M. Ibrahim Seyni, SG du RAIDA
Dans un monde où les tensions religieuses et culturelles sont souvent exacerbées par l’ignorance et les préjugés, il est essentiel de revenir aux sources des grandes traditions spirituelles. L’Islam, trop souvent mal compris ou déformé, est avant tout une religion de paix, de respect et de coexistence pacifique. Son message originel, transmis il y a plus de quatorze siècles, demeure d’une actualité brûlante : vivre ensemble dans la dignité et l’harmonie.
Selon Ibrahim Seyni, Inspecteur de l’enseignement et Secrétaire Général du Rassemblement des Associations Islamiques de Développement et à l’Appel (RAIDA), le mot Islam signifie littéralement «soumission à Dieu», mais il partage sa racine avec salam, qui veut dire «paix». Cette paix est au cœur de la foi musulmane, une paix intérieure, sociale et universelle. Il a rappelé la sourate 5 (Al-ma-idah), verset 48 du Coran, qui stipule que : « Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. Mais, il veut vous éprouver par ce qu’il vous a donné. Rivalisez donc dans les bonnes œuvres », a rappelé Ibrahim Seyni.
Selon cet ouléma, ce verset illustre une vision inclusive de la foi, où la différence devient une richesse et non une menace. Cette philosophie se traduit dans les pratiques quotidiennes. C’est pourquoi en Islam, dit-il, pour diriger la prière, on ne demande pas ton ethnie, ta couleur de peau, ton âge ou ta richesse. Mais, on demande ta connaissance du Coran et les fiqfs (compréhension approfondie de la religion). « Même le plus humble, ou le plus pauvre, s’il est savant, guide les plus puissants dans la prière. Ce principe d’égalité spirituelle renforce l’idée que la mosquée est un lieu de fraternité, où l’ordre et la discipline ne sont pas des contraintes, mais des outils d’apprentissage et du vivre-ensemble », explique M. Ibrahim Seyni.
Loin d’être une simple série de rites, l’Islam propose une éthique sociale fondée sur la bienveillance et le respect. D’après les savants, le prophète Muhammad (paix et salut sur lui) a dit : « Le croyant est celui dont les gens sont à l’abri du mal de sa langue et de sa main ». Ce hadith met en lumière une foi active qui se manifeste dans les comportements, la retenue, la justice, la solidarité. Dans les mosquées, les fidèles ne viennent pas seulement prier, mais renforcer les liens communautaires, apprendre à vivre en harmonie et cultiver la tolérance. « Le Prophète (PSL) nous a enseigné l’amour du prochain, la tolérance et la solidarité. Ce sont ces valeurs que nous devons raviver aujourd’hui », rappelle-t-il.
Pour M. Ibrahim Seyni, l’Islam n’est pas une religion de conflit, mais une religion d’équilibre et de miséricorde ; le coran regorge de versets appelant au respect des autres, au vivre ensemble, à la bienveillance et à la justice, même envers ceux qui sont différents de nous. Le prophète lui-même a incarné toutes ces valeurs tout au long de sa vie. « La paix est fragile, et l’Islam nous oblige à la cultiver en tout temps », a-t-il affirmé.
C’est à l’intérieur de l’Islam que Dieu a mis des pratiques qui renforcent la fraternité l’unité, la cohésion et la tolérance entre les gens. Voilà ce qu’il faut comprendre. Dieu nous a donné l’Islam pour que tous ces problèmes que l’humanité rencontre soient compris et résolus pacifiquement.
À travers ses paroles, M. Ibrahim Seyni rappelle à tous les Nigériens, dans une période marquée par des défis multiples, l’importance du dialogue intercommunautaire, de la solidarité et du rôle spirituel dans l’édification d’un avenir commun. « Que chacun, dans sa foi et sa citoyenneté, participe à bâtir un Niger où il fait bon vivre ensemble, dans la paix et le respect des différences », a-t-il conclu.
Adamou I. Nazirou (Stagiaire)
