Le Niger subit régulièrement les affres des catastrophes naturelles (inondations, sécheresses, feux de brousse), qui affectent les personnes, les biens et l’environnement. Pour ce faire, un dispositif interministériel d’alerte et de sensibilisation a été mis en place en 2017 en application de la loi 2017-006 déterminant les principes fondamentaux de l’organisation de la protection civile en République du Niger.
Depuis sa création, ce dispositif, le Centre Opérationnel de Veille, d’Alerte et des Conduites de Crises (COVACC), produit et diffuse des messages d’alerte et de sensibilisation à l’échelle nationale. C’est dans ce cadre qu’une mission d’évaluation de l’impact des messages d’alerte a été menée du 28 novembre 2025 au 7 février 2026 par les membres du COVACC dans les huit régions du Niger. Cette mission visait à mesurer la connaissance, la réception et l’assimilation des messages d’alerte diffusés par le Centre Opérationnel de Veille d’Alerte et de Conduite de Crise (COVACC), sous l’égide du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire.

La méthode retenue a été une enquête par questionnaire, menée dans les 24 communes les plus affectées par les inondations de 2024 et 2025, soit 3 communes par région. L’échantillon est composé de :
- Autorités administratives (Préfet/SG, AD/SG) ;
- Populations ;
- Médias.
Les données ont été collectées via un formulaire électronique de KoboToolbox et stockées sur le serveur de la Direction des Nouvelles Technologies et de la Communication de la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC).
Les données de la mission montrent que 64,97 % de la population interrogée a entendu parler du COVACC. Aussi, 78,95 % de cette population estime que les messages de sensibilisation du COVACC sont clairs et utiles. Plus de 81 % des enquêtés se considèrent suffisamment informés et environ 83 % ont appliqué les conseils prodigués.
Au niveau des autorités locales, la plupart reconnaissent l’efficacité des messages et leur contribution à la réduction des risques d’inondation, tout en recommandant une meilleure adaptation des messages aux besoins locaux, notamment en les diffusant dans les langues locales et en multipliant les canaux de communication.
Les médias jouent un rôle essentiel dans la diffusion : 81 % ont relayé les messages à travers divers supports, couvrant des zones allant jusqu’à 100 km, et près de 70 % des médias enquêtés notent un impact positif sur la perception du public.
La population déclarait « trouver le message clair et compréhensible ». En ce qui concerne les canaux de diffusion, les réseaux sociaux sont cités par la plus grande proportion, suivis des radios, puis de la télévision. On constate également une très large adhésion à la mise en pratique des conseils des messages de sensibilisation, ainsi qu’au relayage de ces messages auprès d’autres membres de la communauté.

Cette évaluation constitue une base solide pour l’amélioration continue des stratégies de communication et de gestion des risques d’inondation au Niger. En effet, ces stratégies de communication contribuent à accroître la résilience de la population face aux risques d’inondation.
Les leçons tirées de la mission ont permis de formuler plusieurs recommandations. Pour le COVACC, on note le renforcement des dispositifs d’alerte, la diversification et la régionalisation des messages, le renforcement des ressources humaines et matérielles des services de protection civile, ainsi que l’implication accrue des radios communautaires et la création de relais féminins. L’utilisation des réseaux sociaux pour la diffusion des messages du COVACC semble également constituer une meilleure opportunité pour atteindre le plus grand nombre de personnes possible. Quant aux autorités locales, elles sont invitées à promouvoir des constructions durables, à améliorer la planification urbaine et à intensifier les campagnes de sensibilisation.
Capitaine ISSA Habou
Membre du COVACC
