Un Iftar organisé dans la solidarité et la fraternité
La période du Ramadan est un instant favorable pour renforcer davantage les liens sociaux en cultivant certaines valeurs comme la solidarité et la fraternité. Ces actions sont observables en ce moment d’intense dévotion. Pendant que certains s’organisent pour offrir des ruptures de jeûne, d’autres rendent visite à leurs proches. Ces actions recommandées visent à alourdir la balance des bonnes actions et espérer la miséricorde ainsi que la bénédiction d’Allah.
Dans cette course contre la montre, personne ne voudrait rester en marge, car c’est la seule occasion pendant laquelle les bonnes actions du serviteur sont considérablement récompensées. Une action, minime soit-elle, est particulièrement rétribuée. C’est pourquoi, chacun se débrouille à sa façon pour qu’il soit le plus charitable possible en fonction de ses moyens pour aider sa famille et ses proches. En effet, les plus aisés qui comprennent les enjeux, vont au-delà du cercle familial pour toucher d’autres couches plus vulnérables.
Au Niger, il est devenu une tradition que l’Etat, à l’approche de cette période de jeûne, réunisse les acteurs et les invite à réduire les prix et rendre les produits de premières nécessités disponibles. Toutefois, en soutien aux groupes vulnérables, l’Etat initie des actions de distribution ciblées de vivres ou encore de vente à prix modéré afin d’accompagner les ménages à accomplir cette adoration dans la joie et la dignité.
Dans ses explications, le président de l’Association Islamique Faouziyya, assistant technique du Conseil Islamique du Niger, Dr. Moustapha Ahoumadou, rappelle que la solidarité est une vertu qui est cultivée par les croyants au cours de cette période parce qu’il est conseillé aux musulmans de donner aux autres à manger ou à boire. Mieux, ceux qui ont les moyens sont encouragés à offrir à ceux qui n’en ont pas, c’est-à-dire à partager une partie de leur richesse avec les autres.
Dr. Moustapha Ahoumadou ajoute que Ramadan est un mois de solidarité car le prophète conseille ou ordonne ses adeptes de cultiver cette solidarité, de faire tout ensemble. Il rappelle un hadith dans lequel le Prophète disait : « Préservez-vous du Feu, ne serait-ce qu’avec la moitié d’une datte ». En donnant ou offrant quelque chose à son frère, l’on entretient à la fois la solidarité et la fraternité.
L’assistant technique du Conseil Islamique du Niger va plus loin en disant que les compagnons du prophète connaissaient l’importance de ces valeurs. C’est ainsi qu’il a raconté qu’au temps du deuxième calife de l’Islam, Oumar ibn al-Khattab, il faisait le tour de la ville pour s’enquérir des conditions de vie de la population. Ainsi, dès qu’il trouve des nécessiteux, il les assiste aussitôt en partageant son plat ou même préparer pour eux.
L’assistant technique du Conseil Islamique du Niger a souligné que le prophète a toujours prêché par des exemples car il rompt le jeûne en collectivité, c’est à dire avec les membres de sa famille, ses proches ou ses voisins. « Dans les pays musulmans où les gens connaissent vraiment la portée de la solidarité, certains préparent des plats copieux pour les partager avec les autres ou encore les amener au niveau des endroits où ils savent que les gens se rassemblent comme les mosquées, les places publiques ou dans les quartiers », a-t-il fait constater.
Toutefois, Oustaz Moustapha dénonce certaines formes de solidarité ou d’assistance qui ne respectent pas la dignité du nécessiteux. Selon lui, l’Islam respecte plus que personne les droits de l’homme. « L’Islam enseigne la discrétion, l’humilité et le respect des autres. Celui qui fait la charité sera parmi les sept personnes qui bénéficieront au jour de jugement de l’ombre d’Allah comme cela a été cité dans un récit prophétique », a-t-il conclu.
Abdoulaye Mamane (ONEP)
