2ème conférence scientifique internationale sur le changement climatique : Pour une meilleure contribution de la recherche scientifique dans la lutte contre le phénomène en Afrique

Société

Niamey abrite depuis hier, les travaux de la deuxième Conférence scientifique internationale sur le changement climatique avec pour thème « Vulnérabilité et adaptation du secteur de l’agriculture face au changement climatique en Afrique de l’Ouest et au Sahel ». Pendant 72 heures, les experts et certains partenaires techniques du CILSS et du Centre régional AGRHYMET vont partager leurs expériences sur les questions de vulnérabilité ainsi que sur les stratégies d’adaptation dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la foresterie, des ressources en eau et de la pêche. La cérémonie officielle d’ouverture de la conférence a été présidée par le ministre de l’agriculture, M. Alambedji Abba Issa.

Le ministre de l’agriculture a expliqué que depuis la ratification de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, le 25 juillet 1995, le Niger s’est engagé à mettre en œuvre des actions de lutte contre les changements climatiques. D’où son rappel, de plusieurs documents nationaux élaborés par le pays dans le but de contribuer à la lutte commune engagée par les Nations du monde. « Malgré les efforts de l’Etat et de ses partenaires pour faire face aux changements climatiques, notre pays reste encore très vulnérable selon les différents indices standards dans le monde », a-t-il déploré. En moyenne 100.000 ha sont perdus chaque année du fait du changement. Pour le ministre Alambedji Abba Issa, cela est dû aux fortes précipitations et aux vents violents qui provoquent l’érosion du sol et la perte des terres arables, base de la production agro-sylvo-pastorale. Sans mesures d’adaptation appropriées, a-t-il poursuivi, les impacts climatiques vont sans doute continuer à compromettre les progrès en matière de développement et de lutte contre la pauvreté dans l’espace de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel où la vulnérabilité de tous les secteurs de productions et des personnes n’est plus à démontrer. « La compréhension de la vulnérabilité de nos écosystèmes et la promotion des bonnes pratiques constituent aujourd’hui un grand centre d’intérêt pour la région », a déclaré le ministre de l’agriculteur.

Pour les partenaires financiers et techniques du Comité inter-Etat de lutte contre la sècheresse au Sahel (CILSS), la 2ème conférence scientifique internationale sur le changement climatique offre l’occasion de faire une pause afin d’examiner, ensemble avec les parties prenantes, les réponses appropriées à la crise climatique dont les effets liés aux changements climatiques sont devenus évidents actuellement. Ces partenaires réitèrent leur engagement « total » à accompagner et soutenir la région pour la réalisation de son ambition climatique.

Mme Jo Lesser Oltheten, directrice de l’USAID-Niger et représentant du chef de file des partenaires techniques et financiers du CILSS, a relevé que les effets des changements climatiques « menacent la durabilité de nos investissements socio-économiques et notre existence ». Elle a rappelé que l’Afrique de l’Ouest et le continent africain en général, sont les zones les moins émettrices de gaz à effet de serre, mais qui sont malheureusement les plus exposées. Selon elle, la lutte contre les changements climatiques doit se faire via l’implication de la recherche scientifique et des décideurs politiques, et également avec les populations et les organisations.

Le changement climatique, a expliqué le Secrétaire exécutif du CILSS, M. Mahamadou Abdoulaye, est sans nul doute l’un des défis majeurs de ce 21ème siècle pour toute l’Humanité car il affecte tous les secteurs d’activités. « L’Afrique de l’Ouest et le Sahel, du fait de leur système de production basée essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles locales fortement tributaire du climat, sont parmi les régions du monde les plus soumises et les plus vulnérables aux effets de la variabilité et du changement climatique » a-t-il soutenu. 

M. Mahamadou Abdoulaye a demandé aux Etats, aux chercheurs et aux partenaires techniques et financiers de mettre l’urgence sur l’adaptation et sur le besoin crucial de solutions qui transcendent les secteurs du système, afin de construire un avenir plus résilient pour les populations locales. « La récente adoption par les ministres en charge de l’environnement et du climat de la CEDEAO de la stratégie climat pour l’Afrique de l’Ouest est la preuve de la volonté politique de la région de prendre en charge les défis du changement climatique par des actions collectives », s’est-il félicité. Il a conclu que le CILSS, bras technique de la CEDEAO et de l’UEMOA, s’investit dans l’organisation régulière de conférences scientifiques dans le cadre de sa mission pour « promouvoir la formation et la visibilité sur les acquis en matière de recherche scientifique sur le changement climatique, les impacts sur les humains et  l’environnement et sur les stratégies d’adaptation et d’atténuation en Afrique de l’Ouest et au Sahel ».

 Souleymane Yahaya(onep)