Depuis plus de deux ans, l’Etat du Niger a encouragé la production nationale, notamment sur le plan alimentaire d’un côté et, de l’autre, il a régulé les exportations, notamment des céréales pour répondre prioritairement à la demande alimentaire nationale.
Ces mesures ont eu un impact réel. Elles ont permis de stabiliser les prix, provoquant même souvent une baisse des prix sur les marchés nationaux pour le bien de tous y compris des producteurs eux-mêmes qui sont obligés, en période de soudure, de retourner acheter à prix d’or les mêmes céréales qu’ils avaient presque bradées pendant les récoltes.
En effet, il est connu de tous, et c’est une tradition, qu’en période de récolte, les céréaliers souvent venus de pays voisins descendent dans nos marchés pour rafler une grosse partie de la production, des fois à des prix dérisoires. Ils misent sur le besoin urgent d’argent des producteurs soit pour prendre en charge la tenue des événements familiaux ou sociaux comme les mariages ou la scolarité de leurs enfants.
C’est pourquoi, il est urgent pour l’Etat, à travers notamment son bras armée dans ce domaine qu’est l’Office des Produits Vivriers du Niger (OPVN) d’accélérer le début des opérations d’achat direct auprès des producteurs. Ce qui protégera les producteurs des spéculateurs et leur permettra de vendre le fruit de leur labeur à des prix rémunérateurs.
A moyen et long termes, le développement des industries de transformation capables d’acheter la production nationale directement auprès des producteurs favorisera la création des chaînes de valeurs et des conditions optimales incitatrices pour les producteurs.
Actuellement, on est à la phase où l’Etat met tous les moyens pour encourager non seulement la production locale mais aussi la consommation de ce que nous produisons. D’ores et déjà, des succès palpables sont enregistrés dans certaines filières comme la riziculture qui est en train de s’étendre à des zones qui ne la pratiquaient pas traditionnellement.
La résultante est que le riz local est de plus en plus disponible partout à travers le pays d’une part et, d’autre part, cela a contribué à stabiliser les prix du riz importé. Aussi, quand on sait que le pays importe chaque année pour plusieurs milliards (259,6 milliards de FCFA, représentant 16,9% des importations totales du pays en 2021), l’encouragement de la production locale peut permettre de réduire la fuite des capitaux qui vont chaque année financer l’agriculture d’autres pays sur d’autres continents.
Siradji Sanda (ONEP)
