Chef d’escadron Boubacar Alichina Goga, préfet de Dosso
Le samedi 4 avril 2026 s’est déroulé le forum communal de Tombokoirey 1 dans le département de Dosso. A cette occasion, le préfet du Département de Dosso, le Chef d’Escadron Boubacar Alichina Goga, a fait une allocution de haute portée politique, sociale et symbolique. Bien au-delà d’une simple allocution protocolaire, son intervention s’est inscrite dans une dynamique de refondation nationale, où chaque mot prononcé appelait à une prise de conscience collective.
Devant un parterre composé d’autorités administratives, coutumières et religieuses, ainsi que de citoyens venus nombreux, le représentant de l’Etat a su donner à ce forum communal une dimension stratégique. Il ne s’agissait pas seulement de parler de développement, mais d’en redéfinir les fondements à partir des réalités locales et des exigences nationales. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et socio-économiques persistants, ce discours s’est révélé être un véritable manifeste pour une gouvernance inclusive et participative, où chaque acteur social est appelé à jouer pleinement son rôle.
Au cœur de l’intervention du préfet, une idée forte s’est imposée avec clarté : aucun développement durable ne peut s’enraciner dans un climat de division. En rappelant que les infrastructures, aussi nécessaires soient-elles, ne peuvent résister à l’effritement du tissu social, il a recentré le débat sur l’essentiel. Le développement ne saurait se limiter à la construction d’écoles, de centres de santé ou de routes. Il repose avant tout sur une harmonie sociale solide, un vivre-ensemble apaisé et une confiance mutuelle entre citoyens. Ce positionnement, à la fois lucide et stratégique, met en lumière une réalité souvent négligée dans les politiques publiques. A Tombokoirey 1, comme ailleurs, la paix sociale apparaît ainsi comme le premier investissement à consolider avant toute ambition matérielle.
Le rôle central des autorités traditionnelles
Dans une adresse empreinte de respect et de reconnaissance, le Préfet a mis en exergue la place incontournable des chefs traditionnels dans la stabilité des communautés. Dépositaires de l’autorité morale et culturelle, ils incarnent un rempart naturel contre les dérives sociales et les conflits. Leur mission dépasse largement le cadre coutumier. Ils sont les médiateurs, les régulateurs et les gardiens de l’équilibre social. En s’appuyant sur des références religieuses et culturelles, le préfet a rappelé que leur rôle s’inscrit en complémentarité avec celui de l’Etat. Cette articulation entre pouvoir traditionnel et autorité administrative constitue un levier essentiel pour renforcer la gouvernance locale et prévenir les crises. Les imams, également interpellés dans ce discours, ont été appelés à poursuivre leur mission d’encadrement spirituel avec encore plus d’engagement.
Leur influence sur les consciences en fait des acteurs clés dans la consolidation de la paix et la lutte contre les dérives idéologiques. En valorisant leur rôle, le Préfet a insisté sur l’importance des valeurs religieuses dans la construction d’une société équilibrée. La patience, la tolérance, l’amour de la patrie et le respect d’autrui sont autant de principes qu’ils doivent continuer à promouvoir. Dans un contexte où certaines idéologies extrémistes tentent de s’implanter, leur action devient un rempart indispensable pour préserver l’unité nationale.
La mobilisation générale comme impératif national
Face aux défis sécuritaires, le préfet a clairement affirmé que la défense de la patrie ne peut être laissée aux seules forces de défense et de sécurité. Il a introduit avec force le concept de Domol Leydi, une vision communautaire de la défense nationale fondée sur la vigilance citoyenne et l’engagement collectif. Chaque citoyen est ainsi appelé à devenir un acteur de la sécurité. Cette approche, en phase avec les orientations des autorités de la Refondation nationale dirigées par le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani et le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, vise à instaurer une culture de responsabilité partagée. Elle traduit une évolution profonde de la doctrine sécuritaire, où la population n’est plus spectatrice mais pleinement impliquée.
Dans un passage particulièrement marquant, le Préfet s’est adressé aux pères et mères de famille, soulignant leur rôle fondamental dans la formation des citoyens de demain. La famille est présentée comme le socle de toutes les valeurs. C’est au sein du foyer que se construisent le sens de l’honneur, le respect de l’autre et l’attachement à la patrie. En responsabilisant les parents, le discours met en lumière une vérité essentielle : la stabilité d’une nation commence dans les concessions familiales. Les mères, par leur tendresse et leur rigueur, et les pères, par leur autorité et leur exemple, sont appelés à jouer pleinement leur rôle de guides. La jeunesse, souvent considérée comme vulnérable face aux manipulations, a fait l’objet d’une attention particulière. Le préfet lui a adressé un message à la fois ferme et porteur d’espoir. Il a mis en garde contre les dérives liées à la violence et à l’embrigadement, tout en valorisant son potentiel en tant que moteur du développement. L’avenir du pays repose sur sa capacité à canaliser son énergie vers des activités productives et patriotiques.
Le forum communal de Tombokoirey 1 apparaît ainsi comme une initiative exemplaire. En réunissant les différentes composantes de la société autour d’un objectif commun, il incarne une nouvelle manière de concevoir le développement. Le Préfet n’a pas manqué de saluer les organisateurs, soulignant l’importance de ce type d’initiatives dans la dynamique de refondation nationale. Ces espaces de dialogue permettent de renforcer la participation citoyenne et de construire des solutions adaptées aux réalités locales. Au fond, à travers ce discours, c’est toute une vision du Niger qui se dessine. Une nation forte, unie et résiliente, où chaque citoyen est conscient de ses responsabilités. Le message est clair : la grandeur d’un pays ne se mesure pas uniquement à ses ressources ou à ses infrastructures, mais à la qualité de ses citoyens et à leur engagement pour le bien commun.
Correspondance particulière de I.A.T
