Entretien avec le Secrétaire Général de la Fédération Nigérienne des Sports pour Sourds et Malentendants (FENISOM) : «L’activité sportive est un moyen pour la dynamisation, l’épanouissement, la socialisation et la promotion des jeunes sourds, un atout politique d’insertion sociale», déclare M. Seini Abdourahamane

Sport
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Monsieur le Secrétaire Général, veuillez nous présenter votre fédération à travers notamment sa vision, ses objectifs et ses domaines d’intervention ?

Je vous remercie tous d’abord de l’attention accordée à la Fédération Nigérienne des Sports pour Sourds et Malentendants (FENISSOM). C’est un grand plaisir pour moi de parler ici de la Fédération Nigérienne des Sports Pour Sourds et Malentendants (FENISSOM). Notre fédération a vu le jour le 13 août 2020. C’était au départ une Association Sportive pour Sourds du Niger (ASSN) créée en 2004 et transformée en fédération, à l’image de la Fédération Nigérienne des Sports pour Personnes Handicapées (FENISPHA) la structure faitière principale. Elle a pour mission l’organisation, la promotion et le développement de la pratique du sport adapté pour les personnes sourdes et malentendantes au Niger. Sa vision est de faire du sport un outil de développement et de lutte contre le chômage et la pauvreté au profit des personnes sourdes et malentendantes au Niger.

La FENISSOM s’est fixée comme objectif le contrôle de la pratique sportive des structures affiliées ; l’animation des structures chargées de son encadrement (Clubs, Districts, Ligues) et la lutte contre la discrimination raciale, ethnique, religieuse et celle liée au genre. A cet égard, elle intervient dans tous les domaines et activités sportifs concernant les personnes handicapées en général et les personnes sourdes et malentendantes en particulier.

Qu’est-ce qui a motivé la création de cette fédération ?

Plusieurs raisons ont motivé la création de la FENISSOM. D’abord il y’a la volonté de développer plusieurs types de sports chez les personnes sourdes au Niger. Avant la transformation de l’ASSN et FENISSOM, nous disposons de quatre clubs (4) sportifs en football, en taekwondo, en athlétisme (course de vitesse, endurance) et en basketball. Par manque d’encadrement et d’appui technique, certains clubs ont été contraints de disparaitre à l’exception du football et du taekwondo.

Ensuite, il y’a la volonté des sourds de participer à l’image des autres fédérations et associations sportives à accompagner et soutenir les actions gouvernementales en matière de pratique sportive adaptée aux besoins de personnes handicapées car la pratique du sport de qualité constitue une des priorités du gouvernement.

Et enfin, il y’a la volonté de créer de clubs sportifs incluant le genre (homme et femme), car nous sommes convaincus que nous serons en mesure de contribuer au développement du pays grâce à notre participation. On peut par exemple représenter le pays à des rencontres sportives nationales et internationales de haut niveau.

Quels sont vos rapports avec les autres structures sportives des personnes handicapées et avec les autres fédérations sportives ?

On peut dire, qu’au Niger nous sommes regroupés autour d’une seule fédération, la FENISPHA et qui contrôle et accompagne toutes les fédérations sportives pour personnes handicapées. La FENISSOM a déjà son affiliation à l’Union sportives des Sourds de l’Afrique de l’Ouest (USSAO). Actuellement, nous sommes en train de nous préparer pour nous affilier au Comité National Paralympique, à la Confédération Africaine de Sports Paralympiques, à la Fédération Internationale du Sport pour Sourds et à toute autre organisation ou Fédération poursuivant les mêmes buts.

Votre fédération projette d’organiser une activité de football pour sourds. Pouvez-vous nous dire plus sur cette activité ?

La FENISSOM projette d’organiser la 1ère édition du tournoi interrégional des sourds du Niger qui se tiendra du 17 au 21 de ce mois à Niamey. C’est un championnat jamais organisé depuis la création de l’ASSN et sa transformation en FENISSOM. Ce championnat sera l’occasion pour les équipes des 8 régions du pays de se rencontrer sur un même terrain pour discuter la coupe nationale prévue à cet effet. Un comité technique sélectif sera mis en place pour sélectionner les meilleurs joueurs et monter l’équipe nationale représentative du Niger aux compétitions nationales et internationales.

Qu’est-ce qui a motivé cette initiative ?

L’idée est née du souci de recadrer les contextes de la pratique du sport des personnes handicapées en général et les personnes sourdes et malentendantes en particulier ainsi que les attributions des fédérations Sportives au Niger. Aussi, la Fédération Nigérienne des Sports pour Sourds et malentendants (FENISSOM), principal levier de développement du sport pour sourds et malentendants au Niger, a initié un championnat National de jeunes sourds dénommé : «Tournoi interrégional des Sourds du Niger ».

Ce Championnat a pour but de favoriser le brasage des jeunes sourds, sans distinction de race, de genre, de religion ni d’appartenance politique en s’attelant à relever les défis tels que la création d’une équipe nationale ; l’autofinancement et la pérennisation des compétitions de jeunes sourds ; la détection des talents, l’aiguillage et le suivi des jeunes qui se distinguent au football d’élite.

Avez-vous déjà réalisé d’autres activités ? Quelle appréciation faites-vous de l’intérêt accordé à ces activités sportives par les concernés ?

La Fédération Nigérienne des Sports Pour Sourds et Malentendants a auparavant mené des multiples activités qui l’ont amené à l’extérieur du pays (Ghana, Mali, Mauritanie, Côte d’Ivoire et au Burkina Faso). On s’en félicite de ces efforts. Cette fédération a des représentations (ligues) dans toutes les huit (08) régions du pays. Ce qui donne à cette fédération une assise nationale.

Quel est l’avantage de la pratique sportive pour les sourds ?

Les actions des mouvements des clubs des jeunes sont aujourd’hui considérées comme un outil concret de médiation sociale. L’activité sportive est un moyen pour la dynamisation, l’épanouissement, la socialisation et la promotion des jeunes sourds. Elle est un facteur de développement. Le sport peut être un atout politique d’insertion sociale. En effet, l’impact du sport est grand auprès du public. Le sport est un moyen de contact avec les jeunes et notamment des publics défavorisés. Outil irremplaçable de prévention et de socialisation, il est l’occasion de renouer un dialogue quelquefois rompu.

Quelles sont vos ambitions au niveau de la FENISSOM ?

Nos ambitions sont multiples. On ne peut que citer quelques-unes : d’abord après la mise en place de l’équipe nationale nos projets se focaliseront sur les autres clubs. Cela nous permettra d’avoir dans chaque catégorie des clubs, une équipe nationale et la FENISSOM se voit doter d’un siège et d’une subvention de fonctionnement. Ce qui nous permettra d’attirer des partenaires techniques et financiers.

Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous-êtes confrontés ?

Comme toutes les fédérations et associations, la FENISSOM est confrontée à d’énormes difficultés. Son caractère à but non lucratif fait que la FENISSOM ne dispose pas de fonds de fonctionnement. Ce qui fait qu’on se penche sur le Ministère de la Jeunesse et du Sport (MJ/S) pour nous appuyer dans la mise en œuvre de nos activités. Le manque d’accompagnement technique, financier et matériel, l’impossibilité de participer aux activités sportives de grande envergure sont parmi les principales difficultés auxquelles la FENISSOM est confrontée.

Monsieur le Secrétaire Général avez-vous un appel à lancer ?

Je lance un appel à l’Etat et aux partenaires techniques et financiers de se mobiliser pour faire du sport des personnes handicapées en général et des personnes sourdes en particulier une référence dans les mouvements sportifs au Niger et à faire preuve de disponibilité à l’égard des fédérations de sports pour personnes handicapées.

Réalisé par Ali Maman(onep)