Atelier de validation du projet de plan d’action national de lutte contre la traite des personnes et l’esclavage : Vers l’approbation d’un deuxième plan de lutte contre le phénomène

Société
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Le président de la Commission Nationale de Coordination de Lutte contre le Trafic Illicite de Migrants, M. Moumouni Hamidou, a présidé le jeudi 9 dernier à Niamey, l’ouverture des travaux de l’atelier de validation du projet de plan d’action national de lutte contre la traite des personnes et l’esclavage.

Ce deuxième plan d’action soumis à l’appréciation des participants s’articule autour de sept (7) axes stratégiques. Le 1er axe à savoir l’amélioration du cadre juridique et institutionnel vise à promouvoir un cadre juridique et institutionnel conforme aux normes internationales et aux droits humains afin de permettre de protéger les victimes d’une part et de réprimer et prévenir de manière efficace la traite des personnes et l’esclavage au Niger. Le deuxième axe est celui relatif au renforcement du dispositif de prévention. Il s’agit ici de susciter une forte adhésion en faveur de la lutte contre la traite des personnes et l’esclavage au Niger d’une part et une prise de conscience accrue des risques du phénomène d’autre part de la part des communautés dans les régions du Niger.

Le troisième axe est relatif à la promotion de l’assistance et la prise en charge des victimes. Il s’agit d’assurer ici à une meilleure identification, une prise en charge adéquate et une assistance adaptée aux victimes de la traite et de l’esclavage. Le quatrième axe concerne la détection des trafiquants, les enquêtes et les poursuites. L’objectif est d’engager et mobiliser les acteurs de la chaine pénale à assurer un traitement judiciaire adéquat aux dossiers relatifs à la traite des personnes et l’esclavage, notamment grâce aux techniques spéciales d’enquête et de jugement. Quant au cinquième axe, à savoir le renforcement de la coopération et du partenariat, il vise à favoriser la synergie d’actions en matière de lutte contre la traite des personnes et l’esclavage à travers un cadre de partenariat et de partage d’expériences entre la CNCLTP/TIM, l’ANLTP/TIM et les autres acteurs (structures homologues, OSC et PTF).

Le sixième point concerne les études et capitalisation. Il s’agit ici de disposer des données fiables et désagrégées sur les réalités et défis en matière de traite des personnes et de l’esclavage. Le dernier axe de ce document est le suivi et évaluation de la mise en œuvre du plan. L’objectif est d’assurer la mise en œuvre du plan d’action de façon efficace et efficiente à travers un suivi permanent, une évaluation à mi-parcours en 2024 et une évaluation finale en 2026.

A l’ouverture des travaux, le président de la Commission Nationale de Coordination de Lutte contre le Trafic Illicite de Migrants a rappelé que cette commission a déjà élaboré un premier plan d’action national 2014-2018 adopté par le gouvernement par décret 2014 488 /PRN/MJ du 22 juillet 2014 et mis en œuvre par l’Agence Nationale de Lutte contre la Traite des Personnes et Trafic Illicite de Migrants. Selon lui, ce plan qui a constitué un outil de référence, une démarche ordonnée consistant à programmer et fédérer les interventions de différents acteurs pour leur donner la cohérence nécessaire à l’efficacité de la lutte était arrivé à son terme en 2018.

M. Moumouni Hamidou a indiqué que conformément à ses attributions, la CNCLTP/TIM a aussitôt organisé en mars 2019 un atelier de l’élaboration du deuxième plan d’action national. Malheureusement divers obstacles rencontrés par la Commission avaient empêché la finition de ce document. Après plusieurs échanges avec les partenaires, l’OIM a décidé de «nous accompagner en prenant en charge la tenue d’un atelier d’enrichissement précédé d’une journée de renforcement de capacité sur la GAR du 28 au 31 septembre 2021 à Dosso. Cet atelier nous a permis de revisiter la première mouture du projet de ce plan d’action et d’enrichir le document en tenant compte des droits de l’homme et les standards internationaux tout en ayant à l’esprit la gestion axée sur les résultats», a-t-il expliqué.

Auparavant, la Chargée de Protection à l’OIM, Mme Isabelle Vancustsem a rappelé que la traite des personnes est une réalité au Niger et la lutte contre ce phénomène est un combat que l’OIM Niger mène depuis son installation. Espérant que ce nouveau plan en discussion permettra de relever les défis auxquels le Niger fait face, la représentante de l’OIM a réitéré l’engagement de son organisation à appuyer l’Etat du Niger dans ses efforts à combattre la traite des personnes.

Mamane Abdoulaye(onep)