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Xizang ou le Tibet, région autonome de Chine, caractérisée par des chaînes de montagnes, et la spiritualité avec les temples bouddhiques, représente à la fois un aspect singulier de l’histoire de la Chine et le symbole du développement du transport ferroviaire. Du Musée national du Xizang, lieu de synthèse de l’histoire tibétaine, qu’abrite la ville de Lhassa à Xining, chef-lieu de la province de Qinghai, à bord du trans-tibétain, train moderne, pour 22 heures de trajet et 1500 km, on découvre la vie et les activités économiques tibétaines. Dans cette région, le visiteur est surtout confronté aux difficultés de la vie en altitude, raréfaction de l’air, contraintes climatiques et environnementales, auxquelles les populations autochtones vivant au cœur de l’Himalaya ont du s’adapter.
L’appellation officielle de la région est Xizang, mais elle est connue sous le nom de Tibet. C’est une région autonome située dans le sud-ouest de la Chine, à près de 3 760 kilomètres de Pékin. Elle s’étend sur plus de 1,2 million de km2 et son altitude moyenne dépasse 4 000 mètres. Ici, près de 50 ethnies vivent en harmonie, notamment les Tibétains, les Han, les Hui, les Menba, les Lhoba, les Naxi, les Nu et les Dulong. On y trouve également de petites communautés de Deng et de Sherpa sur le plateau. Pour accroître son développement, le Tibet bénéficie du soutien du gouvernement de la République populaire de Chine et suit le rythme du développement national avec des infrastructures modernes. Ce qui fait aussi la particularité du Xizang, c’est que la majorité de ses habitants sont bouddhistes. On rencontre des moines un peu partout.
La principale activité des populations de Xizang, Tibet, repose sur l’agriculture et le tourisme. En ce sens, le Xizang compte 11 réserves naturelles nationales, 4 sites pittoresques nationaux, 3 parcs géologiques, 9 parcs forestiers et 22 parcs nationaux de zones humides. Les espaces naturels protégés représentent près de 41,22 % de la superficie totale de la région.
Quand on arrive dans la région, dès l’aéroport, on a l’impression d’être dans un cratère creusé au milieu des montagnes. L’environnement de Lhassa est sobre et administratif, et la nature offre des merveilles aux visiteurs avec de beaux arbres, des fleurs de toutes sortes qui bordent les voies dans les centres urbains. Dans toute cette région, des montagnes s’enchaînent à perte de vue. La fusion des arbres et des chaînes de montagnes forme une harmonie unique et radieuse.

Ainsi, avec une altitude moyenne qui dépasse 4 000 mètres, les populations vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Fin juin 2026, le jour, la température au Tibet varie entre 15 et 25 °C, tandis qu’elle descend jusqu’à 5 à 8 °C la nuit. Cette variation rend la vie difficile et pour les étrangers, respirer correctement au Tibet relève d’un défi majeur. Il faut souvent utiliser des appareils à oxygène pour pouvoir respirer. Le rayonnement ultraviolet est très intense et l’air est sec. Toutes les précautions ne nous ont pas évité de vivre le calvaire de l’altitude car nous dormions toutes les nuits avec des appareils à oxygène.
Des membres des délégations en visite au Tibet pour la célébration du projet « Talents ferroviaires africains », ayant séjourné du 22 au 25 juin 2026, ont ainsi souffert du mal de l’altitude et en ont fait l’expérience. « Il vous est strictement interdit de prendre un bain ou une douche durant les deux premiers jours, soit 48 heures, après votre arrivée au Xizang. Le lavage des cheveux est particulièrement déconseillé. En revanche, vous pouvez vous laver le visage. Même après ces 48 heures, évaluez votre état de santé avant de vous laver et évitez les douches trop longues. Vous devez adopter d’abord une alimentation légère. Pendant les 48 premières heures, mangez léger et arrêtez-vous quand vous êtes rassasié à 60-70%. Ce n’est qu’après trois jours que vous pourrez manger à votre faim et vous permettre des repas riches. En raison du climat particulier du Xizang, extrêmement sec, nous vous conseillons de rester toujours bien hydraté » prévient Dr Kang Kuoh, médecin en service à Lhassa.
Chez les moines du temple du Jokhang et du palais du Potala
Le bouddhisme est l’identité remarquable du Xizang, avec des temples et des lieux de haute spiritualité. Parmi ces lieux mythiques bouddhistes de référence, il y a le temple du Jokhang et le Palais du Potala, où des moines consacrent leur vie au bouddhisme. A ces deux lieux de référence du bouddhisme convergent des milliers de fidèles et de visiteurs. Ces lieux, principaux centres d’attractions touristiques, font de Lhassa une ville politique, économique et culturelle du Tibet. Ils jouent un rôle essentiel dans la promotion et la préservation du patrimoine culturel tibétain.
Le temple du Jokhang, qui signifie « Maison des Bouddhas », et le palais du Potala, ancienne résidence des Dalaï-Lamas, constituent les principaux lieux de prière pour les moines et les adeptes du bouddhisme qui viennent tous les jours s’y recueillir. Les bâtiments du temple et du palais du Potala sont construits dans le respect de l’architecture traditionnelle tibétaine et chinoise avec des toitures multicolores et imposantes. Toutes les constructions sont réalisées en terre, en pierre et en bois. A l’intérieur et autour du temple et du palais du Potala, des moines vêtus du kesa, leur célèbre tenue rouge orangé, intensifient les prières. Certains font des incantations, d’autres préparent une boisson à base de beurre de yak destinée aux fidèles, d’autres collectent des contributions, des dons et des offrandes, et d’autres encore assistent les fidèles venus solliciter des bénédictions et les visiteurs.
A l’intérieur de ces sites historiques, au milieu de gigantesques statues dorées représentant les différents Bouddhas, les visiteurs respirent la forte odeur de l’encens. « A l’intérieur des temples, il est strictement interdit de filmer, et encore moins de prendre des photos. Ni le ciment ni le fer ne sont utilisés pour la construction de ce grand temple. Tous les jours, matin et soir, les moines prient, parfois en groupe. Les habitants viennent solliciter des prières pour la résolution de leurs problèmes, la prospérité ou la santé. Les gens font aussi des offrandes aux moines », explique un guide touristique du Tibet, M. Penpa.
Selon Penpa, les murs du temple Jokhang, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994, et le Palais du Potala racontent plus de 1 300 ans d’histoire. Il précise que le temple a été construit par le roi tibétain Songtsen Gampo au 7e siècle. Sa statue ainsi que celles de ses deux épouses, les princesses Wencheng, de Chine, et Bhrikuti, du Népal, sont exposées dans le labyrinthe du temple de Jokhang. « Chaque jour, environ 1 500 personnes visitent l’édifice et doivent débourser 80 yuans, soit environ 6 500 francs CFA, pour acheter le ticket d’accès au site », précise Penpa.
S’agissant du Palais du Potala, présenté comme l’ancienne résidence et le cimetière des Dalaï-Lamas, il signifie « Palais du Bouddha de la Compassion ». Construit sur les hauteurs, à près de 3 700 mètres d’altitude, haut de 13 étages, ce chef-d’œuvre a été édifié par le roi Songtsen Gampo au 7ᵉ siècle. Le Palais du Potala est constitué de deux parties à savoir le Palais blanc et le Palais rouge. Le Palais blanc constitue le bâtiment administratif des moines et de leur chef, le Dalaï-Lama, tandis que le Palais rouge constitue le centre spirituel.
Dans le hall du Palais blanc, une immense fresque murale raconte 300 ans d’histoire à travers des inscriptions tibétaines. Une jeune femme du nom de Tsering Dekyi, guide officielle du palais avec une maîtrise parfaite de ce palais, précise que depuis la construction du palais Potala, les travaux annuels de peinture du palais ne font appel à aucun produit chimique, en dehors du sable coloré provenant de différentes montagnes du Tibet mélangé au lait de yak et au miel afin d’obtenir les différentes couleurs.

Au palais du Potala, le trône des treize Dalaï-Lamas est toujours conservé en l’état. Il y a également la présentation du dernier Dalaï-Lama, actuellement en exil en Inde depuis plusieurs décennies. Les salles d’étude, les salles de réunion, la chambre personnelle du Dalaï-Lama ainsi que les livres sont toujours entretenus par les moines qui vivent et travaillent dans le palais, sous la protection du grand Bouddha recouvert d’or, appelé le « Bouddha du futur ». Le palais est à la fois un lieu de vie et de travail des Dalaï-Lamas, mais aussi le lieu qui abrite actuellement les tombeaux de huit Dalaï-Lamas.
Le Musée National de Xizang, le grenier de l’histoire tibétaine
Un autre site important de la ville de Lhassa, c’est le Musée National de Xizang. Ce musée, consacré à l’histoire, aux arts et aux cultures tibétains, est perçu comme le grenier et le réservoir de l’histoire du Tibet. Ses collections conservées comprennent plus de 520 000 objets patrimoniaux à savoir des thangkas, peintures bouddhiques sur rouleau, des manuscrits et livres anciens, des objets religieux, des textiles, des porcelaines, du jade, des pièces d’orfèvrerie, des documents historiques et des reconstitutions avec des statues d’événements historiques.
Selon M. Jaw Long, conservateur au Musée National de Xizang, au milieu du XIIIe siècle, les négociations de Liangzhou aboutirent et le Tibet devint une région administrative placée sous la juridiction directe du gouvernement central de la dynastie Yuan. En 1368, après l’établissement de la dynastie Ming, celle-ci maintint la juridiction de la dynastie Yuan sur le Tibet en envoyant des émissaires pour pacifier la région et en procédant à un échange de sceaux officiels. Durant cette période, les gouvernements centraux des dynasties Yuan et Ming exercèrent sans interruption leur souveraineté et leur juridiction sur le Tibet. « A la fin du Paléolithique, des êtres humains vivaient déjà sur le plateau tibétain, prélude au développement de la région. Jusqu’à présent, les archéologues ont collecté un grand nombre d’outils en pierre taillée datant de 50 000 ans, provenant de huit sites, dont Rutog, Tingri, Gyirong, Xainza et Bangoin. De plus, ils ont mis au jour différents types d’outils en pierre taillée sur le site de Nwya Devu, dont les strates datent clairement de 40 000 à 30 000 ans », a fait savoir le conservateur M. Jaw Long.
22 heures à bord du train, Lhassa-Xining : quand l’exploit ferroviaire contribue au développement
Assurément, la Chine a conquis les hauts plateaux, ce lieu considéré comme le toit du monde où le ciel et la terre sont plus proches, par les rails. Ici, le développement des lignes ferrées dépasse l’imagination. Pour constater et vivre l’exploit ferroviaire qui a boosté l’économie locale et contribue au développement de la Chine, nous avons parcouru 1956 km en 22h à bord du train trans-tibétain de Lhassa, la capitale du Tibet, à Xining, chef-lieu de la province de Qinghai.
Le voyage à bord de ce train, sur l’une des plus hautes altitudes du monde, effectué le jeudi 25 juin 2026, nous a offert une expérience de voyage inédite, traversant des montagnes, des tunnels spectaculaires, des croisements et descentes, donnant droit à une expérience unique au milieu de paysages magnifiques. Ce train de 14 voitures n’est pas un TGV, mais un train moderne qui dispose de toutes les commodités permettant de faire de longs voyages sans arrêt. A bord, il y a des compartiments de couchettes avec des lits superposés, dont 6 lits pour la cabine ordinaire, des lits individuels pour les cabinets VIP, douches à tous les niveaux, des restaurants dans certains wagons, des boutiques et un mini-supermarché. Un véritable cadre de voyage qui attire les touristes.
L’intérêt pour les voyageurs, c’est la possibilité de contempler la beauté des paysages, les chaînes de montagnes du Tibet, la biodiversité par endroits couverte de verdure et de neige. Par endroits, on a l’impression de voyager dans un lieu où l’on peut toucher les nuages, tellement le ciel est proche de nos yeux.

Ce voyage intervient dans une période marquée par le 70e anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique, ainsi que le 20e anniversaire de l’ouverture du chemin de fer Qinghai-Tibet et le 50e anniversaire de la construction du chemin de fer Tazara. Pour explorer un projet chinois ambitieux qui a déjà commencé dans certains pays africains et qui prévoit de connecter l’Afrique par le rail, le voyage a été placé sous le signe des « Talents ferroviaires africains » avec divers acteurs africains des experts du secteur ferroviaires. M. Sougueh Ismael, responsable à la Société Djiboutienne du Chemin de fer, Yichou-Djibouti Railway, participant au programme « Talents ferroviaires africains » à Lhassa, était à bord de ce train. C’est un expert qui maîtrise la gestion du chemin de fer Djibouti-Addis-Abeba, construit et exploité avec la Chine, qui relie Addis-Abeba à Djibouti. Il rappelle que le chemin de fer Yichou-Djibouti Railway, long de 750 km électrifiés, a été mis en service en 2018 après un appel d’offres international remporté par les Chinois. Il témoigne que la Chine travaille dans le cadre de sa coopération avec l’Afrique pour développer un projet majeur de chemin de fer où le «transfert de compétences» et le «handover» seront les éléments de base. Il estime que le fret ferroviaire n’est pas dépassé. Le train moderne reste essentiel pour connecter les pays enclavés et créer une vraie chaîne de valeur africaine. « Si on arrive à développer ce genre d’infrastructures en Afrique avec des rails électrifiés, ce sera un atout écologique et économique, car cela va pousser les pays à investir dans la production d’électricité en quantité et en qualité, et l’impact économique sera visible. Le rail moderne est un outil économique sur lequel les pays doivent miser pour faciliter le transport, mais surtout l’import et l’export des marchandises. Imaginez un peu l’impact d’un chemin de fer traversant les zones de concentration de tout un pays » indique l’expert, plaidant pour la relance du rail en Afrique.
Dans ce train, un staff de 16 membres, dirigé par le Capitaine Ma Junyoj, assure la coordination. « La Chine est le symbole du transport ferroviaire. Toutes les provinces de la Chine sont interconnectées. Lors de la construction du chemin de fer Qinghai-Xizang, nous avons misé sur la technologie et nous avons aménagé des passages spéciaux pour les animaux afin de protéger la biodiversité » déclare le Capitaine Ma Junyoj.
A noter que le 26 août 2026, la région autonome du Xizang a été durement touchée par une catastrophe glaciaire. L’effondrement d’un glacier dans l’Himalaya a provoqué une forte crue passagère et des coulées de boue catastrophiques à la frontière entre le Népal et la Chine. Cette situation a causé d’importants dégâts matériels, 16 morts et des centaines de disparus.
Abdoul-Aziz Ibrahim, de retour de la Chine
