Etals d’oeufs sur un marché
Depuis quelques jours, les marchés de Niamey connaissent une hausse du prix des œufs de consommation, une situation qui suscite de nombreuses inquiétudes aussi bien chez les professionnels de la pâtisserie que pour les menages. Aliment de base dans de nombreux foyers et ingrédient incontournable dans plusieurs recettes, l’œuf, autrefois considéré comme un produit simple et accessible, devient progressivement un aliment de luxe du fait de sa cherté.
En effet, le casier d’œufs, vendu il y a encore quelques jours à seulement 2 500 FCFA, est désormais proposé à 3 800 FCFA sur plusieurs marchés de la capitale, soit une augmentation de plus de 1 000 FCFA. Cette hausse qui dépasse les 16 %, pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des familles déjà confrontées à l’augmentation du coût de plusieurs denrées alimentaires notamment celles importées.
Assis sur une natte sous un petit hangar au milieu de ses casiers d’œufs soigneusement empilés, M. Harouna Mahamadou, commerçant, explique que cette flambée des prix est liée à plusieurs facteurs. Selon lui, les œufs vendus sur les marchés de Niamey sont en grande partie, importés. « Les œufs que nous vendons ici viennent du Nigeria. Avec l’insécurité et les difficultés de transport entre les deux pays, les convoyeurs augmentent leurs tarifs, ce qui entraîne automatiquement une hausse des prix sur les marchés », confie-t-il. Il ajoute que cette situation affecte également les commerçants, car les clients achètent moins qu’auparavant.
Face à cette réalité, Harouna Mahamadou lance un appel aux autorités afin de renforcer la production locale d’œufs et d’encourager les initiatives d’élevage de la volaille. Il invite également les ONG à soutenir davantage les éleveurs afin de stabiliser les prix sur les marchés.

Dans la même lancée, M. Ousmane Khalid, commerçant de poules de race et fournisseur d’œufs, souligne que les éleveurs font face à de nombreuses difficultés ces dernières semaines. « Le coût de l’alimentation des poules, des médicaments vétérinaires et du transport a considérablement augmenté. Nous sommes donc obligés d’augmenter le prix des œufs pour continuer à exercer notre activité », explique-t-il, précisant que cette situation affecte non seulement les commerçants, mais aussi les consommateurs et les professionnels qui dépendent fortement de ce produit.
Le dilemme des pâtissiers
Parmi les plus touchés par cette flambée, figurent les pâtissiers pour qui l’œuf constitue un ingrédient indispensable. Beaucoup se retrouvent aujourd’hui face à un véritable dilemme : augmenter leurs prix ou réduire leur production. Mme Roumanatou Inoussa, promotrice de la pâtisserie ‘’Miel Sucré’’, confirme que cette hausse a un impact direct sur son budget. « L’œuf est un ingrédient essentiel dans la fabrication de nombreux produits comme les gâteaux, les biscuits, les brioches, les crèmes ou encore certaines pâtisseries traditionnelles. Lorsque son prix augmente, toute notre production est affectée », explique-t-elle.
Cette cherté ne touche pas que les pâtissiers. Les petits vendeurs qui proposent des œufs cuits dans les rues ressentent également les effets de cette situation. C’est le cas de Mme Hadiza Boubé, jeune vendeuse. Devant son panier rempli d’œufs cuits soigneusement exposés, elle affirme que son commerce tourne désormais au ralenti. « Par le passé, je vendais facilement mes œufs, mais aujourd’hui les clients se plaignent de la cherté. Je suis obligée de les vendre à 175 FCFA l’unité pour espérer faire un petit bénéfice, parce que j’achète le casier à 3 800 FCFA », raconte-t-elle l’air désespéré.
Ainsi, entre la hausse des coûts de production, les difficultés de transport et la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs, l’augmentation du prix des œufs apparaît aujourd’hui comme une réalité qui affecte toute la chaîne d’approvisionnement, c’est-à-dire du producteur au consommateur en passant par les vendeurs. Une situation qui relance le débat sur la nécessité de renforcer la production locale afin de réduire la dépendance aux importations et stabiliser durablement les prix sur les marchés.
Hafissatou Mounkaila (Stagiaire)
