Le gingembre, très rare et trop cher sur les marchés de la capitale
À Niamey, le gingembre demeure un condiment très utilisé dans la préparation des boissons locales, des sauces et des bouillies. Apprécié pour ses vertus thérapeutiques et culinaires, il connaît généralement une forte demande lors des fêtes et des cérémonies. Cependant, sa consommation devient de plus en plus difficile en raison sa rareté de la flambée de son prix.
Le Niger dépend en grande partie des importations de gingembre en provenance du Nigeria. Cette dépendance entraîne aujourd’hui une hausse remarquable des prix sur les marchés de la capitale. Il y a quelques mois encore, le sac de gingembre de 50 kg coûtait entre 130 000 et 140 000 FCFA et la tiya (mesure locale) se vendait à environ 15 000 FCFA. Aujourd’hui, le sac est commercialisé à 300 000 FCFA et la tiya est vendue entre 20 000 et 24 000 FCFA.
Cette augmentation considérable affecte aussi bien les consommateurs que les revendeurs, dans un contexte déjà marqué par la cherté de la vie. Désormais, il est difficile de rencontrer des vendeurs de gingembre dans les rues de Niamey. Beaucoup de détaillants ont abandonné ce commerce pour se tourner vers la vente du citron ou de la menthe. « Le gingembre est devenu trop cher et tout le monde ne peut plus s’en procurer. Les clients se font rares. Même lorsque nous achetons la marchandise, nous avons du mal à réaliser des bénéfices », explique un revendeur.
Pour les familles à faibles revenus, le gingembre est désormais considéré comme un produit de luxe. Le plus petit sachet en plastique, contenant trois ou quatre morceaux, est vendu à 500 FCFA.
Au Petit Marché, Aboul Fataou, un jeune commerçant d’une vingtaine d’années, continue néanmoins de vendre ce produit. Il s’approvisionne sur ce même marché. Cette flambée des prix, dit-il, s’explique par la rareté du gingembre dans le pays fournisseur, le Nigeria. « J’achète la moitié d’un sac à 150 000 FCFA que je revends ensuite en détail », confie-t-il. Chez lui, la tiya de gingembre est vendue à 20 000 FCFA, tandis que le plus petit sachet contenant trois morceaux coûte 500 FCFA.
Il se souvient qu’autrefois, il pouvait acheter un sac entier et le revendre en seulement deux jours. Aujourd’hui, avec la baisse de la clientèle due à la hausse des prix, il lui faut près de quatre jours pour écouler seulement la moitié d’un sac.
Sur les lieux, une cliente s’est approchée avec un billet de 500 FCFA. Après avoir reçu un sachet contenant trois morceaux de gingembre, elle a estimé le prix trop élevé et a refusé l’achat. Bien qu’il pratique des prix légèrement inférieurs à ceux de certains concurrents, Aboul Fataou est confronté à des difficultés de vente qui menacent la rentabilité de son activité.
Toujours au Petit Marché, Ali, quadragénaire et vendeur de gingembre depuis cinq ans, s’approvisionne au marché de Dolé. « J’achète le sac de gingembre à 300 000 FCFA et je revends la mesure à 24 000 FCFA », a-t-il fait savoir. Malgré cette hausse hors portée, quelques clients viennent se procurer le petit sachet de trois morceaux qu’Ali leur propose à 500 FCFA.
Zouladeini A. Razinatou (Stagiaire)
