Grâce à un meilleur recouvrement des taxes, la Commune a initié des investissements au profit des populations
Le gouvernement du Niger a initié un travail de mobilisation des ressources fiscales locales pour assurer le fonctionnement des services sociaux de base. Entre 2023 et 2025, 44 communes des régions de Tahoua, Diffa et Agadez ont reçu un accompagnement du gouvernement, en collaboration avec l’UNICEF, pour la période 2023-2027. Avec l’appui des services techniques déconcentrés de l’État, les communes ciblées ont pu assurer une mobilisation accrue des ressources fiscales domestiques, allant jusqu’à un taux de 100 % de mobilisation. C’est le cas de la commune urbaine de Mayahi, auparavant déficitaire, qui a su redresser son économie à travers une mobilisation efficace des ressources fiscales locales. En effet, grâce à la mobilisation de ces ressources, les services essentiels, notamment l’éducation, la sécurité et la santé, ont été améliorés au grand bonheur des populations.
La commune de Mayahi couvre une superficie de 6 500 km². Elle est limitée à l’Est par la commune d’Isawan et de Kanan Bakaché, et au nord par celle de Meyréré et de Tchaké. À l’Ouest, la commune est limitée par le village d’Attantané et au sud par la commune de Sarkin Haoussa. Avec une population d’environ 110 000 habitants, la commune compte 65 villages administratifs et plus de 150 hameaux. L’économie de cette commune est surtout basée sur l’agriculture et le commerce. Cependant, malgré les potentialités économiques, le paiement des taxes et impôts n’était pas au centre des préoccupations des populations riveraines, ce qui a plongé la commune dans une léthargie économique.

Cette question de mobilisation des ressources fiscales des collectivités territoriales décentralisées a fait d’ailleurs l’objet d’un atelier organisé par la Direction générale de la décentralisation et des collectivités territoriales en collaboration avec l’Unicef, du 4 au 6 mars 2026. Invité à cet atelier qui s’est tenu à Niamey, l’ancien maire de la commune de Mayahi, de mai 2021 à avril 2024, M. Maazou Dan Makka, a rappelé, en ce qui concerne cette entité, qu’il a fallu user de moyens efficaces et associer tous les décideurs pour mobiliser les ressources fiscales et assurer ainsi le fonctionnement des services sociaux de base. « À notre arrivée, nous avons trouvé des problèmes sur tous les plans. Le maire que nous avons trouvé m’a dit que l’impôt n’était pas payé. Et moi, le seul village qui m’a amené l’impôt après mon installation a apporté 131 000 F CFA. Voilà un premier défi, un problème auquel il fallait trouver une solution », a-t-il expliqué. Le second défi qu’il fallait relever est la mobilisation des ressources liées à l’eau. « La commune urbaine de Mayahi disposait à mon arrivée de plus de 24 installations, mais dans les deux comptes destinés aux versements des fonds de l’eau, nous avons trouvé 128 000 F CFA. Cela est aussi incroyable. Là également, j’ai cherché à comprendre quel était le problème », a-t-il déploré.
Outre ce problème, il y avait celui du marché, a ajouté l’ancien maire. Un marché qui, a-t-il dit, ne rapportait presque rien en termes de ressources pour la commune. « 150 000 F CFA, c’est la somme que j’avais reçue comme fonds générés par le marché », a-t-il dit.

Pour insuffler une nouvelle dynamique à l’économie de la commune, l’ancien maire, M. Maazou Dan Makka, a indiqué avoir initié une série de rencontres aussi bien avec les leaders traditionnels qu’avec les différents acteurs de la commune pour leur faire part de ses attentes. « À l’issue de la rencontre, j’ai exigé de chacun que la collecte des taxes et impôts se fasse dans le respect des règles et que les ressources soient versées dans les comptes destinés à cet effet. Parallèlement, j’avais à mon niveau un registre dans lequel je notais tout ce qui entrait dans le compte. C’est en situant les responsabilités que nous avons pu relever les défis », a-t-il expliqué.
En effet, M. Maazou Dan Makka, a dû apporter quelques aménagements afin de faciliter le paiement des impôts et taxes aux populations. Ainsi, la taxe de voirie, qui était de 1 500 francs, a été ramenée à 1 000 F, et la taxe municipale de 800 F à 700 F. « C’est ainsi que nous avons procédé, et avec les agents collecteurs dont nous avons augmenté le nombre, nous avons pu assurer le recouvrement de l’impôt. Avant la fin de l’année, nous avions atteint un taux de 99 %. Par exemple, pour le marché, nous sommes passés de 150 000 F CFA à plus de 800 000 F CFA par mois. C’est ainsi que nous avons pu mobiliser les ressources fiscales locales. Cela n’a pas été facile, mais grâce à notre détermination et aux différents appuis, nous avons pu sensibiliser les populations et leur faire comprendre l’importance de payer les impôts et taxes pour le développement de la commune », a-t-il affirmé avec fierté.
Concernant la taxe de voirie, elle était perçue au niveau des trois(3) quartiers de Mayahi, auprès de 2 685 personnes imposables en raison de 1000 FCFA, soit environ 2 685 000 FCFA. Et pour la taxe municipale perçue au niveau des villages administratifs, quartiers et hameaux de la commune, elle provenait de 39 086 personnes imposables en raison de 700 FCFA, ce qui représentait 27 360 200 FCFA.
Assurer le fonctionnement des services sociaux de base
« Par le peuple et pour le peuple », c’est dans cette logique que les ressources fiscales locales mobilisées dans la commune de Mayahi ont été utilisées. D’après les propos de l’ancien maire, cela a permis de réaliser plusieurs actions visant à améliorer les conditions de vie des populations. « Nous avons investi en fonction des priorités », a-t-il précisé. Ainsi, la première réalisation a permis de sécuriser le bétail. « Par exemple, pour les animaux, la fourrière où ils sont gardés n’était pas clôturée. Nous avons jugé important de faire une clôture pour sécuriser le cheptel et recruter un gardien pour assurer la surveillance », a-t-il rapporté.
Les ressources fiscales locales ont également permis de construire une clôture pour la mairie et un local pour le gardien. Dans le domaine de l’éducation, d’importantes réalisations ont aussi été faites, notamment la construction de deux classes. « Nous avons aussi doté les districts sanitaires en produits pharmaceutiques et autres produits de première nécessité. Nous avons fait des installations et réparé toutes les pannes que nous avons trouvées. Nous avons aussi recruté des bénévoles pour garder les écoles et l’hôpital, et mis à la disposition de l’agent de l’environnement les moyens nécessaires pour effectuer des contrôles dans la commune », a-t-il ajouté.
Rahila Tagou (ONEP)
