Lors du panel
En marge de la 5ᵉ édition du Camp ‘‘Chantier International de Solidarité’’, un panel de haut niveau s’est tenu dans l’après-midi du jeudi 20 août 2026 au lycée Amadou Kouran Daga, sur le thème: « le maintien de la jeune fille à l’école face aux défis de l’employabilité des jeunes ». La rencontre a réuni le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, M. Sidi Mohamed Almahmoud, le gouverneur de la région de Zinder, la représentante de l’UNICEF au Niger, Mme Djanabou Mahonde, la directrice du Bureau sous-régional de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Mme Bonnet Diop, ainsi que de plusieurs campeurs.
Les échanges ont permis de mettre en lumière les défis liés au chômage et au sous-emploi des jeunes, à la scolarisation et au maintien des filles à l’école, mais aussi les opportunités et initiatives susceptibles de renforcer l’autonomisation de la jeunesse. Intervenant sur la question de l’employabilité, le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, M. Sidi Mohamed Almahmoud, a rappelé que les jeunes sont parmi les premières victimes des crises sécuritaires et susceptibles d’être enrôlés dans les phénomènes d’insécurité. Il a indiqué que plusieurs initiatives gouvernementales sont actuellement déployées pour améliorer la prise en charge des jeunes, tout en insistant sur la nécessité d’une meilleure coordination entre l’État et ses partenaires. « Tous ces programmes ont un seul objectif : la prise en charge de la jeunesse. Mais cela ne suffit pas. Nous devons coordonner les actions de tous les partenaires autour d’un programme commun d’employabilité des jeunes afin que les efforts soient davantage efficaces », a-t-il déclaré. Le ministre a appelé à un changement de mentalité chez les jeunes, les invitant à ne plus considérer l’État comme l’unique pourvoyeur d’emplois. « Notre malheur, c’est de penser que l’État doit tout prendre en charge. Il faut changer de mentalité. Nous pouvons innover, créer et penser nous-mêmes à la manière de nous prendre en charge », a-t-il dit. Selon lui, les nouvelles technologies offrent aujourd’hui de nombreuses possibilités d’entrepreneuriat et d’emplois que les jeunes doivent savoir saisir.
Abordant la question de la scolarisation, le ministre a souligné les efforts engagés par le Gouvernement pour rapprocher les établissements scolaires des populations, notamment à travers la création d’écoles et de collèges de proximité.
« Nous sommes dans une démarche pragmatique. Lorsqu’un besoin est identifié sur le terrain, nous devons chercher à le régler rapidement. La souveraineté, c’est aussi notre capacité à résoudre nos propres problèmes par nous-mêmes », a-t-il expliqué.
Pour sa part, le gouverneur de la région de Zinder, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani, a contextualisé les enjeux de l’employabilité et de la formation dans la région, en insistant sur l’importance de développer les ressources humaines locales. Il a relevé que Zinder concentre une part importante de la population et du cheptel national, tout en disposant d’importantes ressources encore insuffisamment exploitées. « Les ressources sont là, mais pour les exploiter, il nous faut naturellement la matière grise. Malheureusement, nous ne disposons pas encore suffisamment de cette main-d’œuvre qualifiée pour prendre la relève », a-t-il souligné. Il a ainsi plaidé pour le renforcement de l’enseignement scientifique et technique, notamment à travers les collèges et lycées scientifiques, afin de préparer les jeunes aux besoins futurs du marché du travail.
Auparavant, la représentante de l’UNICEF au Niger, Mme Djanabou Mahonde, a souligné l’importance stratégique de l’éducation des filles pour le développement économique et social. « Aucune nation ne peut se développer en considérant uniquement la moitié de sa population. Il faut donner les mêmes chances à tout le monde afin que nous puissions contribuer ensemble au développement du pays », a-t-elle déclaré. Elle a souligné les obstacles qui continuent de limiter la scolarisation des filles, notamment les perceptions familiales, le mariage précoce, l’éloignement des établissements et l’insuffisance des infrastructures scolaires.
La directrice du Bureau sous-régional de la CEA, Mme Bonnet Diop, a pour sa part souligné la forte corrélation entre le maintien des filles à l’école, leur employabilité et le développement. Les échanges ont également mis en évidence la nécessité d’améliorer l’information et l’orientation des jeunes sur les métiers et les compétences recherchées, afin d’adapter les formations aux besoins réels de l’économie.
Le panel a été marqué par des échanges directs avec les participants, qui ont posé des questions et formulé des suggestions sur les défis de l’éducation, de la formation et de l’emploi des jeunes.
Rabiou Dogo
ONEP Zinder



