Au cours du panel sur la transition energétique
Après la cérémonie d’ouverture des travaux du Forum international sur les énergies renouvelables couplé à la Journée des Energies Renouvelables, un panel de haut niveau a été organisé le mardi 7 Avril 2026 dans la salle des banquets du Centre International de Conférence Mahatma Gandhi. Ce panel qui porte sur le thème « Quel modèle de transition énergétique pour un développement industriel durable au Niger ? » a été animé par les ministres en charge de l’Energie du Niger, du Mali et du Burkina Faso ainsi que le ministre du Commerce et de l’Industrie du Niger.
Dans son intervention, la ministre de l’Energie du Niger, Pr. Amadou Haoua, a mentionné que le modèle de transition énergétique que le Niger a choisi est un modèle progressif, hybride et pragmatique qui tient compte des réalités économiques. « Ce modèle repose sur cinq piliers structurants. Il s’agit d’abord de l’énergie mixte diversifiée. Nous avons une montée en puissance de l’énergie renouvelable. Un des piliers, c’est aussi l’efficacité énergétique afin de réduire la perte énergétique et augmenter nos rendements en utilisant les matériels efficaces. Nous avons également un modèle centré sur l’hybridation allant vers l’innovation et la souveraineté. Le dernier, c’est un pilier vers l’accès universel et durable », a-t-elle énuméré.
En termes de mesures d’accompagnement au niveau industriel, le ministre du Commerce et de l’Industrie du Niger, M. Abdoulaye Seydou, a expliqué l’approche territoriale de l’énergie industrielle qui sera développée au Niger. « C’est un pilier fondamental de la nouvelle politique industrielle pour l’année 2026 qui est en cours d’adoption. Elle vise à rompre avec le modèle de concentration excessive des industries à Niamey en apportant une solution énergétique adaptée au potentiel de chaque région. Celui-ci passe par l’optimisation, les zones économiques spéciales, la valorisation des ressources locales, l’amélioration de la compétitivité et enfin la réduction de la fracture industrielle », a-t-il expliqué, avant de notifier que l’ambition du gouvernement est de promouvoir la production, la transformation et la consommation locales.
Quant au ministre malien de l’Energie et de l’Eau, Pr Tiemoko Traoré, il a indiqué que pour le modèle de son pays, la première étape, c’est d’avoir une boussole qui leur permettra de définir les instruments à mettre en place pour cette transition énergétique. « Dans cette dynamique, le mixte énergétique occupe une place très importante, et, à l’horizon de 2063, nous nous sommes fixé pour objectif d’atteindre les 70% de l’énergie renouvelable. Donc pour cela, nous devrions faire une diversification intelligente avec le massif solaire que nous avons au nord et au centre », a-t-il exprimé.
Par ailleurs, le ministre malien ajoute que cette combinaison allait permettre d’aller vite et de sortir progressivement de la dépendance drastique de l’énergie thermique et d’accompagner le développement de façon territoriale. « Le deuxième aspect, c’est aussi de revoir le système de transport de l’énergie pour que cela puisse être livré efficacement aux utilisateurs. Tous les dispositifs sont mis en place pour qu’on puisse commencer la transformation de façon continue. L’idée, c’est que chaque KW que nous allons produire crée de la valeur ajoutée à l’économie de l’AES en général », a-t-il dit.
Quant au ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières du Burkina Faso, M. Yacouba Zabré Gouba, il a souligné que la question énergétique est une question qui évolue au cœur des politiques. « Nous avons orienté nos réflexions sur le mixte énergétique qui concerne à la fois le thermique, les énergies renouvelables, mais aussi l’hydro électricité. Sur le volet thermique, nous avons pu développer un certain nombre de centrales qui devront concourir à asseoir cette souveraineté. C’est au total plus de 414 MGW en thermique qui étaient installés pour accompagner cette industrialisation », a-t-il signalé.
Salima H. Mounkaila et Boubacar K. Nafissatou (Stagiaire)
