L’artiste Madou (à droite) présentant un portrait à son sujet
Amadou Boubacar Amadou, alias Madou est un jeune artiste qui intéresse à plusieurs disciplines artistiques. Né le 1er janvier 2004 à Alloré, dans le département de Say, Madou est étudiant en troisième année d’informatique de gestion. Il est à la fois dessinateur portraitiste, slameur, graffeur et peintre évoluant dans le style hyperréaliste.
Attiré par l’art dès son jeune âge, il s’est d’abord illustré à travers le dessin. « J’ai commencé à dessiner comme la plupart des enfants à l’école primaire, mais c’est en 2020 que cela est devenu une véritable passion et aussi une source de revenu qui me pousse à améliorer constamment mon niveau. Le dessin, qui n’était au départ qu’un loisir d’enfant, s’est transformé avec le temps en un moyen de transmission de messages », explique Madou. « En 2022, j’ai fait la connaissance d’un grand graffeur nigérien, Éric Kruoch, qui m’a appris les bases de la peinture et du graffiti. J’ai ensuite intégré son groupe, Sahel Graffers, et participé à l’événement Jam Graffiti, ce qui m’a permis de progresser », ajoute-t-il.
Comme beaucoup d’artistes, Amadou Boubacar Amadou a rencontré plusieurs difficultés. « Les débuts ne sont jamais faciles. Mon principal obstacle était l’incompréhension de mon entourage, qui pensait que le dessin était réservé aux enfants. Il y a aussi le manque de matériel et de mentors spécialisés dans certains styles », confie-t-il. Malgré ces contraintes, le jeune artiste a créé, le 21 mars 2025, un club de dessin dénommé « Les Artistes du Sahel ». « Le club compte aujourd’hui une trentaine de passionnés qui, malgré les cours et les examens, trouvent le temps de travailler. Mon objectif est d’aider chacun à progresser et à trouver son propre style », précise-t-il.
Madou se réjouit également de sa contribution au développement du slam nigérien, une discipline qui lui a permis de voyager. « J’ai visité le Togo grâce au slam, où j’ai été invité à l’événement Lomé Slam Club organisé par Naziyr, ainsi que le Bénin sur invitation de l’artiste humoriste Barboza. À chaque occasion, j’ai présenté mon art du dessin, très apprécié, et ces voyages m’ont permis de découvrir l’évolution de l’art au-delà de nos frontières », souligne-t-il.
Le jeune artiste lance un message à l’endroit des passionnés de dessin. « Je conseille aux jeunes de se donner corps et âme à leur passion. Personne n’est inutile dans la vie, chacun a quelque chose à apporter au monde », affirme-t-il, avant d’inviter l’État à créer des écoles d’art et à faire venir des formateurs spécialisés pour encadrer les jeunes à travers des masters class.
Abdoussalam K. Mouha (ONEP)
