… et tendance haussière également des prix des condiments

Dossier

Comme à l’accoutumée à l’orée de la fête de ramadan à Niamey, il est constaté une hausse subite des prix des produits de première nécessité. Le pouvoir d’achat déjà mal en point des nigériens va de mal en pis dans cette dernière décade du mois béni. Outre les dépenses faramineuses faites pour l’achat des articles vestimentaires, les nigériens doivent également mettre la main à la poche afin de s’offrir un repas digne de la fête. En effet, dans cette dernière partie où il est recommandé de multiplier les bonnes actions, certains véreux profitent de l’occasion pour ‘’gonfler ‘’ les prix des produits. A cette heure de veille de fête, même le sel n’est pas épargné ; la tendance est à la hausse des prix. 

 Les mesures de condiments qui se vendaient il y a une semaine à vil reviennent aujourd’hui à des prix ‘’incroyables et aigres’’. Cette situation enivrante épuise moralement le pauvre nigérien qui aspire à offrir un mets copieux à sa famille à cette ‘’grande occasion’’ où les plats de fête sont en compétition.

Dans beaucoup de marchés de la ville de Niamey, le constat est juste amer. La hausse des prix de condiments et surtout de l’huile est juste écœurant.Cette situation a engendré une certaine morosité dans les marchés.A la question de savoir pourquoi le même scénario chaque année et à la même période, le jeune Saidou, vendeur de condiments au petit marché affirme que cela ne dépend pas en réalité d’eux. « Tous ces produits que vous voyez sur nos étalages sont pour la plupart des produits qui proviennent des pays voisins», a précisé Saidou. D’après lui, c’est d’abord chez le fournisseur que le prix augmente et eux en tant que revendeurs sont dans l’obligation d’augmenter pour pouvoir en tirer bénéfice.

Prenant comme exemple le carton de la tomate fraiche, le jeune vendeur a confié qu’il y a une semaine de cela, il se vendait à 4000 F voire 5000 F. Mais aujourd’hui, a dit Saidou avec un air mélancolique, le prix du même carton vacille entre 12500 F et 15000F. Quant à la petite mesure, il a fait savoir que la tasse se vend à 2000 F et le seau à 4000 F.

Poursuivant comme pour se décharger d’un fardeau, il a ajouté que le prix du sac de piment frais, cet ingrédient qui donne du piquant aux sauces a aussi augmenté. En effet, de 18000F, le sac est maintenant vendu à 40000F.  Selon Saidou, les prix du chou, de la carotte, des concombres ainsi que de l’aubergine ont également été revus à la hausse. Seuls, a-t-il dit, les prix de l’oignon, du gombo et du poivron sont restés pour le moment stables.

Un autre vendeur répondant au nom de Aliou abondant dans le même sens que Saidou, a déclaré que « eux même n’arrivent pas à expliquer la situation ». Pour sa part, il a, ajouté que le prix de l’ail, contrairement aux semaines passées, a beaucoup baissé (la tasse vendue à 6000F est vendue à présent à 3000F).

Cependant, si les vendeurs cherchent à ‘laver leur nom’’ dans cette affaire de hausse de prix, certains clients ne sont pas convaincus par leurs arguments. A voir les têtes des clients devant les étalages brillant de mille couleurs chatoyantes de tomates fraiches, concombres, haricots verts et autres, on peut lire le sentiment de désolation et d’indignation face à cette situation.

Nombreux sont les clients comme Mme Fati qui expriment leur frustration quant à la hausse subite des condiments. D’autres, dépassés par la situation, fatiguent leur bouche en poussant un grand juron avant de poursuivre leur chemin. Toutefois, malgré cette hausse subite, l’ambiance est plus ou moins à la fête dans les marchés même si cette année on remarque un engouement faible des clients.

Par Rahila Tagou(onep)