Le jeune Moustapha Midji dans son atelier...
À Zinder, le secteur du recyclage de la ferraille joue un rôle essentiel dans l’économie locale. Il offre des opportunités d’emploi à de nombreux jeunes qui s’investissent dans la collecte, le transport et la revente de matériaux usagés. Bien que souvent négligée, la ferraille représente aujourd’hui une matière première stratégique tant pour les acteurs locaux que pour les marchés sous régionaux. C’est dans ce contexte que Moustapha Midji, un jeune commerçant originaire de Zinder, s’est distingué. Bien qu’il n’ait pas eu la chance de fréquenter l’école, il s’est très tôt lancé dans le commerce de la ferraille, devenant aujourd’hui un acteur reconnu dans son quartier.
Conscient des réalités du chômage chez les jeunes, même diplômés, Moustapha s’est donné pour mission d’encourager l’auto-emploi. Il parcourt les différents quartiers à la recherche de ferrailles qu’il centralise dans son dépôt, devenu aujourd’hui un grand espace d’activité économique. « J’ai ouvert un espace dans mon quartier où les enfants, les garagistes, les réparateurs de vélos, de motos ou de voitures viennent déposer toutes sortes de fer usagé », explique-t-il. Cette activité, dit-il, a pris de l’ampleur, surtout chez les jeunes. « Elle joue un rôle social et économique important dans une société majoritairement agricole », précise-t-il. Moustapha gère toute la logistique, de la collecte au transport de la ferraille. Grâce à sa détermination et à son professionnalisme, il est aujourd’hui une fierté pour la jeunesse de Zinder.
Moustapha Midji explique le fonctionnement de son commerce. « Le prix du fer varie selon le poids. Un kilo est acheté à 100 FCFA. On pèse, on additionne et on paie la somme », explique-t-il. Il travaille également en partenariat avec les garages. « Je rends visite aux différents garages de la ville et je repars souvent avec d’importantes quantités de fer rouillé ou défectueux », ajoute-t-il. Cependant, ce commerce est confronté à de nombreux défis, notamment en matière de transport.
Auparavant, Moustapha acheminait facilement sa marchandise vers le Nigeria où les transactions étaient simples et rapides. « Là-bas, on pèse les quantités, on fait les calculs, et je reviens avec mon argent en poche », affirme-t-il. Mais depuis la mise en place des nouvelles réformes économiques au Niger, l’exportation vers le Nigeria a été interdite. Les autorités ont désigné un nouveau point de collecte dans la région de Dosso, ce qui complique la logistique pour les commerçants de Zinder. Face à la distance et aux coûts supplémentaires, certains jeunes ont abandonné cette activité. Mais Moustapha, lui, persévère. « Je reste fidèle à ce métier et j’encourage les jeunes à s’y intéresser. Cela leur permettrait de subvenir à leurs besoins, d’éviter le chômage et de devenir autonomes. C’est aussi une manière de contribuer à l’économie du pays », conclut-il.
Hadiza Salifou (stagiaire), ONEP Zinder
