Certains légumes ...
Depuis quelques mois, les marchés de Niamey connaissent une hausse des prix de certains produits, notamment les légumes, la viande et le poisson. Ces denrées, autrefois accessibles à une grande partie de la population, deviennent de plus en plus rares. Entre rareté et flambée des prix, les ménages traversent une période difficile. Les chefs de famille redoublent d’efforts pour parvenir à nourrir leurs proches, tandis que les ménagères doivent constamment adapter leurs habitudes alimentaires.
Au Petit Marché de Niamey, les commerçants constatent eux aussi cette situation. M. Issa Souleymane, vendeur de légumes, explique que la hausse des prix est notamment liée à la période. Selon lui, une grande partie des légumes vendus à Niamey est importée et le mois de septembre n’est pas une période particulièrement favorable à la production maraîchère au Niger. L’oignon, produit incontournable de la cuisine nigérienne, connaît également une forte hausse de prix. « Le grand sac d’oignon qui coûtait auparavant 20 000 FCFA se négocie aujourd’hui à 35 000 FCFA pour celui en provenance du Nigeria et à 40 000 FCFA pour celui du Niger. Le seau varie entre 3 500 et 4 000 FCFA.
Du côté du poisson congelé, le constat est similaire. M. Ousmane Halidou, vendeur de poisson congelé, souligne également une hausse des prix de ces produits qui occupent une place importante dans l’alimentation de nombreux ménages nigériens. « Je me ravitaille au rond-point Moov. Au début, nous prenions le carton de carpe à 16 000 FCFA, mais aujourd’hui, il se négocie entre 21 000 et 22 000 FCFA. Le carton de chinchard, qui coûtait entre 30 000 et 32 000 FCFA, se vend aujourd’hui entre 44 000 et 47 000 FCFA. Quant à la sardine, le carton coûtait auparavant 27 000 FCFA, mais il se négocie aujourd’hui à 32 000 FCFA », explique-t-il. Il ajoute que le prix au kilogramme a également augmenté. La carpe, qui se vendait auparavant à 2 000 FCFA le kilogramme, coûte aujourd’hui 2 500 FCFA. Le chinchard est passé de 1 900 à 2 500 FCFA le kilogramme, tandis que la sardine est passée de 1 300 à 1 600 FCFA.

Du côté de la viande, le même constat se dégage. M. Aminou Idi, vendeur de viande au Petit Marché, explique que la hausse des prix est notamment liée à la rareté du bétail. « La clientèle se fait rare depuis un certain temps. Nous faisons face à un problème d’écoulement de la marchandise. Le prix du kilogramme de viande avec os est passé de 2 500 à 3 000 FCFA, tandis que celui de la viande sans os est passé de 3 500 à 4 500 FCFA », explique-t-il. Selon lui, cette hausse des prix a également un impact sur les habitudes des consommateurs. « Les femmes n’achètent plus comme avant », constate-t-il.
Face à cette situation, les ménages sont contraints de revoir leur manière de s’alimenter. M. Aissa Ibrahim, une jeune maman de 36 ans, explique qu’il devient difficile de maintenir les habitudes alimentaires d’avant. « Depuis un certain temps, je n’achète que la moitié des condiments que j’utilisais auparavant. Pour la viande, je n’en achète plus depuis un moment. Je préfère me procurer de la sardine, qui est relativement moins chère. Avec 1 000 FCFA, je peux trouver une quantité suffisante. Pour les condiments, en revanche, 1 000 FCFA suffisent à peine », témoigne-t-elle.
Maimouna, une autre ménagère, affirme également avoir changé ses habitudes alimentaires en raison de la hausse des prix de la viande et du poisson. « Je préfère désormais préparer mes repas sans viande ni poisson. Je fais du riz au gras simple, de la sauce fokou ou des pâtes alimentaires, qui nécessitent moins d’ingrédients. Je prépare rarement du riz avec sa sauce, car les produits sont devenus tellement chers que mon budget ne me permet plus de cuisiner normalement », se plaint-elle.
La hausse des prix, la rareté de certaines denrées et la baisse du pouvoir d’achat contraignent les ménages nigériens à multiplier les stratégies pour faire face à la situation. Au Petit Marché comme dans d’autres marchés de Niamey, le coût des produits alimentaires demeure une préoccupation majeure pour les consommateurs.
Rabi .I. Guero (ONEP)
