M. Mahamadou Sadou Mossi, directeur du CEG 2 de Téra
Le Collège d’enseignement général (CEG 2) de Téra a été créé en 1981 et occupe depuis lors une place importante dans le paysage éducatif du département. Il est aujourd’hui devenu un établissement de référence aux niveaux local et régional grâce à ses résultats académiques. Pendant plus de dix ans, son taux de réussite n’est jamais tombé en dessous de 50 %.
Le directeur du CEG 2 de Téra, M. Mahamadou Sadou Mossi, se réjouit que depuis cinq années consécutives, l’établissement occupe la première place en termes de taux de réussite aux examens du BEPC. « Notre établissement enregistre le meilleur taux de réussite du département et figure parmi les établissements les plus performants de la région. Pour la seule année 2025, nous y avons présenté 148 élèves avec 6 absents, et nous avons obtenu un taux de réussite de 89%. Sur les 148, nous avons eu 112 admis », a-t-il fait savoir.
Malgré ces performances, le principal défi de l’établissement demeure l’absence d’un mur de clôture. Selon le directeur, cette situation expose quotidiennement l’école à de nombreux risques, dans un contexte sécuritaire déjà fragile dans le département de Téra. Il explique que l’établissement est entouré de personnes déplacées, de réfugiés et de sans-abri. Comme l’école n’est pas clôturée, des personnes étrangères à l’établissement pénètrent régulièrement dans l’enceinte. Le directeur souligne que pendant les séances d’éducation physique et sportive (EPS), des habitants s’installent pour assister aux activités des élèves.
Il ajoute que des troupeaux de bétail traversent parfois la cour et qu’il est même arrivé que certains animaux perturbent les élèves pendant les activités sportives. « Il nous arrive de trouver des personnes souffrant de troubles mentaux passé la nuit devant les salles de classe, simplement parce qu’il n’y a pas de clôture. Pendant les cours, les élèves sont souvent distraits par le bruit des moteurs ou par les passants. Un jour, alors que les élèves avaient tenté de barrer un passage durant leur séance d’EPS, un conducteur de tricycle a forcé le passage et a percuté un élève », raconte-t-il.

Cette année, l’établissement a bénéficié de neuf nouvelles salles de classe modernes. Pour le directeur, ces infrastructures méritent d’être protégées. Il lance un appel aux autorités du Niger afin que la construction d’un mur de clôture soit inscrite parmi les priorités. « Nous avons sollicité plusieurs ONG. Elles viennent visiter l’établissement, mais lorsqu’elles découvrent son immense superficie, elles hésitent à s’engager. Le collège s’étend sur près de six hectares », explique-t-il.
Au-delà de la sécurisation du site, le responsable nourrit l’ambition de transformer le CEG en collège d’enseignement secondaire (CES). « Nous avons déjà introduit une demande. Beaucoup de parents et d’élèves attendent cette évolution », a-t-il indiqué, tout en ajoutant que de nombreux élèves parcourent quotidiennement trois à quatre kilomètres supplémentaires pour rejoindre le CES de la ville. « Nous avons déjà les effectifs nécessaires et les infrastructures. Nous avons simplement besoin d’un accompagnement des autorités », a-t-il dit.
Les élèves réclament eux aussi une clôture à l’image de Mlle Fati Adamou, qui partage les inquiétudes de ses camarades. Elle affirme que le terrain réservé aux cours d’EPS est devenu une véritable voie de passage. Elle estime que cette situation nuit autant à la sécurité qu’à la concentration des élèves. « C’est une cour d’école. Ce n’est pas normal qu’elle soit ouverte à tout le monde. Les élèves sont dispersés sur un très grand espace et avec l’insécurité actuelle, nous ne sommes jamais totalement rassurés. Nous avons peur que des individus mal intentionnés puissent entrer dans l’établissement », confie-t-elle. Elle lance, à son tour, un appel aux autorités afin que le CEG 2 de Téra soit enfin doté d’un mur de clôture indispensable, selon elle, pour garantir un environnement d’apprentissage sécurisé.
Assad Hamadou (ONEP)
