Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a procédé, le samedi 1ᵉʳ août 2026, au lancement des travaux de réhabilitation de la route nationale nᵒ 1, section Maradi-Zinder. Ce chantier incarne la vision de souveraineté et de développement portée au plus haut sommet de l’État. Ainsi, lors de sa grande tournée nationale de proximité du 4 au 5 octobre 2025, puis du 8 au 20 novembre 2025, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, Chef de l’État, a pris des engagements majeurs pour moderniser les infrastructures dans toutes les régions du pays. C’est au PK zéro que le Premier ministre a dévoilé la stèle donnant le coup d’envoi des travaux sous les ovations et les regards des membres du CNSP, des gouverneurs de Maradi et Zinder et des sultans du Damagaram, du Gobir et du Katsina.
Financés par l’État du Niger à travers un prêt de la Banque mondiale, les travaux sectionnés en quatre lots vont être conduits par plusieurs entreprises nigériennes sur une durée de vingt-quatre (24) mois. Longue de 234 km, cette route constitue l’épine dorsale de l’économie et de la logistique du Sud du Niger. Elle est le trait d’union historique, culturel entre deux grands pôles commerciaux et agropastoraux, tout en ouvrant une voie stratégique d’intégration régionale vers le Nigeria. Les populations des régions de Maradi et Zinder ont longtemps attendu la réhabilitation de ce tronçon. C’est, du reste, pourquoi les riverains sont massivement sortis pour saluer l’évènement.
Le ministre de l’Équipement et des Infrastructures, le Colonel-major Salissou Mahaman Salissou, a souligné que cette approche par lots répond à une volonté ferme : celle de permettre aux entreprises et bureaux d’études nigériens d’exprimer pleinement leur potentiel et de participer activement à la construction de la patrie. « Le geste que nous posons aujourd’hui est la preuve par l’acte que la parole donnée au peuple nigérien est sacrée. Chaque promesse de refondation se traduit sur le terrain par des réalisations concrètes au bénéfice exclusif de nos populations », a-t-il déclaré.

D’après le ministre en charge des Infrastructures, les coûts des travaux sont de 173 260 672 122 F CFA, toutes taxes comprises, avec un délai d’exécution de 24 mois. Le contrôle et la surveillance des travaux, a ajouté le ministre, seront assurés pour un montant de 4 322 971 639 F CFA toutes taxes comprises, avec un délai d’exécution de 38 mois couvrant y compris la période de garantie des travaux. « Le projet de réhabilitation de la route nationale nᵒ 1 Est, section Maradi-Zinder, a une longueur de 234 km, avec une chaussée revêtue en béton bitumineux à module élevé (BBME) d’une épaisseur de 6 cm sur l’ensemble du projet, de 7,20 m de largeur avec 1,5 m d’accotement revêtus de chaque côté, soit une plateforme de 10,2. Dans les traversées des grandes agglomérations (villes), un aménagement en 2 x 2 voies de 3,5 m est prévu, avec un terre-plein central (TPC) en pavés autobloquants ou en bordures hautes en béton armé (DBA) avec des trottoirs de 2 x 1,50 m », a-t-il précisé.
Sur le plan environnemental et social, le Colonel-major Salissou Mahaman Salissou a annoncé que de nombreux travaux connexes seront réalisés, dont la réhabilitation de 35 km de routes en terre moderne, la construction de 500 km de routes rurales, la construction de 50 km de caniveaux en béton armé, la construction de forages, de blocs de classes, des murs de clôture des écoles riveraines de la route ainsi que des centres de santé intégrés (CSI).
Le ministre a, en outre, rappelé aux entreprises l’obligation de recruter en priorité la main-d’œuvre locale afin que le projet génère des emplois pour la jeunesse locale et redynamise le commerce tout au long de son tracé. Il a profité également de l’instant pour appeler les populations des régions de Maradi et de Zinder et l’ensemble des populations du Niger à œuvrer pour la protection des infrastructures routières réalisées à grands frais par l’État, tout en rappelant la loi portant protection du patrimoine routier national.

Épine dorsale du réseau routier nigérien, la RN1 relie deux grands pôles économiques et dessert Tchadoua, Tessaoua, Aguié, Gazaoua, Mai-Jirgui, Koundoumaoua et Takiéta. Mais le trafic intensif, les inondations récurrentes et les chaleurs extrêmes l’ont fortement dégradée au détriment de la productivité agricole, des chaînes de valeur agropastorale et de la mobilité des populations. C’est précisément pour répondre à ce défi que le gouvernement, avec l’appui de la Banque mondiale, met en œuvre le Projet d’Intégration et de Connectivité du Sud-Niger, le PICSN.
Quant au représentant résident par intérim de la Banque mondiale au Niger, M. Ibrahim Garba, il a expliqué que le PICSN est financé à hauteur de 400 millions de dollars américains, soit environ 240 milliards de francs CFA. Le projet financera le bitumage de près de 233 kilomètres de la RN1 et l’aménagement de 500 kilomètres de routes rurales. Il financera également des ouvrages de drainage, construits à forte intensité de main-d’œuvre. « Ce corridor structure la vie de plus de 16 millions de personnes, de part et d’autre de la frontière avec le Nigéria. D’ici 2031, plus de 1,4 million de personnes bénéficieront directement de ces travaux, dont environ la moitié des femmes et une large majorité de jeunes. Le temps de trajet entre Maradi et Zinder sera réduit de manière significative », a-t-il fait savoir.
M. Ibrahim Garba a indiqué que, selon les études de préparation du projet, pour 40% des femmes de la zone, le temps de trajet pour accéder à des soins obstétriques passera de trois heures à seulement une heure. Avec ce gain de temps, dit-il, ce sont des vies qui seront transformées. En amont de ces travaux, a-t-il poursuivi, le projet a mené 49 consultations communautaires, installé 59 comités de gestion des plaintes, formé 37 groupes de femmes et sensibilisé plus de 3 300 personnes afin que les communautés concernées soient pleinement informées, associées et écoutées. Il a aussi réaffirmé l’engagement du Groupe de la Banque mondiale en faveur d’un Niger plus connecté, plus résilient et plus prospère, tout en se réjouissant de poursuivre ce partenariat aux côtés du gouvernement et de l’ensemble des parties prenantes pour faire de cette vision une réalité au bénéfice des populations.
Auparavant, le gouverneur de la région de Maradi, le Contrôleur général de Police Mamane Issoufou, a souligné que cette route permettra d’améliorer significativement la sécurité routière, de réduire les coûts de transport, d’accroître la compétitivité de l’économie et d’offrir aux populations un cadre de mobilité conforme aux exigences du développement moderne. Au-delà de sa dimension économique, ce projet traduit, selon le gouverneur, l’engagement de l’État à promouvoir un développement équilibré des territoires, à réduire les disparités régionales et à faire des infrastructures un instrument de cohésion, de solidarité nationale et de prospérité partagée. « Les performances économiques auxquelles aspirent nos populations demeurent étroitement tributaires de la qualité des infrastructures de transport. C’est pourquoi, la réhabilitation de la route nationale nᵒ 1 apparaît comme un investissement structurant dont les retombées dépasseront largement le cadre des régions de Maradi et de Zinder pour bénéficier à l’ensemble de l’économie nationale. Au nom des populations de la région de Maradi, je tiens à exprimer notre profonde reconnaissance au gouvernement pour cette décision historique qui répond à une attente ancienne de nos concitoyens », a-t-il conclu.
Hamissou Yahaya (ONEP), Envoyé spécial
