Créée le 25 avril 1955 avec une superficie de 76 000 ha, La Réserve Totale de Faune de Gadabédji est l’une des premières Aires Protégées de la région sahélienne à être officiellement protégée au Niger. Elle est la seule Réserve Totale de Faune au Niger, et même du Sahel située en pleine Zone Pastorale. L’objectif premier de cette réserve est la conservation des espèces fauniques sauvages à travers l’interdiction stricte de toute activité humaine non compatible avec les actions de conservation notamment la chasse, le pâturage illégal et le parquage des animaux.
Sa position charnière entre les régions de Maradi, Tahoua, Agadez et Zinder fait de cette réserve un lieu de convergence de tous les éleveurs du département de Bermo en particulier et de la région de Maradi en générale, mais également ceux des régions frontalières citées ci-haut, voire du Nigeria surtout pendant la période de soudure.
Conscient des enjeux et des défis auxquels fait face cette Réserve, et pour honorer ses engagements vis à vis de la communauté internationale, l’Etat du Niger à travers Le Ministère de l’Environnement à mis en place une Unité de gestion en février 2013.
Grâce aux multiples efforts déployés par l’unité de gestion couplés à la bonne gouvernance, la RTFG a acquis en juin 2017, le label international de Réserve de Biosphère du Programme « MAB » de l’UNESCO, portant ainsi sa superficie à 1 413 625 ha.



Du fait de sa richesse en diversité biologique, l’aménagement de la Réserve exige des solutions concertées permettant de concilier la conservation de la diversité biologique et son utilisation durable, mais aussi et surtout des activités de protection stricte. A cet effet, son statut actuel impose une gouvernance partagée avec les communautés et une configuration reprenant les trois zones exigées pour une Réserve de Biosphère à savoir :
- Une Zone de Protection Intégrale ou noyau central (76 000 ha) où aucune activité humaine n’est autorisée sauf celles qui concourent à la protection et à la conservation des ressources ;
- Une zone tampon (163 915 ha) : où les activités socio-économiques sont contrôlées et gérées de façon durable pour les générations présentes et futures ; Et
- Une Zone de transition (1 180 657 ha) : où les activités socio-économiques sont encouragées et accompagnées conformément à l’objectif de gestion.


Cette subdivision permet de prendre en compte les spécificités géographiques, le cadre socioculturel, les dispositions juridiques en vigueur ainsi que les contraintes locales. Elle facilite également des approches créatives, et c’est là l’un des points forts du concept de réserve de biosphère, qui permet d’intégrer les aires protégées dans des cadres plus larges.
Les Réserves de biosphère jouent trois (3) fonctions principales qui sont :
- Fonction de conservation : elle contribue à la conservation des paysages, des écosystèmes, des espèces et la variation génétique.
- Fonction de développement : qui encourage un développement économique et humain durable du point de vue socioculturel et écologique,
- Fonction d’appui logistique : qui vise à fournir les moyens de projet de démonstration et des activités d’éducation environnementale, de formation, de recherche et de surveillance continue sur les problèmes locaux, régionaux, nationaux et mondiaux, de conservation et du développement durable.
ATTAOU Moutari
RESCOM MEH
