, le ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle, M. Kassoum Maman Moctar.

D’après la situation présentée par le ministre de la Santé publique, de la Population et des Affaires sociale, Dr Idi Illiassou Mainassara l’on note une évolution satisfaisante de la propagation du virus avec un R_0 à 0,200 qui signifie une baisse importante des nombres de cas ces derniers temps. Deux jours d’affilée (du 21 au 22 juin) aucun cas n’a été enregistré, ni aucun décès. «Le nombre des cas enregistrés depuis l’avènement de la pandémie au Niger est de 5.469, dont 193 décès et actuellement 81 malades sous traitement parmi lesquels 22 sont hospitalisés et aucun n’est en réanimation», a précisé le ministre en charge de la Santé publique.

En matière de vaccination, «nous pouvons dire qu’il y’a une avancée importante, parce que, à la date d’aujourd’hui, nous sommes autour de 300.000 personnes vaccinées (dont 250.000 pour leurs premières doses) sur l’ensemble du pays. Et la campagne systématique va continuer», a déclaré Dr Idi Illiassou Mainassara. Il ajoute que 265 cas d’effets secondaires (céphalée, maux de tête, fièvre, douleur articulaire), dont 2 cas majeurs (avec des saignements de gencives et difficultés respiratoires) ont été enregistrés au niveau du camp de la Gendarmerie. Tous les deux cas ont été suivis et promptement pris en charge, a assuré le ministre de la Santé publique

Dr Idi Illiassou Mainassara d’ajouter que la menace persiste et «les efforts doivent être maintenus et renforcés» pour parvenir notamment à une immunité collective afin de freiner la propagation du coronavirus au Niger. C’est pourquoi, cette session qui réunissait des membres du gouvernement, des experts, des membres du comité technique, la représentante résidente de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et des représentants des leaders religieux et coutumiers, a formulé des recommandations au Conseil des ministres.

Il faut rappeler que l’objectif du gouvernement est de vacciner 10% de la cible d’ici fin septembre et d’atteindre 30% d’ici la fin de l’année 2021. Le ministre de la santé publique a rassuré quant à la disponibilité du vaccin (82.000 doses d’Astrazeneca et 220.000 doses de Sinopharm dans le stock et 280.000 autres doses d’Astrazeneca attendues) pour l’instant. Le refus de certains pays européens contre le vaccin Sinopharm a été également débattu au cours de cette 28ème réunion. Mais c’est une question qui interpelle surtout la responsabilité de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui a bien reconnu ledit vaccin.

Par ailleurs, la session a souligné que l’ouverture des frontières terrestres exige une vaste campagne de sensibilisation en ce qui concerne les mesures de prévention. Selon les experts, il faudrait notamment amener les voyageurs à se faire non seulement tester, mais aussi à se faire vacciner au niveau des gares et points d’entrée. Ce qui suppose un renforcement de ressources humaines et logistiques des équipes techniques.

Enfin, la session envisage de soumettre au Conseil des ministres la recommandation d’élargir l’«exigence» de se faire vacciner au-delà des ministères et institutions publiques mais aussi pour accès aux cérémonies et rencontres officielles (forums, séminaires, conférences etc.). Beaucoup d’interventions ont porté sur l’impératif d’une mobilisation qui devait s’articuler sur une stratégie de communication conséquente, en associant les leaders religieux et coutumiers, afin de convaincre la population à s’immuniser individuellement pour permettre l’immunité collective.

 Ismaël Chékaré(onep)