Le ministre de la Justice (micro) tirant la synthèse de la mission à Zinder
Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a bouclé sa mission dans la région de Zinder par une série de visites, les 4 et 5 juillet 2026, dans plusieurs départements. La mission à Zinder du ministre s’inscrit dans le cadre des visites de proximité entreprises au sein des juridictions et établissements pénitentiaires afin de s’enquérir des conditions de travail des acteurs de la justice, d’évaluer le fonctionnement des services judiciaires et pénitentiaires et d’apprécier les conditions de détention des personnes privées de liberté.
La maison d’arrêt de Belbédji, une des étapes de la visite du ministre, accueille 74 détenus encadrés par 94 agents. Après la visite des installations, le régisseur a exposé au ministre les difficultés rencontrées, notamment l’insuffisance de l’accès à l’eau et à l’électricité.
À Tanout, le ministre et sa délégation ont également visité la maison d’arrêt, construite en 2022, après l’effondrement de l’ancienne prison datant de l’époque coloniale. Elle héberge 259 pensionnaires pour une capacité d’accueil de 300 détenus, dont 39 % de condamnés et 61 % de prévenus, hommes et femmes. Le régisseur a particulièrement mis en avant les initiatives de production engagées au sein de la maison d’arrêt. Malgré sa construction récente, la prison manque de mur de clôture.
Au cours des échanges, le ministre a salué les initiatives de production développées par la maison d’arrêt de Tanout et a assuré que les doléances formulées seront examinées en fonction des ressources disponibles. Il a également félicité le personnel pénitentiaire pour les efforts consentis dans l’entretien de l’établissement et le maintien de la sécurité. Il a toutefois rappelé que les capacités d’intervention de l’État demeurent tributaires du contexte national. M Alio Daouda a aussi insisté sur la mise en œuvre du nouvel arrêté portant régime intérieur des établissements pénitentiaires. Il a invité les autorités administratives à installer les commissions de surveillance des établissements pénitentiaires prévues par ce texte afin d’associer les différents services de l’État, la chefferie traditionnelle, les leaders religieux et les organisations de la société civile à l’amélioration des conditions de détention. Par ailleurs, il a rappelé que le ministère poursuit sa politique de développement de la production pénitentiaire à travers la mise à disposition de terres agricoles au profit des maisons d’arrêt du Niger.
Après la visite de la maison d’arrêt, le ministre a présidé une réunion de travail au tribunal d’instance de Belbédji avec les magistrats, greffiers et autres responsables de l’appareil judiciaire. Les échanges ont porté sur le fonctionnement des juridictions, le traitement des dossiers, la discipline au sein des services judiciaires ainsi que la nécessité d’assurer une justice de proximité, plus efficace et plus accessible aux citoyens.
À Magaria, où il était le 5 juillet, le ministre a également visité la maison d’arrêt avant de rencontrer les responsables de la juridiction. Créée en 1945, cette prison accueille près de 300 détenus répartis entre hommes, femmes et mineurs. L’établissement dispose d’une infirmerie, d’une mosquée, d’un magasin de stockage, d’un parloir sécurisé et bénéficie d’un accès à l’eau potable. Le régisseur a toutefois relevé l’absence de véritables infrastructures destinées à la réinsertion socioprofessionnelle des personnes détenues. Au cours des échanges avec les magistrats et responsables judiciaires qui ont suivi la visite, le ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer le traitement des dossiers, renforcer la coordination entre les différents acteurs et poursuivre les réformes engagées par le ministère afin d’améliorer le fonctionnement des juridictions et des établissements pénitentiaires.
La mission s’est ensuite poursuivie à Matamèye, où la délégation ministérielle, après avoir visité la maison d’arrêt de la localité, a tenu une séance de travail avec les responsables de la juridiction. Créée en 1980, cette maison d’arrêt héberge 213 détenus pour une capacité théorique de 100 places. Le régisseur a indiqué que, malgré cette forte pression carcérale, le personnel pénitentiaire demeure mobilisé pour assurer la sécurité de l’établissement, l’exécution des décisions de justice ainsi que le respect des droits fondamentaux des détenus. Il a également salué les réformes engagées par le ministère. À l’issue de la visite guidée, le ministre a exprimé sa préoccupation face au niveau de surpopulation observé. « Même s’il existe un relatif équilibre entre détenus préventifs et condamnés, nous devons poursuivre nos efforts pour réduire davantage le recours à la détention préventive », a-t-il déclaré. Le Garde des Sceaux a rappelé que les autorités du pays ont engagé une nouvelle politique pénitentiaire axée sur le désengorgement des prisons, l’humanisation des conditions de détention et le respect des droits humains.
Le ministre a également présenté les principales innovations de la nouvelle politique pénitentiaire, notamment l’introduction des mesures alternatives à l’incarcération, telles que le travail d’intérêt général, ainsi que la promotion de la production pénitentiaire. Il a aussi déclaré que chaque établissement pénitentiaire devra bénéficier d’un terrain d’au moins dix hectares destiné aux activités de production agricole.
Rabiou Dogo, ONEP Zinder
