Moustapha Alou
A première vue, l’opération de dépollution de la ceinture verte, engagée le week-end dernier par l’Administrateur délégué de la Ville de Niamey, semble être herculéenne tant les immondices, les déchets de toute sorte, les occupations anarchiques, s’étendant à perte de vue, ont conquis cet immense espace naguère vert, jadis verdoyant.
En effet, conçu pour être le poumon vert de la capitale comme l’a rappelé l’Administrateur délégué de la Ville de Niamey, et un rempart contre l’avancée du désert, la ceinture verte est devenue, malheureusement, au fil des années, à cause des actions anthropiques surtout, et une négligence certaine à certains niveaux de prise de décision, un fourre-tout à ciel ouvert, bref un dépotoir « sauvage –urbain » de grande envergure.
C’est donc pour reconquérir ce joyau écologique et lui redonner son lustre initial que l’administrateur de la Ville de Niamey a décidé avec détermination d’engager cette vaste opération de salubrité publique dans la ceinture verte qui représente, il faut le relever, plus de quarante (40) ans d’investissement de l’Etat.
D’ailleurs, la population de Niamey enthousiaste, consciente de la nécessité d’avoir un espace vert, un cadre de vie agréable et convaincue de l’importance vitale de l’opération, a répondu massivement présente à l’appel de la Ville de Niamey en participant volontairement à l’opération.
La présence du ministre de l’Environnement, dont le département ministériel est chargé de définir, concevoir, élaborer et mettre en œuvre les politiques nationales environnementales, témoigne, somme toute, de l’intérêt que l’Etat porte à la ceinture verte et marque sa volonté d’assainir cette bande verte de 1 Km de large sur 25 Km de long, espace boisé couvrant plus de 2 331 hectares, s’étendant de l’hippodrome à l’Est jusqu’au fleuve Niger, créée pour protéger l’environnement périurbain de la capitale contre les aléas climatiques et amortir les impacts de la dégradation du couvert végétal autour de Niamey.
Au demeurant, il y a deux ans déjà, la Ville de Niamey avait initié une opération de désensablement et de curage de la mare artificielle de la ceinture verte suivie d’une campagne de démoustication de cette aire protégée.
L’opération du week-end dernier, qui n’est donc pas la première du genre initiée par l’Administrateur délégué dans la ceinture verte, entre, en vérité, dans le cadre global du plan d’assainissement de la Ville de Niamey qui a pour objectifs de donner un nouveau visage à la capitale dans tous ses compartiments et améliorer le cadre de vie des populations de la capitale.
Au-delà de la ceinture verte, il s’agit, à travers les différentes actions telles que l’initiative « une semaine, un quartier », les plantations d’arbres, de reconstruire, remodeler et offrir une nouvelle image à la Ville de Niamey. Cette dynamique de reconquête de la ceinture verte sera poursuivie puisque l’opération n’est qu’à sa toute première phase.
Du reste, des campagnes de sensibilisation et de communication pour un changement de comportement sont initiées par la Ville de Niamey pour éviter une nouvelle dégradation du site. En termes clairs, il s’agit pour la municipalité à court, moyen et long termes, de réduire significativement la pollution de la ceinture verte, améliorer, de ce fait, le cadre de vie de la capitale et renforcer la conscience écologique des citoyens.
Moustapha Alou (ONEP)
