Le jeune jockey Samaila Amadou
Lors du festival Dokin Iska Dan Filingué en fevrier 2026, à l’hippodrome de Filingué, nous avons rencontré Samaila Amadou, un jeune jockey passionné de chevaux et de courses hippiques. Originaire du village d’Awayla, dans le département de Filingué, ce jeune garçon de 16 ans a interrompu ses études pour se consacrer pleinement à sa passion. En parallèle, il poursuit son apprentissage à l’école coranique.
Samaila Amadou a grandi aux côtés de son cheval de six ans, qu’il a baptisé ‘’Jirgui’’, un nom qui signifie « Avion » en langue haoussa, pour illustrer sa vitesse. Très jeune, et probablement le plus jeune parmi les jockeys présents au festival, Samaila venait tout juste de décrocher la troisième place d’une course lorsque nous l’avons abordé. Il n’a pas caché son immense joie. Même si ce n’était pas la première place, ce podium représentait beaucoup pour lui. Selon lui, sa passion pour les courses hippiques est née dès l’enfance grâce à son père qui l’a initié à l’équitation et lui a transmis son savoir-faire.
« Le cheval et moi c’est une histoire d’héritage familial. J’ai commencé à monter à cheval à l’âge de 10 ans, et je vous assure que j’adore chevaucher. Avant moi, mon père a lui aussi reçu son cheval et aujourd’hui c’est mon tour. Mon père est un excellent maître car il m’a appris tout ce que je sais et, Dieu merci, je suis heureux », a-t-il affirmé.
Animé par cette passion, Samaila s’entraîne quotidiennement avec sérieux et acharnement. Son objectif est de progresser, de se faire un nom dans la discipline et surtout de rendre fier son père, qu’il considère comme son mentor. « Je participe à beaucoup de courses, surtout dans mon village, et il m’arrive souvent de gagner. Mais la course qui m’a le plus marqué, c’est celle que je viens de remporter avec Jirgui », affirme-t-il.
Pour le jeune jockey, seules les personnes qui pratiquent ce sport peuvent comprendre les émotions qu’il procure. « Personnellement, après une course, je ne dors presque pas de la nuit. La sensation est tellement forte. Je repasse sans cesse la course et mon podium dans ma tête », explique-t-il avec agitation.
Malgré son jeune âge, Samaila garde les pieds sur terre. Il reconnaît être encore au stade de l’apprentissage, mais nourrit de grandes ambitions. Il lance également un appel aux autorités afin qu’elles investissent davantage dans la modernisation des courses hippiques, une discipline qui, dit-il, gagne progressivement en popularité au Niger.
M. Amadou Lallé Samaila, grand passionné des courses hippiques à Filingué, témpogne au sujet du jeune Samaila qu’il considère comme un garçon particulièrement prometteur. « Samaila est un enfant très courageux et très malin. Il a de l’avenir. Lorsqu’il est engagé dans une compétition, aucun jockey ne le sous-estime. Tous savent qu’il peut les surprendre à tout moment », affirme-t-il.
Selon lui, la concurrence avec les jockeys plus expérimentés constitue une véritable école pour le jeune cavalier. « Les anciens lui livrent une rude concurrence, mais cela le pousse à travailler davantage, car il sait qu’il évolue déjà dans la cour des grands », précise-t-il.
M. Amadou Lallé rappelle également qu’un jockey doit généralement peser au moins 50 kg pour participer à une course. Or, Samaila n’atteint pas encore ce poids réglementaire. Pour compenser, le règlement autorise l’ajout de plombs afin d’équilibrer la charge. « J’adore sa ténacité. C’est un jeune qui ne se décourage jamais. Quand on l’observe en course, on voit qu’il donne tout pour gagner. Il se débrouille très bien, il prend du plaisir et se bat jusqu’au bout pour remporter un prix », conclut-il en l’encourageant.
Assad Hamadou (ONEP)
