En suivant, sur certaines chaines de télévision étrangères, des reportages, documentaires, séries, émissions traitant d’enquêtes policières, investigations criminelles et des portraits de criminels, de crapules et autres personnages de basse extraction, on était loin de s’imaginer qu’un tueur en série opérait sous nos tropiques…rôdait dans les parages…sévissait dans nos murs.
Par contre, les fins limiers de la police judiciaire, eux, savaient qu’un meurtrier au sang-froid, un tueur en série de sang-froid, insoupçonnable et au profil atypique puisqu’il se présente comme un marabout avec tout ce que ce titre comporte comme responsabilité sociale, noblesse et grandeur, écumait la ville de Niamey.
Mais, en vérité, l’obscure érudition du « marabout » oscille entre la sorcellerie, les crimes crapuleux, les rituels sataniques, les incantations démoniaques, les psalmodies maléfiques, dont le sang humain est l’élément névralgique, les scènes sordides sur ses victimes qu’il prend soin d’égorger à ciel ouvert dans la périphérie de Niamey.
Toutes ces manœuvres macabres qui, finalement, confèrent à l’intéressé le statut de charlatan-tueur incontesté et incontestable sont planifiées et exécutées pour satisfaire une clientèle bien particulière…
Ce charlatan-tueur en série de Niamey a un nom : Mahamadou Noura.
Il a aussi un visage : en effet, filé, recherché, traqué jusque dans ses derniers retranchements comme un fauve, Mahamadou Noura fut capturé et présenté à l’opinion à travers les médias.
Toisant l’œil des caméras et les objectifs des appareils photos, goguenard et désinvolte, un faciès dégageant une incroyable insolence, Mahamadou Noura passa peu après aux aveux dans le silence de la salle d’interrogatoire de la Police Judicaire de Niamey.
Dimanche soir, le Procureur Général près la Cour d’Appel de Niamey a livré à l’opinion publique des explications sur cette affaire aux allures de rituels maléfiques.
Mahamadou Noura reconnait non seulement les faits mais a livré aux enquêteurs son mode opératoire. C’est ainsi qu’il a avoué avoir commis six (6) assassinats dont les corps des victimes ont été retrouvés dans l’arrondissement communal Niamey 5, communément appelé rive droite, et reconnait être l’auteur de la tentative d’assassinat de Ibrahim Ousseini qui, Dieu veillant quelque part, a pu échapper à une boucherie certaine.
Le mode opératoire du charlatan-tueur en série est glaçant : Il consiste à user de ruses pour attirer ses victimes sur les lieux des crimes, où il les drogue avant de les ligoter puis, extrême sacrilège…les sodomise.
Une fois évanouies, il les étrangle avec une corde ou les égorge pour …recueillir le sang !
Pour l’heure, a expliqué le Procureur Général près la Cour d’Appel de Niamey, toutes les personnes que le charlatan-tueur en série Mahamadou Noura a citées ont été interpellées et entendues.
Dans tous les cas, pour des faits d’une telle gravité, il est impératif que l’enquête soit menée avec la plus grande célérité, loin de toute passion, polémique et agitation stériles. A ce sujet justement, le Procureur Général près la Cour d’Appel de Niamey a été clair et péremptoire : « le parquet étant le garant de l’application de la loi restera ferme pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire et ce, pour la sauvegarde des droits de tous, mis en cause et victimes ».
Moustapha Alou (ONEP)
