Des candidats lors du test
L’Agence Nationale pour la Société de l’Information (ANSI) organise, du 8 au 13 décembre 2025, une vaste session de tests destinée à renforcer ses équipes dans le cadre de la stratégie « Niger 2.0 ». Pendant six jours, 1 581 candidats se présentent à Niamey pour tenter de décrocher les 28 postes ouverts au sein de l’institution publique chargée de piloter le développement numérique du pays.
Les postes mis en compétition couvrent cinq pôles essentiels : développement et ingénierie, infrastructure et sécurité, création et expérience utilisateur, gestion et transformation, ainsi que l’administration et support. Une diversité qui reflète l’ampleur des missions confiées à l’ANSI à l’heure où les besoins technologiques de l’État se multiplient.
Bras opérationnel de la stratégie nationale d’économie numérique, l’ANSI joue un rôle central dans l’exécution de projets structurants visant à moderniser les services publics. Face à l’augmentation continue de ses activités et au déploiement d’outils digitaux dans plusieurs secteurs, l’agence dit avoir ressenti la nécessité de renforcer rapidement ses effectifs.
Cette campagne ne se limite pas à combler des besoins internes. Elle s’inscrit dans une vision plus large. Il s’agit, en effet, de bâtir une administration capable d’accélérer la transition numérique du Niger tout en développant une expertise nationale solide dans des domaines technologiques sensibles.
L’ANSI adopte une démarche « inédite » dans l’organisation de ce test. Plutôt que d’organiser un concours classique sur papier, souvent critiqué pour sa lenteur ou sa vulnérabilité aux interférences, l’agence a mis en place un système d’évaluation entièrement numérique et sécurisé.
Le processus repose sur trois leviers clés : un tri en entonnoir, avec d’abord un contrôle administratif strict des dossiers, puis des épreuves techniques identiques pour tous ; une plateforme d’examen en environnement fermé, coupée d’Internet et des outils d’intelligence artificielle, afin de garantir que chaque candidat compose uniquement sur la base de ses compétences personnelles ; une évaluation mixte, combinant correction automatique des QCM/QCU et double correction humaine des questions ouvertes, réalisées anonymement par des experts. Cette méthodologie permet d’obtenir un classement final « mathématiquement incontestable » et réduit considérablement les délais de traitement. Au-delà du résultat du concours, l’expérience est présentée comme un test grandeur nature de la capacité de l’État à moderniser ses procédures. L’ANSI espère qu’elle servira de référence pour d’autres administrations souhaitant professionnaliser leur gestion des ressources humaines. Pour les jeunes diplômés, souvent en quête de perspectives professionnelles dans un marché très concurrentiel, ce processus se veut également un signal fort : celui d’un recrutement fondé sur la transparence, la compétence et l’égalité des chances.
Oumar Issoufou (ONEP)
