Mortalité maternelle et infantile en Afrique : Malgré les efforts des Etats, les indicateurs liés à la mortalité maternelle et infantile restent élevés

Société

Edifier les populations africaines sur les questions de santé est l’une des priorités importantes du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement. En ce sens, le REMAPSEN a initié un webinaire, une rencontre virtuelle tournante et périodique dans tous les pays membres. Le Mercredi 3 août 2022 était le tour de la section REMAPSEN Mauritanie d’organiser ce webinaire sur le thème : « Mortalité maternelle et infantile en Afrique ». Pour la circonstance, deux experts, à savoir le Directeur général de la santé publique de la Mauritanie, Dr Mohamed M. Ely et le représentant du Fonds des Nations Unies pour la Population en Mauritanie, Dr. Boutou El Kory se sont appesantis sur plusieurs questions liées à la mortalité maternelle et infantile en se basant sur le cas de la Mauritanie.

Il ressort des communications des experts que la Mauritanie fait partie des pays qui affichent l’un des taux de mortalité maternelle et infantile les plus élevés en Afrique. Malgré les efforts et moyens considérables consentis par les autorités pour améliorer le système de santé, la Mauritanie a enregistré 24 décès pour 100.000 naissances en 2019.

A l’image de plusieurs pays africains, les causes principales ayant conduit la Mauritanie à enregistrer un taux si élevé de mortalité maternelle et infantile réside dans la persistance des pesanteurs socioculturelles, notamment les accouchements à domicile, la non fréquentation régulière des formations sanitaires pour les consultations prénatales, la mauvaise gestion des ressources humaines qui se traduit par une forte concentration du personnel de santé dans les grandes villes, etc.

Plusieurs questions ont attiré l’attention des journalistes participants à ce webinaire. Il s’agit notamment des défis dans le domaine de la santé, les stratégies pour inverser la tendance des indicateurs, la mobilisation et la bonne gestion des ressources humaines et financières, la problématique relative à l’utilisation des méthodes modernes de contraception qui reste une préoccupation majeure en Mauritanie, comme dans beaucoup de pays africains.  

Selon le Directeur général de la Santé publique Dr Mohamed M. Ely, les difficultés d’accès rapide à des soins obstétricaux d’urgence de qualité à tous les niveaux et les besoins non satisfaits encore élevés sont essentiellement à l’origine de cette situation. « L’environnement de la santé de la reproduction, notamment l’accès limité des femmes aux ressources, les obstacles socioculturels et la faible implication des communautés ont aussi une grande part de responsabilité » a expliqué le Directeur général mauritanien de la santé publique.

Par Abdoul-Aziz Ibrahim(onep)