Moustapha Alou
Il y a quelques jours, à Strasbourg, là-bas en France, dans une salle clairsemée, pour ne pas dire quasiment vide, ce qui tient lieu de parlement à l’Union Européenne a, dans ce qui semble être une résolution, introduite par un député francais, exigé la libération immédiate et sans condition de l’ex-Président, « le principal partenaire des forces européennes au Sahel », déchu par les Forces de Défense et de Sécurité aux premières heures du 26 Juillet 2023 alors que beaucoup de ces Eurodéputés étaient encore dans les bras de Morphée.
Le réveil a donc été brutal pour la France, ses complices et compagnons d’infortune qui, depuis presque trois ans, n’en démordent pas pour en découdre avec le Niger nouveau, le Niger libre et souverain, le Niger débarrassé de tout diktat néocolonialiste.
L’objectif de la France et ses affidés est, sans aucun doute, de libérer leur allié objectif, poli, discipliné et obséquieux à tous égards, puis le remettre en selle, c’est-à-dire dans ses fonctions présidentielles. Quelle rêverie ! Quel toupet !
Depuis le 26 Juillet 2023, la France qui vient de perdre « un allié fidèle » qui est par-dessus le marché un « allié clé de l’Europe », s’est vue subitement dans l’âme d’une rédemptrice capable de manœuvrer par tous les moyens, militaires surtout, pour permettre, à travers une ingérence armée, une intervention militaire somme toute, à un ex-président mal-en-point, qui lui obéissait au doigt et à l’œil, de retrouver son pouvoir, comme elle l’a fait au Gabon en février 1964 lorsque son pantin Léon MBa, Président de la République du Gabon, fut renversé par un groupe d’officiers de l’armée gabonaise.
Les parachutistes français, avec naturellement une complicité active de l’intérieur, l’onction de l’Elysée, ont, après un raid, rétabli le pouvoir de Léon MBa.
Quelques années plus tard, le 21 Septembre 1979, la France revient encore à la charge, comme elle le fait chaque fois que ses intérêts sont en périls, à travers l’opération Barracuda au cours de laquelle des détachements de parachutistes français débarquèrent à Bangui, la capitale de la Centrafrique, pour renverser le Président Bokassa qui n’est plus en odeur de sainteté avec ses « anciens maîtres » et le remplacer par le non moins ancien Président de la République David Dako renversé par ….Bokassa quelques années auparavant.
Ces deux pays ont un dénominateur commun : les richesses de leurs sous-sols que la France exploite à satiété.
Ainsi donc, de la force en attente de la CEDEAO brandie contre notre pays, en passant par l’autorisation de bombarder le Niger accordée par des apparatchiks du régime déchu quelques minutes avant qu’ils ne quittent le Niger par des voies clandestines et qui aujourd’hui perçoivent de la « lumière » en Europe, et toutes ces manœuvres militaires et terroristes sous-bois au Bénin tant de fois évoquées par le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, ont pour objectif d’agresser notre pays avant la fin du mandat du Président déchu et faire possiblement un remake de Libreville ou Bangui.
Mais, parce que le Niger n’est pas le Gabon, le Niger n’est pas non plus la Centrafrique, que la France, ses vérandas sous-régionales et l’Union européenne se le tiennent pour dit : Si une agression devait être entreprise contre nous, elle ne sera pas la promenade de santé à laquelle ils veulent croire.
En effet, les agresseurs et imposteurs d’où qu’ils viennent, trouveront en face d’eux 27 millions de Nigériens, « les dignes fils de Dounama Dibblami, Idriss Alaouma, Mohamed Kosso, Souleymane Dan Timtouma, Amadou Tanimoun Kouara Daga, Ousmane Dan Fodio, Kaocen, Alpha Maman Diobbo, Dans Kassaoua, Akazama, Oueri Manto, Mali Béro, Sonni Ali ber, Kaocen… ».
Que les Nigériens se rassurent, fortes du soutien de la Confédération des Etats du Sahel, avec l’aide des frères du Burkina Faso et du Mali, les forces de défense et de sécurité ne se déroberont pas.
Moustapha Alou (ONEP)
