Coûts du transport urbain à Niamey : Les conducteurs des taxis et les clients en parlent

Société

De 100 FCFA il y a quelques années puis 200 FCFA, aujourd’hui la course de taxi dans la capitale se négocie en fonction de la distance des quartiers. La situation dont se plaignent certains clients s’explique selon d’autres acteurs notamment les membres des syndicats des conducteurs de taxi par la cherté du prix de carburant à la pompe et aussi la dégradation des voies dans la ville.

Selon le Secrétaire général du Syndicat National des conducteurs de Taxi  du Niger (SYNACOTA), Elhadji Ousmane Chaibou, les tarifs des courses de taxi sont liés à plusieurs facteurs. Il s’agit entre autres de l’extension de la ville de jour en jour avec une population galopante qui a favorisé la création de plusieurs nouveaux quartiers. Aussi, ajoute-t-il au niveau de ces quartiers, les voies sont impraticables, certains endroits sont sablonneux, pire le carburant est cher.  « Et ce sont tous ces facteurs qui font  en sorte que le transport par les taxi devient de plus en plus  cher. Officiellement, le prix de la course de taxi est toujours 200 FCFA.  Il n’a pas changé, mais c’est un prix aussi discutable », indique-t-il.

Elhadji Ousmane Chaibou a précise qu’auparavant  dans les années  1979, quand il a commencé le métier de taximan,  le nombre de taxi à Niamey était autour de 400 et à cette époque, la ville n’était pas grande. Mais aujourd’hui, que la ville de Niamey a complètement changé c’est normal que le prix  de la course de taxi augmente aussi. 

« Regardez du quartier de Bobiel jusqu’à Wadata, vous ne pouvez pas dire à un taximan de vous amener à 200 FCFA, alors que la distance est très longue surtout avec nos  routes qui ne sont pas bonnes avec  des nids de poule partout sur les voies et pire le carburant qui coûte cher »,  déplore-t-il.

Pour le Secrétaire général du Syndicat National des conducteurs de Taxi du Niger (SYNACOTA) chaque année, le conducteur de taxi paye une taxe communément appelée « patente »  qui tourne autour de 60.000FCFA au lieu de  50.000FCFA les années passées ;  il y a aussi les versements faits à la caisse de sécurité sociale ; l’assurance  qui est trop chère ; le numéro de portière à 4500 FCFA chaque mois au niveau de la mairie etc. « On n’a jamais eu de problème avec la mairie mais ce qui est qui est vraiment regrettable, c’est au niveau des compagnies d’assurance. En cas d’accident au lieu de dédommager très vite  la personne pour qu’elle répare sa voiture afin de travailler sans plonger dans le chômage, le délai d’attente est de fois de plus de 3 ans sans être dédommagé, alors que l’on paye très cher l’assurance », s’indigne Elhadji Ousmane Chaibou. Face à cette situation, il lance un appel à l’endroit des autorités afin de prendre des mesures de réduction du prix de l’essence. « Si le prix du carburant diminue, les tarifs des courses de taxi, le transport de marchandises et les coûts des prix des denrées alimentaires vont aussi diminuer », affirme-t-il. 

De son côté, Adamou Halidou, un conducteur de taxi sur la ligne Harobanda qui  exerce ce métier depuis 1992 invoque aussi plusieurs facteurs. « Avant le tarif de taxi était fixe mais aujourd’hui c’est discutable en fonction de la distance. C’est uniquement les taxi qui sont sur des lignes comme celle de Harobanda, Boukoki, Bassora qui ont un tarif fixe », souligne-t-il.

 « Si un client t’arrête pour te demander de le déposer à un lieu, tu lui fixes automatiquement, un prix en fonction de la distance comme ça vous discutez », dit-il.  Cela est dû à la cherté de la vie et  il y aussi le carburant qui coûte cher ainsi que les voies qui sont impraticables.

« Avant  c’est parce que l’essence coûtait moins cher que l’axe Harobanda était à 200FCA, mais maintenant avec le litre de l’essence qui goute 540FCFA à la pompe, la course est  maintenue à 300FCFA ;  mais pour aller  vers la sortie c’est 500 FCFA», indique-t-il. 

Pour sa part, Issoufou Boubacar, un client rencontré vers le quartier Francophonie déplore le fait que la course de taxi coûte chère. « Actuellement, il n’y a pas de course de 200 FCA. Moi, à chaque fois je prends le taxi à 400FCFA voire plus. Pire même dans la matinée pour venir à l’heure au travail, il faut débourser 750FCFA voire 1000FCFA sinon on risque de venir en retard », explique-t-il. Aussi Issoufou Boubacar lance un appel aux autorités afin qu’elles prennent des mesures idoines pour règlementer le tarif du transport de taxi à Niamey.

Yacine Hassane(onep)