Les femmes de Loga renforcent leur autonomie ...
Dans le département de Loga, plusieurs groupements féminins s’activent dans la transformation agroalimentaire, le petit commerce et la production des pépinières. Ces activités constituent une source de revenus non négligeable qui contribue à l’autonomisation financière de cette couche vulnérable de la population, mais aussi à leur participation effective dans le développement local et la valorisation des savoir-faire dans ce département.
Certains de ces groupements féminins produisent de la pâte d’arachide, de l’huile et du tourteau, tandis que d’autres se consacrent au petit commerce, notamment la vente de balais et de biscuits. Ces initiatives renforcent non seulement l’autonomie des femmes mais participent également à la dynamisation de l’économie locale et à la promotion de produits transformés localement à forte valeur ajoutée.
Le groupement Faraha, composé de 15 femmes spécialisées dans la production d’huile d’arachide et de tourteau, en est une illustration. « Nous vendons la pâte en boîte à 1 500 FCFA et le litre d’huile à 1 400 FCFA sur le marché de Loga. Nous recevons beaucoup de commandes de Niamey », explique la présidente de Faraha, Mme Rakia. Elle ajoute que chaque jour, le groupement traite un sac d’arachide acheté à 60 000 FCFA sur le marché, générant un bénéfice d’environ 20 000 FCFA. « Les bénéfices sont versés dans une caisse commune qui sert de fonds de solidarité et elle aide les membres ou leurs familles en cas de maladie ou de besoin financier », confie-t-elle.
Quant au groupement Gakassiney, il excelle dans plusieurs activités génératrices de revenus, notamment la production d’huile d’arachide et de pâte d’arachide, la culture maraîchère, l’élevage, la vente d’arachide transformée sucrée, salée ou en biscuit. « Nos activités nous permettent de subvenir aux besoins de nos familles. Les bénéfices nous permettent de renforcer nos capitaux. Nous sommes au nombre de 45 femmes dans ce groupement », précise Mme Adama Moussa, présidente de Gakassiney.

Au niveau du groupement “Jeune”, sur place, plusieurs femmes s’activent déjà dans la production d’huile et de pâte d’arachide. « Le processus inclut le décorticage de l’arachide, le vannage des grains pour trier les bons des mauvais, puis un nouveau tri pour éliminer les mauvaises particules. L’arachide est moulue pour en faire de la pâte qu’on déverse dans des mortiers pour malaxer et extraire l’huile ainsi que le tourteau. Pour chaque sac, on obtient 8 à 9 litres d’huile vendus à 1 500 FCFA l’unité, et le tourteau nous rapporte 10 000 à 13 000 FCFA. Par jour, nous transformons 2 à 3 sacs », confie la présidente du groupement, Mme Zara Halidou. Elle souligne que son groupement compte actuellement 31 femmes, dont 16 se consacrent à la transformation de l’arachide en huile et pâte, tandis que les autres pratiquent le petit commerce, comme la vente de draps, de balais et d’arachide transformée.
Epargner entre femmes pour financer des actions de solidarité
Pour renforcer la cohésion sociale, chaque groupement de femmes dispose d’une caisse de solidarité alimentée par une cotisation mensuelle de 100 FCFA par membre. Cette initiative permet d’apporter une aide financière en cas de difficultés personnelles et de financer les petits commerces. Comme l’ont expliqué les présidentes des groupements, chaque femme peut emprunter jusqu’à 20 000 FCFA, remboursables en un ou trois mois avec une légère majoration. Des réunions hebdomadaires des membres se tiennent également chaque fin de semaine pour échanger sur les activités en cours, mais aussi pour consolider les liens sociaux. Parmi les défis majeurs rencontrés, les présidentes des groupements de femmes ont relevé le problème d’écoulement de leurs produits ainsi que le manque de matériel moderne pour la production de l’huile, de pâte et du tourteau d’arachide.
Selon l’administrateur délégué de la commune rurale de Loga, l’Adjudant-chef Salaha Adamou, la commune et ses partenaires appuient ces groupements féminins avec des formations. « Récemment, pour la cuisson des tourteaux d’arachide, des foyers améliorés ont été confectionnés localement pour les groupements de femmes afin de leur permettre non seulement de réduire la consommation de bois mais d’économiser du bois et de faire de la cuisson rapide », a-t-il indiqué.
Allier protection de l’environnement et développement économique
Au-delà de la transformation agroalimentaire et du petit commerce, 10 groupements de femmes s’activent également dans la production de pépinières. A notre arrivée sur un site, des femmes entretiennent déjà leurs plants avec détermination et certaines d’entre elles arrosent gaiement leurs pépinières.

Selon les explications de la présidente de ces 10 groupements, Mme Mintou Hassane, cette initiative a été portée par la commune et ses partenaires. « Ils nous ont d’abord réunis pour nous expliquer l’importance de la production des pépinières pour l’environnement, puis montrer le site qu’ils nous ont aménagé avec la disponibilité de l’eau, du matériel aratoire et des semences afin de nous permettre de faire de la production des plants », a-t-elle expliqué. Après l’aménagement du site, poursuit-elle, « nous avons préparé du compost que nous mélangeons avec du sol puis nous remplissons des pots dans lesquels nous insérions des semences d’espèces adaptées à notre enivrement comme le jujubier, l’acacia et le Moringa ». « Actuellement, nous avons produits 8 000 plantes destinés entre autres, à la vente, mais également à accompagner les autorités du pays à l’occasion de la Fête Nationale de l’Arbre », a-t-elle déclaré. Cette démarche, la première du genre dans le département de Loga, vise à fournir une source de revenus substantielle permettant aux femmes de commercialiser leurs plants, d’améliorer leurs conditions de vie et de renforcer leur rôle dans la gestion des ressources naturelles.
Yacine Hassane, Envoyé spécial
