Economie : Présentation publique des perspectives économiques régionales pour l’Afrique Subsaharienne

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Le Représentant-Résident pour le Niger du Fonds Monétaire International, M. Rasmane Ouedraogo a procédé, le vendredi 26 novembre dernier en présence du ministre des Finances, à la présentation publique du document sur les perspectives économiques régionales pour l’Afrique Subsaharienne. La dernière version qui est éditée deux fois par an porte le titre «Une planète, deux mondes, trois réalités». Bien que les différentes crises qui assaillent cette partie de l’Afrique compliquent davantage les politiques monétaires des dirigeants, avec une légère hausse de l’inflation moyenne de cette année, les experts du FMI s’attendent à un fléchissement de cette dernière en 2022 conditionné à la disparition des déséquilibres provoqués par la pandémie de COVID-19 et à une modération des cours des produits de base.

M. Rasmane Ouedrago a expliqué, lors de la présentation du document, que l’Afrique, au même titre que les autres parties du monde, doit être une partie intégrante des solutions envisagées dans le cadre de la résolution des crises de la COVID-19 et du réchauffement climatique. Dans le document présenté, a-t-il indiqué, la croissance de l’Afrique Subsaharienne devrait s’établir à 3,7% en 2021 avant d’atteindre 3,8% en 2022. Ce rebond plus que bienvenu, explique-t-il, découle pour l’essentiel d’une nette embellie du commerce mondiale et des cours des produits de base. Des récoles favorables ont aussi contribuées à augmenter la production agricole.

Les experts du FMI font savoir que les perspectives demeurent extrêmement incertaines et qu’elles risquent d’être révisées à la baisse. «La reprise dépend notamment, disent-ils, du rythme de la pandémie mondiale et de la campagne de vaccination dans la région. Elle est aussi exposée aux perturbations de l’activité mondiale et des marchés financiers». Pour illustrer ces incertitudes, les experts citent les différences d’accès aux vaccins qui existent entre l’Afrique Subsaharienne et les pays dits «avancés», de même que les disparités manifestes dans les mesures publiques de soutien.

Le Représentant-Résident du FMI, M. Rasmane Ouedrago revient aussi sur les trois réalités citées dans le titre du document. Il s’agit en premier lieu des disparités et des inégalités à l’échelle mondiale qui transparaissent entre pays subsahariens et entre ces derniers et les pays développés. «Les dirigeants (NDLR : Subsahariens), sont confrontés à trois enjeux budgétaires majeurs : répondre aux besoins urgents de dépenses de développement de la région, maitriser la dette publique, et augmenter les recettes fiscales dans un contexte où des mesures supplémentaires sont en général peu appréciées», dit-il. La dernière réalité est relative à l’importance de la solidarité et de l’aide internationale liée à la crise du COVID-19, d’où la proposition du FMI de vacciner «au moins 40% de la population totale de l’ensemble des pays d’ici à fin 2021 et 70% d’ici au premier semestre de 2022».

La présentation a été suivie d’échanges sur plusieurs thèmes touchant à l’économie du Niger et la politique monétaire de l’UEMOA et de la CEDEAO, de même que sur les enjeux de la ZLECAf et le soutien aux petites et moyennes entreprises du Niger.

Le ministre des Finances qui a suivi la présentation et l’ensemble des échanges a apporté des précisions sur les actions menées par le Gouvernement du Niger et sur les projets qui seront mis en œuvre incessamment pour soutenir l’économie et renforcer la résilience, surtout des petites et moyennes entreprises. M. Ahmat Jidoud a indiqué que le Niger a opté pour la diversification de son économie et de ses partenaires. Il a aussi souligné que le pays a toujours été un bon élève pour ce qui est du respect des règles édictées par les institutions financières internationales et régionales.

 Souleymane Yahaya(onep)