Les uniformes de mariages : Un pur gâchis

Société

Dans la liste des depenses jugées superflues et  inutiles lors des mariages, il y a sans doute les uniformes des filles…et dames d’honneur. A Niamey dans certaines familles, un seul mariage peut faire l’objet de plusieurs  sortes d’uniformes à savoir une tenue traditionnelle pour la soirée traditionnelle , un bazin riche pour la fatiya ou communément appelée ‘’tirhaw ‘’, un pagne pour la journée du mariage ainsi qu’un tissu ou toute autre tenue pour le ‘’roti ‘’et cocktail et une autre tenue pour le cortège.

Des dépenses qui grignotent ou engloutissent les maigres économies des femmes. Une jeune fille à Niamey était parmi les filles d’honneur d’un mariage et témoigne : «pour le mariage de mon amie qui s’est tenu ce samedi, j’ai dépensé plus de 80.000f pour mes tenues, coutures et autres accessoires pour se faire belle », a-t-elle confiée.

L’uniforme est un modèle de pagne choisi par la future mariée et ses proches, et que les amies, les membres de la famille, et autres connaissances sont tenus de porter pendant les cérémonies. L’uniforme est tellement ancré dans les mœurs à tel point que celles qui ne le font pas se sentent mal dans leur peau lors de la cérémonie de mariage.

Il est à noter que la tenue de la jeune mariée et celles de ses demoiselles d’honneur sont payés par le fiancé. Mais l’uniforme de la jeune mariée est plus compliqué de nos jours car cela peut coûter jusqu’à 100.000FCFA

Si dans le temps, seules les femmes et les demoiselles tenaient à cette pratique, elle est rentrée aujourd’hui dans les mœurs jusqu’aux jeunes garçons. Selon Habibou, « le fait de faire plusieurs uniformes pour un seul mariage c’est trop exagérer. Des fois on peut avoir deux ou trois mariages surtout pendant les vacances, je me demande comment une fille ou une femme mariée peuvent avoir tout cet argent pour faire les uniformes,  donc je peux dire que les multiples uniformes peuvent être la cause de plusieurs mésententes dans certains foyers puisque ce ne sont pas tous les hommes qui ont les moyens  et certaines femmes ne comprennent pas cela. Pour les filles, si tes parents n’ont pas assez de moyens pour payer l’uniforme qu’est-ce que tu vas faire pour en avoir ? » a-t-il conclu.

Par ailleurs, Elhadji Mounkaila, un vendeur de tissus, lui apprécie cette attitude car cela leur permet  de vendre des articles facilement surtout pendant les vacances.  « Nous vendons les ‘’Bazins getzner’’ à 10.000 FCFA le mètre ; une pièce de pagne à 7000 FCFA ; le tissu ‘’Sahari’’ varie en fonction de la qualité ; pour la tenue traditionnelle le mètre est à 2000 FCFA» affirme Elhadji Mounkaila.

Par Nafissa Yahaya (onep)