Le ministre de l’Agriculture visite un champ de sorgho fourrager à Doguéraoua
Au terme d’une tournée de deux jours dans la région de Tahoua, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le Colonel Bilaly Elhadj Gambobo, a lancé un forum sur la médiation entre communautés, puis inspecté plusieurs ouvrages réalisés dans le cadre du Programme Grande Irrigation (PGI). À Ibohamane, la réhabilitation du périmètre irrigué de 750 hectares n’est qu’à 46,28 % d’avancement.
Le samedi 10 octobre 2026, le ministre a présidé à Abalak le lancement officiel d’un forum pour la mise en place d’un cadre de médiation entre les communautés en conflit. La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur de la région, le Colonel Major Souleymane Amadou Moussa, et des autorités administratives et coutumières du département.
Le Colonel Bilaly Elhadj Gambobo a affirmé que le thème du forum n’est « pas un simple slogan », mais « un cri de cœur et un appel à l’action ». Face aux défis sécuritaires, climatiques et économiques de la sous-région, l’unité reste, selon lui, la meilleure arme. Il a ajouté que la paix n’est pas l’absence de conflits, mais « la capacité à les gérer par le dialogue, la justice et le respect mutuel ».
Le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage a rendu hommage aux leaders traditionnels et religieux pour leur rôle dans la prévention et la gestion des conflits intracommunautaires, avant d’inviter les participants au mieux vivre ensemble, à la solidarité et à la coexistence pacifique.
Mossagué, Dogueraoua et Mouléla : des sites passés en revue
Le dimanche 11 octobre, dans la matinée, la délégation ministérielle s’est rendue au niveau du barrage de Mossagué, réalisé dans les années 1980. Le ministre a estimé qu’il faut en revoir les données techniques, poursuivre les réflexions et adopter des approches sectorielles, compte tenu des considérations géophysiques du site.
À la plateforme de commercialisation des produits agricoles de Dogueraoua, le coordonnateur du projet de Petite Irrigation pour le développement de la production de la tomate, Mahamadou Allassane, a présenté le projet et l’exploitation de 40 hectares. L’objectif est de produire la tomate en toute saison afin de valoriser les produits locaux, d’accroître les revenus des producteurs et d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le projet accompagne l’Union coopérative en engrais, semences maraîchères, produits phytosanitaires, petit matériel et équipements de production individuelle. Le ministre a demandé d’étudier les possibilités d’extension de l’exploitation et d’utiliser cet appui de façon efficiente.

Dans la même localité, la délégation a visité le centre de collecte de lait, confronté à un problème de conservation, ainsi qu’un champ de sorgho fourrager expérimenté dans le cadre de la vulgarisation des boutures de Maralfalfa.
Le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage s’est ensuite rendu au barrage de Mouléla, premier site retenu dans la région au titre du Programme Grande Irrigation. Le barrage y a été rehaussé, la digue réhabilitée et le réseau d’irrigation entièrement repris. Des forages d’accompagnement des cultures sont prévus.
Ibohamane : 750 hectares à sécuriser
Dans l’après-midi, la délégation a gagné le périmètre irrigué public d’Ibohamane, dans le département de Kéita. L’intervention vise à sécuriser l’alimentation en eau de 750 hectares et à permettre leur exploitation en saison humide comme en saison sèche. Elle est financée par le Projet d’appui au développement des cultures irriguées et à l’intensification de la production animale (PACIPA), sur un crédit de la Banque mondiale au Niger.

Créé en 1968-1969, le périmètre était alimenté par le barrage et n’était exploité qu’en saison humide. Selon le Directeur général de l’ONAHA, Labaran Yahaya, la capacité actuelle de la retenue est estimée à 1,27 million de m³, contre 7,5 millions à l’origine. La réhabilitation associe des travaux sur le barrage, huit forages profonds équipés de pompes solaires et deux bassins de stockage temporaire de l’eau. L’eau souterraine doit compléter les apports du barrage, réduire la dépendance aux pluies et soutenir les cultures de saison sèche.
Le Colonel Bilaly Elhadj Gambobo s’est réjoui de cette initiative, dont l’objectif est de permettre deux campagnes agricoles par an et de renforcer la production alimentaire et les revenus des producteurs. Le périmètre comptait 1 464 exploitants en 2023. Le suivi des prélèvements d’eau devra accompagner la mise en service afin de préserver la ressource.
Au 6 octobre 2026, dernier état documenté, l’avancement global atteignait 46,28 % en valeur. Les huit forages sont réalisés, mais l’installation des équipements de pompage et électriques n’avait pas démarré. Par rubrique, les taux sont de 43,94 % pour le réseau d’irrigation, 48,98 % pour le barrage et 93,62 % pour la digue de protection. Le drainage et les bassins restent peu avancés, respectivement à 4,37 % et 2,18 %. L’achèvement de ces ouvrages et des équipements conditionne le fonctionnement de l’ensemble.

Les travaux sont exécutés par l’ONAHA, sous la supervision de la Direction générale du génie rural et de la Direction générale de l’hydraulique pour les forages, avec un contrôle technique indépendant. Le délai d’exécution prévu est de dix mois. Le ministre a présenté quelques pistes pour accélérer le processus.
Une réception partielle anticipée est envisagée pour mettre en valeur au moins 70 hectares dès que les ouvrages desservant ces parcelles seront opérationnels et conformes. Cette mise en culture contribuerait à l’effort de production sur les périmètres irrigués, dans le cadre du programme d’urgence en cours d’élaboration pour résorber le déficit céréalier pressenti à l’issue de l’hivernage. Sa préparation suppose toutefois de cibler les parcelles, de vérifier leur alimentation en eau et de mobiliser les producteurs.
Une campagne marquée par une pluviométrie insuffisante
Dressant le bilan de son séjour, le Colonel Bilaly Elhadj Gambobo a reconnu que, pour cette campagne, « la pluie n’a pas été généreuse et le tapis herbacé presque nul par endroits ». Il a annoncé que la cartographie de la campagne agropastorale sera poursuivie et que les informations seront remontées au plus haut niveau.
Des motifs de réconfort subsistent néanmoins, notamment les travaux engagés à Mouléla et Ibohamane dans le cadre de la Grande Irrigation. « Avec la mise en valeur des 750 ha à Ibohamane par l’ONAHA, l’espoir renaît », a conclu le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage.
Amadou Issoufou
Responsable communication MAgEL



