Médias au Niger : La Convention collective de la presse enfin signée !

Société

Plus de dix ans après le début du processus, la Convention collective de la presse au Niger franchit une étape importante de sa mise en mise en œuvre dans le pays grâce à son acceptation par le Gouvernement du Niger, représenté par le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale, les directeurs des médias publics, et par les représentants des employés des médias et les institutions et services techniques impliqués dans sa mise en œuvre. La cérémonie officielle de signature s’est déroulée, hier, en présence du ministre de la Communication, M. Zada Mahamadou, et de l’ancien ministre de la Communication Yahouza Sadissou.

Le ministre de la Communication, chargé des relations avec les institutions, M. Zada Mahamadou, s’est réjoui des perspectives heureuses que la signature de la convention collective de la presse laisse entrevoir pour les entreprises de presse au Niger et pour les travailleurs du secteur. «C’est le lieu de rappeler que la signature du document à laquelle nous procédons en ce jour solennel, n’implique pas ipso facto l’application des dispositions de la convention», a-t-il dit. Pour mieux préparer le terrain, les parties prenantes ont convenu d’un moratoire d’un an avant toute mise en œuvre afin de poursuivre les discussions sur les préocupations majeurs du secteur des médias en termes de mesures d’accompagnement.

Le ministre Zada Mahamadou a rappelé les dispositions des articles 229 et 234 de la loi N° 2012-45 du 25 septembre 2012 portant code du travail de la République du Niger avant de souligner que les médias, les structures d’employeurs qui auront librement décidé de ne pas signer la Convention collective de la presse auront opté pour le régime de la convention collective interprofessionnelle jusqu’à une reconsidération de leur position. «Désormais ce qui compte, c’est la réflexion collective que nous devons mener ensemble pour rendre plus viable nos entreprises de presse et créer par la-même, les conditions de l’amélioration du cadre de vie et de travail des employés. Pour ce faire, je vous invite d’ores et déjà à vous organiser afin de cibler et sérier les préocupations qui vous semblent les plus pertinentes en vue de discussions à court et moyen termes, à engager avec les structures compétentes de l’administration», a indiqué le ministre de la Communication, chargé des relations avec les institutions.

Pour sa part, le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale, M. Ibrah Boukary, a félicité toutes les parties prenantes qui ont paraphé le document pour leur engagement «à créer une bonne ambiance de travail dans le secteur de la presse, d’améliorer le rendement des travailleurs mais aussi leurs conditions de vie et de travail, de favoriser la prospérité des entreprises de presse et enfin d’assurer la paix sociale au sein des organes de presse du Niger». Il a témoigné sa satisfaction à l’endroit des personnes qui ont contribué à la réalisation de ce document qui «régira désormais les relations de travail entre les employeurs et employés des organes de presse dans notre pays».

Du côté des représentants des employés, l’on se félicite de cette avancée significative vers l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles. M. Moudi Moussa qui exerce dans le privé se réjoui de l’aboutissement de ce vieux rêve très longtemps caressé par les employés des médias publics et privés. L’Intersyndical des travailleurs du Niger (ITN) qui regroupe quatre des cinq centrales syndicales les plus représentatives du pays, s’est dit réconfortée d’assister à l’aboutissement de ce projet vieux de plus d’une décennie. Son président, M. Chaibou Tankari, a indiqué que l’intersyndicale va s’engager avec fermeté pour que le processus soit effectif. «Nous allons dialoguer avec ceux qui ne l’ont pas signée pour les amener à la table», a affirmé le leader syndical.

 Souleymane Yahaya(onep)