La Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) tient, depuis le 11 juin à Lomé, la deuxième édition des « BOAD Development Days », qui structure les projets bancables, renforce les partenariats entre investisseurs et décideurs, en proposant des solutions concrètes aux défis de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). « Bâtir l’avenir de l’UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique », est le thème autour duquel les experts venus de 25 pays du monde entier sont en train de tabler pour chercher une solution. Ce qui fait dire au président de la BOAD, Serge Ekoué, que « l’habitat dépasse largement la seule question du logement. Il est au cœur de notre projet de société, de notre développement économique et de notre ambition collective de souveraineté ».
Il est de notoriété publique que dans l’espace UEMOA la forte croissance démographique entraîne une pression accrue sur les villes, notamment en matière d’accès à un logement de qualité. Cette situation crée des défis structurels majeurs liés à l’urbanisation, au financement de l’habitat et à la durabilité énergétique. Devant ce sombre tableau, le logement apparaît comme un levier stratégique de développement économique, capable de booster le secteur financier et de générer des emplois.
Le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Serge Ekue, a souligné l’importance stratégique de cette rencontre, organisée dans un contexte marqué par une urbanisation rapide, une forte croissance démographique et les impératifs de la transition énergétique. Le dirigeant de la BOAD a insisté sur le lien désormais indissociable entre habitat et énergie. À ses yeux, un logement moderne doit être alimenté par une énergie fiable, accessible et durable, tandis qu’un habitat résilient doit être capable de produire, gérer et optimiser sa consommation énergétique.
Selon les statistiques régionales, l’UEMOA fait face à des mutations démographiques majeures. La population de l’espace augmente de plus de 3 % par an et devrait dépasser les 300 millions d’habitants d’ici 2050. Plus de la moitié de cette population vivra alors en milieu urbain.
Face à cette évolution, Serge Ekue affirme que les modèles actuels ne suffisent plus. L’accélération de l’urbanisation, conjuguée aux défis énergétiques et climatiques, impose de repenser les modes de conception, de construction et de financement de l’habitat. « Nous avons le choix entre subir cette urbanisation ou la transformer en un formidable levier de croissance », a-t-il ajouté, appelant les acteurs présents à passer « du constat à l’action ».
Pour le président de la BOAD, l’habitat constitue également un puissant levier économique. Le financement du logement durable permet de créer des emplois locaux, de développer les filières de matériaux de construction, de réduire les dépenses énergétiques des ménages et de renforcer la cohésion sociale. Il a rappelé que le secteur de l’habitat figure parmi les priorités du plan stratégique Djoliba 2021-2025, dont les résultats ont permis à la banque régionale de renforcer son impact malgré un contexte international marqué par plusieurs crises.
M. Serge Ekue a indiqué que la BOAD soutient la mise en place d’un « Label Bâtiment Vert UEMOA », présenté comme un référentiel régional destiné à attirer les financements internationaux dédiés à la lutte contre le changement climatique. « Un logement décent n’est pas un privilège. C’est un droit », a dit Serge Ekue. La BOAD a également présenté le bilan de ses interventions dans le secteur. Entre 2021 et 2025, l’institution a mobilisé 3 765 milliards de FCFA pour le financement du logement dans l’espace UEMOA. Ces investissements ont permis la réalisation de 31 500 logements sociaux, contribuant à améliorer l’accès à l’habitat pour des milliers de ménages dans la région.
Oumarou Moussa
