Le Niger au Conseil de Sécurité de l’ONU : Un mandat bien rempli

Société

Aujourd’hui, vendredi 31 décembre 2021, prend fin  le mandat du Niger, en tant que membre non permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies.  C’est un mandat de deux (2) ans qui se termine avec la présidence du Conseil de Sécurité exercée par le Niger durant  ce mois de décembre. Pour la 2ème fois de son histoire, le Niger a siégé, en tant que membre non permanent, au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le Niger a, avec fierté et notoriété,  représenté l’Afrique et  son image a marqué la communauté internationale. En effet,  tout au long de son mandat la voix de notre pays a été audible s’agissant des questions concernant l’Afrique en général et le Sahel en particulier, un Sahel en proie à l’insécurité et au terrorisme. La voix du Niger est, également, écoutée avec la plus grande attention sur les questions brulantes  internationales.

C’est d’ailleurs pourquoi au terme de ce mandat, le Représentant Permanent du Niger à l’ONU, SEM Abdou Abarry dans son discours de clôture a indiqué : “Au terme d’un mois chargé, nous pouvons nous féliciter d’avoir su dégager un consensus autour de plusieurs questions importantes dont nous étions saisis. Nous n’aurions pu atteindre ces résultats sans le précieux concours de toutes les délégations mais aussi, celui des interprètes dont je salue la flexibilité, des agents de sécurité et de tous ceux qui contribuent au quotidien et dans l’ombre, services de séance, rédacteurs de procès-verbaux au succès de nos travaux ».

Pour rappel, lorsque le Niger, un pays enclavé d’Afrique de l’Ouest, a commencé son mandat au Conseil de sécurité il y a deux ans, la Covid-19 n’avait pas pris son ampleur  internationale actuelle. Le pays se préparait pour des élections présidentielles dans  un contexte d’insécurité caractérisé par la présence de Barkhane, une force antiterroriste française au Sahel avec comme Président de la République SEM Issoufou Mahamadou.

Aujourd’hui, c’est Son Excellence Monsieur Mohamed Bazoum qui est à la tête du Niger et le Conseil de sécurité de l’ONU s’était rendu dans la région du Sahel pour s’enquérir de la situation qui y prévaut. Beaucoup de choses ont, notamment, changé au Niger depuis le début du mandat  au Conseil de Sécurité en janvier 2020 et le Niger ainsi que la communauté internationale témoignent de  leur fierté et de leur admiration du travail abattu durant deux ans  par  la mission du Niger au sein du conseil. Le Niger a été à la hauteur de la mission qui lui avait été confiée en janvier 2020.

Ainsi, SEM l’ambassadeur Abarry déclarait a PassBlue que : « L’héritage que nous voulons laisser au Conseil de sécurité est celui d’un pays, un petit pays d’Afrique, de la région du Sahel ». « Nous nous sommes battus autant que nous le pouvions pour parler de nos réalités, de notre lutte contre le terrorisme, de la paix et de la sécurité des femmes, de la situation des écoles et des enfants dans un environnement conflictuel comme en Afrique de l’Ouest. Nous avons également fait la lumière sur le lien entre le changement climatique et la sécurité. »

Ce mandat a permis  au Niger de susciter une attention particulière du Conseil de Sécurité s’agissant du Sahel et de la situation qui y prévaut. En effet, le Sahel se caractérise par plusieurs crises notamment les crises sécuritaire, climatique et humanitaire. C’est, d’ailleurs, à ce titre que le Conseil avait effectué une mission au Niger et au Mali en fin octobre 2021. Cette mission a été suivie d’une déclaration du Conseil de Sécurité qui a, désormais, une claire vision de la situation qui prévaut au Sahel.

SEM. Abdou Abarry, s’exprimait même, en ces termes : « Pourquoi sommes-nous allés au Sahel ? Parce que j’ai dit à mes collègues que quel que soit le problème dont vous voulez discuter, vous l’avez dans notre société », a-t-il déclaré. « Si vous parlez de l’insécurité, de la lutte contre le terrorisme, le Sahel est le bon endroit où aller. Si vous voulez traiter de l’impact du changement climatique sur les questions humanitaires, la paix et la sécurité, le Sahel en souffre. »

Ce mandat a été caractérisé par l’intervention personnelle du Président de la République SEM Mohamed Bazoum qui avait présidé une réunion du Conseil de Sécurité portant sur le thème « paix et sécurité internationales à l’épreuve du terrorisme et du changement climatique » où le Président de la République déclarait : « En décidant d’organiser ce débat sous le thème paix et sécurité internationales à l’épreuve du terrorisme et du changement climatique, le Niger souhaite vous engager à poursuivre la réflexion et à prendre les initiatives idoines dans la recherche des solutions durables à la paix et à la sécurité », a-t-il indiqué face aux membres du Conseil. « Si j’ai tenu à venir personnellement devant vous, membres du Conseil, c’est pour vous apporter le message de paix et de solidarité, mais aussi d’espoir que le peuple nigérien formule à l’endroit de tous les peuples du monde qui font face aux crises qui sont à l’agenda de vos travaux ».

Le Ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, M. Massoudou Hassoumi, a également marqué ce mandat par sa présence à plusieurs  réunions  au Conseil de Sécurité notamment sa présence au débat de haut niveau du Conseil de Sécurité sur le « Maintien de la paix et de la sécurité internationales : maintien du multilatéralisme et du système international centré sur les Nations unies ». A cette occasion, le Ministre Hassoumi Massaoudou déclarait qu’il est plus que nécessaire de rétablir la confiance dans un système trop souvent perçu comme étant inéquitable et non représentatif de certains pays ou continents.

Au ministre Hassoumi Massaoudou d’ajouter que “l’Afrique par exemple, qui participe pleinement aux travaux du Conseil de Sécurité n’a pas de siège permanent dans cet organe, malgré sa participation active à plus de 50 % des réunions du Conseil de sécurité, 60 % à l’élaboration de ses documents finaux et 70 % de ses résolutions assorties de mandats au titre du chapitre VII”.

C’est pourquoi la réforme du Conseil de Sécurité est aujourd’hui plus qu’indispensable. Et de ce point de vue, mon pays souscrit pleinement à la position africaine commune telle qu’exprimée à travers le consensus d’Ezulwini, appelant à la pleine représentation de l’Afrique au sein du Conseil de Sécurité avec au moins deux sièges permanents, et un statut unique pour tous les membres permanents, notamment au niveau du droit de veto.

Par ailleurs, il est temps d’élargir le champ d’action du Conseil de Sécurité, pour prendre en compte nouveaux défis annoncés précédemment pouvant remettre en cause la paix et la sécurité internationales. Les crises sanitaires, la pauvreté, les changements climatiques, le terrorisme, le crime international organisé, la cybercriminalité et tant d’autres problèmes spécifiques à notre siècle, doivent faire l’objet de la part du Conseil de Sécurité d’un traitement judicieux et sans complaisance. Au-delà de la question de la réforme du Conseil de Sécurité, se pose également celle des autres institutions de Bretton Woods, tels la Banque Mondiale, le FMI et les autres institutions spécialisées”.

Quant au représentant du Niger auprès des Nations Unies, l’ambassadeur Abdou Abarry, à qui revient l’honneur d’avoir porté très haut l’image du Niger et de l’Afrique au niveau de la communauté internationale, il avait livré ce message, le 21 décembre 2021, au Conseil de Sécurité : « Je souhaite adresser les sincères remerciements de la délégation du Niger aux membres du conseil pour leur coopération et leur amitié.  Mes remerciements vont aux membres du Secrétariat du conseil pour leur engagement et pour leur professionnalisme qui nous ont permis de traverser la forêt des règles et procédures du Conseil ».

Par Issoufou Boubé (Cellule Communication du Conseil de Sécurité/Niger)