
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publiques, le médecin Colonel-major Garba Hakimi, représentant le Premier ministre, a présidé, le mercredi 29 octobre 2025, la cérémonie de lancement du 1er Salon de l’architecture et de la construction du Niger (ARCHIMAT 2025). Rassemblés autour du thème « Architecture et souveraineté constructive : vers un secteur des BTP innovant pour un développement durable et inclusif », les acteurs du secteur des BTP, venus de plusieurs pays anglophones et francophones d’Afrique, vont, pendant cinq jours, animer et participer à des panels, des tables rondes, des conférences-débats et à une conférence inaugurale ministérielle.
Initié par le Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat et l’Ordre des architectes du Niger, l’ARCHIMAT regroupe les différents acteurs du secteur du Bâtiment et Travaux Publics (BTP) notamment les architectes, les ingénieurs, les urbanistes, les promoteurs immobiliers, les entrepreneurs, les artisans, les chercheurs ainsi que les étudiants.
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publiques a souligné que la refondation dans le domaine de l’architecture, de la construction et des BTP doit être exprimée en termes de renforcement de l’autonomie dans la construction d’infrastructures modernes et adaptées. « Nous devons comprendre que l’architecture ne se limite pas à la recherche de l’esthétique. L’architecture est aussi un acte politique, social et économique. Elle est le reflet de l’identité et de la souveraineté d’une nation », a-t-il indiqué.

Le médecin Colonel-major Garba Hakimi a ensuite relevé que l’Afrique a, au cours des siècles, toujours eu d’ingénieux bâtisseurs et d’œuvres architecturales faites de terre et de bois défiant les intempéries sans recourir ni au ciment, ni au verre. Ces œuvres traditionnelles, symboles du génie créateur africain à l’image des pyramides de l’Égypte dont le secret de la construction reste encore un mystère, étaient toujours harmonieusement adaptées à leur contexte et continuent encore de fasciner les spécialistes des constructions modernes. « C’est donc le lieu de rendre un hommage posthume à ces génies créateurs bâtisseurs des pyramides d’Égypte et des villages fortifiés d’Afrique du Nord, des palais et des mosquées », a-t-il ajouté. Il a par ailleurs souligné la problématique de la croissance démographique et les défis urbains précisant qu’au Niger la population urbaine dépassera 25% de la population totale du pays en cette année 2025 et atteindra 50% en 2050.
Le médecin Colonel-major Garba Hakimi a indiqué que cette situation a créé un déséquilibre entre le développement urbain et la construction des infrastructures. De ce fait, ajoute le ministre, le secteur des bâtiments et des travaux publics reste confronté à des défis multiples dont des défis d’infrastructures, de dépendance aux importations de matériaux de construction, l’insuffisance des capacités techniques locales, la persistance du secteur informel dans la construction et la faible prise en compte des dimensions environnementales, sociales et culturelles. « Dans ce contexte, le secteur des BTP occupe une place de choix eu égard à sa capacité à générer des emplois. En effet, chaque chantier d’infrastructures, en plus des emplois directs, génère aussi des emplois indirects et connexes. Par ailleurs, ce secteur est en constante évolution et connaît une augmentation régulière de sa part dans le PIB. Le développement des infrastructures constitue donc un moteur indispensable pour la réduction de la pauvreté et favorise la croissance économique au Niger », a-t-il précisé.
Pour sa part, le président de l’Ordre des architectes du Niger, M. Adamou Souley a expliqué que le salon des architectes et de la construction n’est pas seulement l’affaire des architectes, bien que l’initiative émane de l’Ordre. C’est un espace, dit-il, d’inclusion, qui rassemble les acteurs du secteur des BTP, car, soutient-il, bâtir, c’est unir les compétences, conjuguer les talents et partager une même ambition pour construire un Niger souverain pour demain. Pour le président de l’Ordre des architectes, il faut un sursaut national pour rendre leur secteur innovant, résilient et souverain. Innovant explique-t-il, pour tirer parti des technologies et des matériaux modernes ; résilient pour résister aux crises qu’elles soient économiques, climatiques ou sécuritaires et souverain pour que les villes et les infrastructures portent la marque de l’identité, de la culture et du savoir-faire africain.
Hamissou Yahaya (ONEP)



