Des sacs de céréales destinés à la vente à prix modéré
Pour faire face aux défis alimentaires, exacerbés par l’insécurité dans certaines localités du pays, l’État renforce les actions pour garantir l’accès aux denrées de première nécessité et soutenir les populations vulnérables. Cela à travers les ventes de céréales à prix modéré (VCPM), les distributions gratuites ciblées (DGC), et les investissements stratégiques dans le « Programme Grande Irrigation (PGI), dont le but est d’assurer la sécurité alimentaire.
Le 31 juillet 2025, à Ouallam, dans la région de Tillabéri, le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Abdoulaye Seydou, a procédé au lancement officiel de la vaste opération nationale de vente de céréales à prix modéré et de distribution gratuite ciblée. À cette occasion, il a souligné les efforts déployés par l’État pour atténuer les effets des crises alimentaires et sécuritaires. Selon ses explications, près de 14.300 tonnes de céréales, composées de mil, de sorgho et de maïs, sont destinées à être distribuées gratuitement dans 157 communes réparties dans les 8 régions du pays afin de soutenir environ un million de personnes pendant le mois d’août 2025. Dans le même temps, 600.000 tonnes de vivres, dont 200 000 tonnes de mil, sorgho et maïs et 40 000 tonnes de riz, sont mises en vente dans les 266 communes, pour toucher chaque mois 300.000 ménages, soit plus de 2,1 millions de personnes entre août et septembre.
Les céréales sont vendues à un tarif unique fixé par l’État : 13 000 FCFA pour le sac de 100 kg de mil, sorgho et maïs, et 11. 000 FCFA pour le sac de 25 kg de riz. Cette politique de prix harmonisés vise à préserver le pouvoir d’achat des ménages et à contenir toute tentation spéculative, particulièrement durant la période critique de soudure.
La région de Tillaberi a bénéficié de 13. 940 tonnes de céréales. Ce déploiement important témoigne de l’attention particulière que porte le gouvernement aux zones les plus affectées, avec 549.630 personnes identifiées comme étant en situation alimentaire difficile. Un chiffre qui grimpe à 769 439 personnes durant la période critique de juin à Août 2025. Ainsi, l’Etat a structuré cette aide en allouant 10.700 tonnes à la vente à prix modéré et 3.240 tonnes pour la distribution gratuite.
À Agadez, le gouvernement a lancé officiellement, le 19 août 2025, une opération remarquable avec 3. 020 tonnes de céréales déployées en deux phases pour couvrir les besoins de 15.100 ménages, soit environ 105.700 personnes. Chaque phase mobilise 1.510 tonnes comprenant 10.330 tonnes de riz et 480 tonnes de mil, sorgho et maïs. L’aspect le plus révélateur de l’engagement gouvernemental réside dans l’allocation de 950 tonnes exclusivement destinées à la distribution gratuite, bénéficiant directement à 9.500 ménages vulnérables représentant près de 66.500 personnes.

La stratégie gouvernementale se déploie avec force dans la région de Tahoua, où l’opération lancée en août 2025 mobilise 7 670 tonnes de céréales au total, réparties entre 3.540 tonnes de riz et 1.800 tonnes de mil, sorgho et maïs pour la vente à prix modéré, complétées par 2.330 tonnes pour la distribution gratuite ciblée. Cette intervention gouvernementale a bénéficié à 23.300 ménages répartis dans 28 communes identifiées comme vulnérables.
À Maradi, le gouvernement a officiellement lancé son opération le 14 août 2025, mettant en avant sa politique de proximité. Un volume total de 5 410 tonnes de céréales a été mobilisé, dont 3 700 tonnes de riz et 1 710 tonnes de mil, sorgho et maïs. 60 tonnes sont destinées à la distribution gratuite ciblée.
Diffa a bénéficié d’une quantité de céréales de 1.530 tonnes lors du lancement de l’opération le 14 août 2025. Il s’agit essentiellement du mil, du sorgho, du maïs et du riz. Niamey, la capitale, où l’opération vente à prix modéré et distribution gratuite a été lancée le 20 août 2025, a bénéficié de 850 tonnes de céréales, dont 600 tonnes de riz, 100 tonnes de mil, 100 tonnes de maïs et 50 tonnes de sorgho.

Enfin la région de Zinder avait bénéficié du soutien gouvernemental avec une quantité de 3.050 tonnes de céréales depuis mars 2024. Il s’agit de 845 tonnes de mil, 55 tonnes de sorgho et 2 150 tonnes de riz. L’opération a ciblé 30.500 ménages, touchant environ 213 500 personnes.

À travers ces opérations sur l’ensemble du territoire, l’État mise sur une gouvernance participative en créant des comités de vente localement sous contrôle administratif, en toute transparence et équité dans la distribution. Ce sont des dizaines de milliers de tonnes de céréales qui sont déployées pour soutenir des centaines de milliers de personnes. Tout ceci illustre la priorité donnée à la lutte contre l’insécurité alimentaire.
Programme Grande Irrigation : levier pour la souveraineté alimentaire
Parallèlement à ces actions, le Programme Grande Irrigation (PGI) représente un levier stratégique pour le renforcement durable de la souveraineté alimentaire. Lors de la conférence des cadres de l’administration territoriale à Tahoua, le 10 septembre 2025, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Elhadji Mahaman Ousmane, a rappelé que le programme, couvrant la période 2024-2027, vise à développer « 21.200 hectares de nouvelles terres et réhabiliter 10.000 hectares supplémentaires, pour un total de 39. 700 hectares de périmètres hydro-agricoles. La production attendue dépasse 700. 000 tonnes de riz, en plus de plusieurs milliers de tonnes de maïs, blé, luzerne et fourrages ».
La valorisation de 350. 000 hectares pour la petite irrigation devraient permettre de produire 1,28 million de tonnes de céréales supplémentaires. Avec un budget de 520 milliards de FCFA, soutenu par la Banque Mondiale, la BAD, la BOAD ainsi que les coopérations italienne et allemande, le PGI est mis en œuvre par l’ONAHA, maître d’ouvrage délégué, à travers des projets comme PACIPA, PISEN, PISA 2 et Kandadji. L’objectif ultime est d’assurer la sécurité alimentaire, de réduire le déficit céréalier, de créer des emplois, de moderniser les infrastructures et d’améliorer la résilience agricole.
Les ventes à prix modéré, les distributions gratuites ciblées et le PGI s’inscrivent dans une stratégie cohérente du pays. En effet, elles permettent de rendre les céréales financièrement accessibles aux ménages, surtout les plus vulnérables. Elles permettent aussi de stabiliser les prix, de prévenir la spéculation et de garantir la disponibilité des vivres sur le territoire national. Ce faisant, le gouvernement consolide ainsi la souveraineté alimentaire du pays.
Oumar Issoufou (ONEP)
