Webinaire de formation des journalistes par la Fondation Merck en partenariat avec la Première Dame du Niger Mme Bazoum Khadidja : Les problèmes sociaux sanitaires doivent être au centre des préoccupations des medias

Société

La Fondation  Merck, en partenariat avec la Première Dame du Niger Mme Bazoum Khadidja, Ambassadrice de la campagne « Plus qu’une mère » de la fondation Merck au Niger a organisé mardi dernier une conférence virtuelle. Cette conférence, organisée pour des journalistes,  vise à mettre l’accent  sur le rôle important que jouent les medias pour influencer notre société afin de créer un changement culturel dans le but de briser la stigmatisation liée à l’infertilité, de mettre fin au mariage précoce, à la violence basée sur le genre, aux mutilations génitales féminines.

Des spécialistes sur les questions obstetrico-gynécologiques en l’occurrence Dr Oumara Maina, Gynécologue à l’Hôpital Général de Reference de Niamey, Dr Janita Neemul Bhujun , medecin psychiatre à l’hôpital Brown et Dr Tavisha Guness Bunjhoo  médecin communautaire  du Ministère de la santé et du bien-être, toutes deux de l’Ile Maurice et le Président de la Maison de la Presse du Niger M. Ibrahim Harouna ont animé l’atelier en ligne. Des exposés riches en enseignements qui ont duré plus de deux heures d’horloge.

Une visio-conférence qui a été une belle occasion pour la fondation Merck en partenariat avec la Première Dame du Niger, Ambassadrice de la campagne ‘’ plus qu’une mère’’ de lancer l’appel à candidature pour le prix de la Fondation Merck 2022.

Selon les explications du Dr Oumara Maina, l’infertilité affecte  autant les hommes que les femmes. En Afrique subsaharienne l’infection est la principale cause d’infertilité avec un taux de  85% chez les femmes. Non traitées, elles peuvent entrainer l’infertilité, c’est pour cela il est recommandé de faire des bilans réguliers et mieux consulter précocement  dès les moindres signes. De l’avis du spécialiste des facteurs essentiels ont une influence négative  sur la fertilité au sein du couple  notamment l’âge, le poids, l’alimentation, le tabagisme, l’environnement chez l’homme la qualité du sperme  est retenue comme principal facteur d’infertilité. Il explique : «  les spermatozoïdes sont très sensibles à la chaleur et aux toxiques environnementaux, le stress, le manque de sommeil, l’exposition professionnelle sont aussi des facteurs qui influent sur l’infertilité.

Des avortements, des accouchements à risques qui ne sont pas bien traités chez les femmes peuvent aussi être sources d’infertilité.  . Un message important c’est d’avoir une bonne alimentation, d’arrêter de fumer chez l’homme, la consommation abusive du tabac doit être réduite au maximum. Autres conseils, il faut éviter chez les hommes le port des habits serrés qui détruisent la cellule germinale chez l’homme. L’infertilité doit être un problème de couple ; le bilan  doit être fait à deux car aussi bien l’homme que la femme peut être responsable.

Le gynécologue a décrit la procédure de FIV, la (Fécondation In Vitro) qui est la méthode la plus efficace de la technologie de la Procréation Médicalement Assistée(PMA). C’est une méthode facile mais très coûteuse  pour contracter  une grossesse , pour traiter l’infertilité  et les problèmes génétiques. Il a donné des informations détaillées  sur l’ensemble du processus. Au Niger, avec l’appui de la fondation Merck, l’Hôpital General de Référence a acquis des appareils nécessaires pour commencer ces genres de traitement, mais il reste des outils complémentaires qu’ils attendent impatiemment pour débuter ces genres de traitement.

La stigmatisation sociale et psychologique

Selon Dr Janita Neemul Bhujun, médecin psychiatre à Brown(Ile Maurice), les attitudes oppressives et discriminatoires  qui émanent à la fois de la famille et de la société en général  causent des traumatismes mentaux et émotionnels  qui peuvent avoir  des répercussions psychologiques  durables sur les femmes. Les femmes stériles ont un faible soutien social, une forte pression socioculturelle pour avoir des enfants. Tous ces facteurs, selon elle, peuvent souvent conduire à la séparation ou au divorce et l’homme est encouragé à trouver une autre dont il pense qu’elle pourrait concevoir. La colère, la frustration, le manque d’estime de soi,  les difficultés financières  et le manque de soutien dans les cas d’infertilité  et de violence  sexiste peuvent contribuer à des problèmes comme l’alcoolisme, la toxicomanie…

De par ses explications, des études ont montré que les couples ayant des problèmes d’infertilité réelle ont des interactions sociales, particulièrement avec les femmes enceintes et les amis qui ont des enfants. Ces couples vivent la stigmatisation, le sentiment de perte d’identité. Une autre étude a démontré que les couples qui ne parviennent pas à concevoir  malgré les innombrables problèmes, éprouvent des sentiments négatifs, des déceptions causées principalement  par les efforts prolongés en termes de traitements couteux. Le traitement de l’infertilité est très élevé.

Pour faire face à la stigmatisation les counseling psychologiques  se sont avérés bénéfiques  tout au long du traitement, avec des interventions thérapeutiques. Les experts en fécondité sont de plus en plus conscients de l’importance des interventions éducatives pour répondre aux craintes et aux préoccupations, mieux les préparer  aux exigences du traitement

 Rôle des medias

Selon toujours ces spécialistes, le rôle des medias est capital, car ils font partie de notre vie et ont une énorme influence sur notre société. L’importance des medias augmente chaque jour en raison de la grande connectivité qui existe dans le monde entier. Ce sont les medias  qui peuvent influencer notre société pour créer un changement culturel. Ils ont un rôle important à jouer pour briser la stigmatisation liée à l’infertilité et aider à prévenir d’autres problèmes sociaux comme la prévention de la violence  sexiste à tous les niveaux, le mariage des enfants, les mutilations génitales féminines, la traite des personnes et le travail des enfants. Les médias doivent accroitre la sensibilisation aux lois relatives à la protection des femmes contre les violences familiales, le harcèlement sexuel, le harcèlement professionnel et le harcèlement mental…..

Et comme la communauté n’a pas une connaissance adéquate de l’infertilité et d’autres questions sociales, ce sont les medias par le biais de la Maison de la Presse du Niger qui est intervenu pour montrer le rôle combien de fois indéniable que peuvent jouer les radios communautaires . Ces radios qui sont implantées presque partout au Niger se doivent de prendre le relais et faire comprendre à la population du Niger que l’infertilité affecte les deux partenaires, leur fournir des informations correctes et les encourager à demander de l’aide, les sensibiliser aux options prometteuses de la Procréation Médicalement Assistée (PMA). Selon le Président du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse, Ibrahim Harouna, ces radios peuvent faire la promotion de la santé et l’éducation des femmes dans une tentative de prévenir la violence sexiste, les MGF et l’arrêt des mariages précoces et encourager les femmes à prendre soin de leur santé mentale. Pour Ibrahim Harouna, la radio est un outil de communication et d’animation  qui a pour but d’offrir des émissions de qualité répondant  aux besoins d’information , de culture, d’éducation , de développement et de divertissement de la communauté dont elle est issue  Le Président de la maison de la Presse d’expliquer qu’on doit miser sur les problèmes sanitaires et sociaux. Le choix des contenus des productions médiatiques est en grande partie, aujourd’hui guidé par le souci de la rentabilité et du profit ; Les managers des medias préfèrent optimiser la croissance économique au détriment de la mission régalienne de service public. L’information, la politique, la culture et autres sujets sérieux ne sont plus que des éléments parmi tant d’autres ; Dans ce cas les sujets relatifs  aux problèmes sanitaires et sociaux sont relégués au second plan. Ce sont, selon le PCA, les préoccupations des ONGs et autres. Il est important, de revoir  les programmes et les lignes éditoriales.

Par Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)