Le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a procédé, hier 3 août 2026 à Kouroungoussaou, dans la région de Maradi, commune de Chadakori, au lancement officiel de la Journée Nationale de l’Arbre (JNA) dans la forêt classée «Sultan Babari Dan Soba de Gobir». Arrivé tôt dans la matinée, le Chef de l’Etat a été chaleureusement accueilli par les autorités militaires et civiles ainsi que la population qui était massivement sortie le long de la voie principale qui mène au site.
Cette année, 15 650 plants d’espèces locales à haute valeur socioéconomique et écologique seront plantés sur ce site d’une superficie de 50 hectares. Le Neré est l’espère phare retenue. Le site est équipé, entre autres, d’une clôture grillagée ; d’un système d’irrigation d’appoint constitué d’un Poste d’Eau Autonome d’une capacité de production journalière de 70 mètres cubes ; de deux forages d’une profondeur respective de 103 et 139 mètres ; d’un réservoir en acier inoxydable d’une capacité de 30 mètres cubes ; d’un champ solaire de 10 500 watts-crête, de dix bassins de stockage d’une capacité de 5 mètres cubes chacun.
La journée du 3 août revêt également une dimension historique et mémorielle particulière puisqu’elle est consacrée à la journée des martyrs de la colonisation et de la lutte contre la désertification.

Le Chef de l’État a donné le coup d’envoi du reboisement de la forêt classée de Kouroungoussaou, en mettant en terre solennellement son plant de néré. Aussitôt cet acte accompli, les membres du CNSP, du gouvernement et du corps diplomatique emboîtent le pas au Chef de l’Etat. La Journée Nationale de l’Arbre a vu également la participation de deux hôtes de marque venus du Mali et du Burkina Faso. Il s’agit respectivement de Mme Doumbia Mariam Tangara, ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement, et du Commissaire Divisionnaire de police Mahamadou Sana, ministre de la Sécurité du Burkina Faso.
Avant de donner le coup d’envoi de la mise en terre des plants sur l’ensemble du territoire national, le Chef de l’État a tenu à remercier les populations de la région de Maradi pour l’accueil qu’elles lui ont réservé. Siamois inséparables du fait de leur histoire commune au fil des siècles, le président de la République Abdourahamane Tiani a rappelé aux populations du Gobir et du Katsina l’histoire vieille de plus de mille ans qui les unit. Par ce rappel historique, le Chef de l’État a souligné aux deux sultanats qu’au cours de cette période de plus de dix siècles, l’histoire a révélé qu’il n’y avait eu que cinq conflits les ayant opposés. Par cette révélation, le Chef de l’Etat a tenu à mettre en exergue l’exceptionnalité de ce lien qui a su transcender les époques, les différences ethniques ou religieuses et qui a fait d’eux des frères qui se complètent et vivent en harmonie. Aussi, il les a surtout exhortés à éviter et à s’éloigner de tout ce qui pourrait mettre à mal ce lien entretenu depuis des siècles par leurs prédécesseurs et de promouvoir la paix et la cohésion sociale entre le Katsina et le Gobir.

Ce cours magistral du Chef de l’État a impressionné plus d’un. En effet, les populations qui l’écoutaient étaient émerveillées de l’entendre raconter sans aucun aide-mémoire l’histoire glorieuse de leurs ancêtres. La maîtrise exceptionnelle de la langue et de certaines expressions non courantes a suscité des applaudissements et des commentaires positifs des « maradawa ».
Le Chef de l’Etat a rappelé les quatre objectifs que s’est fixés le Conseil National pour la Sauvegarde de Patrie à son avènment au pouvoir, dont le premier est la lutte contre l’insécurité qui assaille le pays. Sur ce point déterminant, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a rappelé que des oiseaux de mauvais augure avaient prédit le chaos et le désordre au Niger en l’espace d’une semaine. « Je ne dirai pas que la sécurité est revenue à 100%, mais dans le Gobir et le Katsina, il y a un lendemain meilleur », a-t-il déclaré. Il a surtout martelé que les Nigériens qui attendent une délivrance d’ailleurs ont oublié l’histoire et les sacrifices d’Amadou Kouran Daga ou de Masallatchi qui se sont insurgés contre la pénétration coloniale jusqu’au sacrifice ultime. Il a notamment fustigé l’atrocité et les traitements inhumains qu’avaient subies les populations d’antan par les colonisateurs pour asseoir leur domination.
Evoquant la préservation des ressources minières du Niger, le Chef de l’État a expliqué que, dès leur prise de pouvoir, la conduite à suivre était simple : les ressources du peuple sont pour le peuple. « Tout le monde est témoin que c’est ce que nous appliquons. Toutes les unités industrielles nouvellement créées dans le Gobir et le Katsina, nous les surveillons de près. Nous avons même créé une société d’exploitation d’or dénommée Mazoumawa pour nous rappeler de Mazoumi. D’ici 2027, nous espérons commencer une exploitation autonome sans partager la production avec qui que ce soit », a-t-il déclaré.
Le Président de la République a exhorté la population au travail de la terre, notamment en cette ère d’innovation, de mécanisation et de développement de multiples techniques culturales qui rendent le travail de la terre plus souple. C’est pourquoi, il a souligné la réussite du périmètre irrigué de Djiratawa qui produit du riz local dans le cadre du Programme Grande Irrigation. « Depuis notre arrivée, qui nous a une fois vus tendre la main ? Nous sommes aujourd’hui convaincus que nous pouvons atteindre notre autosuffisance alimentaire. Et nous allons y arriver. La saison pluvieuse s’annonce bonne et les céréales seront beaucoup plus accessibles », a-t-il souhaité.
Le Chef de l’État a par ailleurs annoncé plusieurs projets sectoriels qui sont en cours de réalisation pour améliorer le quotidien et les conditions de déplacement des Nigériens à travers le pays. Il a explicitement cité le projet de réhabilitation de la route Maradi-Zinder lancé le 1ᵉʳ août mais aussi le projet du chemin de fer Kano-Katsina-Maradi, ainsi que l’amélioration de la desserte en eau à travers la construction de plusieurs forages. Il a aussi évoqué la construction du pipeline Nigeria, Niger et Algérie qui va générer de l’emploi le temps des travaux et la construction d’une centrale électrique de 600 mégawatts à Salkadamna. Un projet qui permettra de mettre fin au problème d’électricité du pays.

Au cours de cette cérémonie, le Président de la République a décoré plusieurs personnalités qui se sont distinguées dans leurs domaines de compétence et pour services rendus à la nation. Ces personnalités sont issues des domaines de la défense/sécurité, l’environnement, des mines, de la santé, de l’éducation et du commerce.
De même, il a été procédé à la remise des prix du concours national sur la lutte contre la désertification, édition 2026. Ainsi, le 1er prix ou Prix du Président de la République, doté d’une enveloppe de trois (3) millions de francs de CFA a été remporté par Mme Akka Rabo de la région de Dosso; le 2è prix ou Prix du Premier ministre, doté d’une enveloppe de deux (2) millions de FCFA est allé à M. Sidi Ousmane de la région de Zinder tandis que le 3è prix ou Prix du ministre de l’Environnement, de l’hydraulique et de l’Assainissement doté d’une enveloppe d’un million de FCFA a été remporté par Elh Laouali Chaibou de la région de Maradi.
Hamissou Yahaya (ONEP), envoyé spécial
