Vue des officiels à l’ouverture de l’atelier de lancement des outils stratégiques et techniques de promotion des actions climatiques cohérentes au Sahel
La Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS) a procédé mardi 12 mai 2026 au lancement officiel de deux instruments destinés à renforcer la cohérence et l’efficacité des actions d’adaptation au Sahel. La cérémonie, organisée au siège de la Commission à Niamey, a rassemblé en présentiel et en visioconférence les acteurs clés de l’agenda climatique sahélien.
Présidée par le Secrétaire Exécutif de la CCRS, Son Excellence Monsieur Issifi Boureima, la rencontre a débuté par quatre interventions de partenaires avant le discours d’ouverture.
Le Secrétaire Exécutif du Conseil National pour l’Environnement et le Développement Durable (CNEDD), le Colonel Yacouba Magagi, s’est félicité de l’initiative. Il a estimé que les nouveaux outils permettront de « promouvoir et diffuser les bonnes pratiques d’adaptation au Sahel » et a indiqué que l’expérience du CNEDD pourra s’appuyer sur la plateforme développée par la CCRS.
Mme Ngone Diop, Directrice du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), a salué le rôle de la CCRS comme « institution clé » pour relever le défi climatique. Elle a réaffirmé la disponibilité de la CEA à renforcer la coopération, notamment sur le marché régional du carbone et l’Initiative 4X5.
M. Jan Philipp Butz, représentant du projet Mise en œuvre des priorités régionales et nationales d’adaptation en Afrique centrale et de l’Ouest (PACO), a salué une « initiative audacieuse » et l’excellente collaboration avec la CCRS au bénéfice des communautés.
M. Teodore Kaboré, Directeur des Opérations du Programme Alimentaire Mondial (PAM) au Niger, représentant le Représentant Résident empêché, a exprimé l’intérêt du PAM pour ces outils et réaffirmé l’engagement de l’institution à poursuivre sa coopération avec la CCRS.
Tous les intervenants ont tenu à rendre un hommage appuyé à Son Excellence Issifi Boureima. Ils ont salué son leadership, sa vision et la conduite exemplaire de la CCRS, dont le travail est jugé « fascinant au service du Sahel et du Niger ».
Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire Exécutif de la CCRS a rappelé l’ampleur du défi : 100 millions de Sahéliens vivent aujourd’hui sous la menace directe du dérèglement climatique, entre sécheresse, insécurité alimentaire, déplacements et érosion sociale.

Il a souligné une injustice persistante : « Nous subissons les conséquences d’un climat que nous n’avons pas déréglé. Pourtant, une partie des financements de l’action climatique nous arrive sous forme de dette. Transformer la victime en débiteur, voilà l’injustice climatique ». Il a déploré l’héritage de la double peine qui risquerait d’être légué pour nos générations futures : elles héritent du dérèglement climatique, et de l’ardoise de la dette contractée pour le réparer.
Face à ce paradoxe, nous avons un devoir a-t-il souligné : « promouvoir des réponses systémique et durable face à la persistance du défi climatique. »
C’est dans cette dynamique que la CCRS a développé deux instruments opérationnels pour la promotion des actions climatiques cohérentes au Sahel et au Niger particulièrement :
- La Plateforme des bonnes pratiques d’adaptation « Sahel Climate Adaptation Hub »
Pensée comme une « banque vivante du savoir sahélien », cet outil innovant a recensé une cinquantaine de solutions d’adaptation éprouvées, du Cap-Vert à Djibouti. L’objectif est la réplication rapide et cohérente : ce qui fonctionne à Dakar peut inspirer Niamey, ce qui réussit à N’Djamena peut être adapté à Djibouti.
Au Niger, la plateforme documente des solutions locales déjà validées : la régénération naturelle assistée à Maradi, les demi-lunes de Tondikiwindi à Ouallam, les cordons pierreux d’Ibouhamane à Keita, les systèmes communautaires d’alertes précoces à Zinder, et les conventions locales de Bankilaré pour prévenir les conflits.
- L’Outil de mesure et d’évaluation de la perception
Il permet de recueillir l’avis des communautés sur les interventions. « Une action n’est efficace que si elle est comprise et acceptée », a affirmé SEM. Issifi Boureima. L’écoute devient ainsi une donnée stratégique pour ajuster les projets en tenant compte des aspirations et la perception des communautés à qui le rôle d’acteurs plutôt que spectateurs, doit être résolument accordé dans le cadre de l’agenda climatique.
Le Secrétaire Exécutif a remercié la Coopération allemande, à travers le projet PACO, et le Programme Alimentaire Mondial pour leur appui décisif. Il a également salué le travail rigoureux des consultants et de l’équipe de la CCRS qui ont transformé « l’ambition en réalité ».
« La CCRS ne cherche pas le monopole. Elle cherche la synergie », a-t-il insisté. Il a invité les États, les partenaires techniques et financiers, la société civile et la recherche à mutualiser leurs efforts pour faire de ces outils le socle d’une action « cohérente, redevable et efficace ».
La rencontre s’est achevée sur des propositions concrètes pour assurer l’appropriation et la large diffusion des deux instruments.
En conclusion, Son Excellence Issifi Boureima a lancé un appel : « face à la persistance du dérèglement climatique le Sahel ne peut plus attendre ni cautionner des interventions mal adaptées qui crèvent l’abcès au lieu de cicatriser la plaie. Agissons ensemble autrement, de manière cohérente, redevable, efficace pour des réponses systémiques face aux défis climatiques et cela maintenant pas demain ».
Il a ensuite déclaré officiellement lancés la Plateforme des bonnes pratiques d’adaptation et l’Outil de mesure de la perception des parties prenantes.
Source : SADOU ALIZE Mouktar – Chargé de Communication et du Partenariat de la CCRS
